Introduction
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Introduction
La gestion intégrée des zones côtières (GIZC) est une gestion « écologiquement durable,
économiquement équitable, socialement responsable et adaptée aux réalités culturelles»
(Yang, 2003). Elle se met généralement en œuvre à l’échelle locale, sur une zone
où les enjeux de gestion sont forts et partagés par tous. Cela peut être un bassin versant,
une baie ou un pays. Sa composante territoriale est donc très forte. Les aspects temporels
sont tout aussi importants. Les dynamiques naturelles et les mutations socio-économiques
ou démographiques peuvent en effet influer rapidement sur le littoral. Par ailleurs, on y trouve
une très grande variété de situations géographiques, une biodiversité riche, de multiples
usages sur terre comme en mer et une forte emprise humaine. Tout ce qui touche au littoral
se révèle ainsi souvent complexe. L’information et les outils de suivi sont donc primordiaux.
Ils permettent de connaître finement l’évolution du territoire littoral, d’évaluer les actions
et politiques mises en œuvre mais aussi de communiquer auprès des acteurs concernés
(Kacemi, 2013). Ce dernier point est central dans un projet de gestion intégrée qui doit être
concerté et mobiliser l’ensemble des partenaires locaux. Les indicateurs prennent toute leur
importance. Ils permettent de comprendre les mutations du littoral en donnant une vision
synthétique et parlante de ces évolutions.
L’artificialisation des sols désigne l’augmentation de la superficie des sols artificialisés
à l’échelle d’un territoire. Elle est à l’origine de plusieurs pressions sur l’environnement.
Les revêtements urbains, favorisant le ruissellement des eaux, posent des problèmes d’érosion
des sols et gênent le rechargement des nappes phréatiques. De plus, les constructions en zone
inondables ralentissent la propagation de l’onde de crue et augmentent le niveau de la ligne
d’eau. Cela provoque une aggravation des épisodes de crues, notamment crues cévenoles,
et augmente les dégâts matériels et humains. L’artificialisation des sols appauvrit également
la biodiversité végétale et animale, qu’elle soit ordinaire ou remarquable, directement par
la disparition des espèces animales et végétales concernées, ou indirectement, par
le morcellement de leurs habitats. Lorsqu’elle a lieu sur des terrains agricoles, elle réduit
la capacité de production agricole. Le phénomène d’artificialisation n’est pas directement
réversible et le retour à l’état naturel des sols artificialisés implique un coût de remise en état
(Clarke et Gaydos, 1998).
L’indicateur est un élément central pour le développement des approches de gestion intégrée
dans les zones côtières. Il permet en effet, le suivi dans le temps ou l’espace et aide
à apprécier de manière synthétique la situation et/ou l’évolution d’un phénomène plus global.
Dans le cas de l’artificialisation des sols dans les zones côtières, les indicateurs permettent
de décrire l’évolution de la pression humaine sur la côte. Ils sont généralement sélectionnés
à partir d’un ensemble statistique plus important, en raison de leur signification et de leur
représentativité. En condensant l’information, l’indicateur permet de simplifier la perception
et l’analyse des phénomènes mesurés. C’est, en ce sens, un outil important de communication
(Benmahiddine, 2014).
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