Chapitre III
Résultats et Discussions
66
3.12 La régression des herbiers à Posidonie
La régression des herbiers à Posidonie est générale et touche une grande partie du pourtour
méditerranéen (Boudouresque, 1994). Depuis les années 1950, l’herbier à Posidonia oceanica
a considérablement régressé, en particulier aux alentours des grands centres urbains et
portuaires (Boudouresque et al., 2006) :
Barcelone (Espagne), Marseille, Toulon, Nice-Villefranche-sur-Mer (France), Gênes, Naples,
Trieste (Italie), Athènes (Grèce), Alexandrie (Egypte), Gabès (Tunisie), (Pérès et Picard, 1975
; Boudouresque et Meinesz, 1982 ; Pérès, 1984 ; Boudouresque, 1996, 2003 ; Romero, 2004 ;
Solis-Weiss et al., 2004), Oran, Alger et Annaba (Algérie), (Boumaza, 2003).
Cette régression apparaît aux différentes extensions bathymétriques de l'herbier notamment la
limite inférieure et supérieure, mais également au niveau des eaux intermédiaires
(Boudouresque et al., 2006).
L’herbier à Posidonie se trouve profondément dégradé à proximité de la ville et des
infrastructures industrielles. Les aménagements littoraux entrainent la diminution de la bande
littorale ce qui à causer la disparition des habitats de l’herbier (Semroud, 1993).
Pour l’ensemble de la Ligurie (Italie), l’herbier a perdu entre 10 et 30% de sa surface par rapport
au début du 20
ème siècle (Bianchi et Peirano, 1995 ; Peirano et Bianchi, 1995). A Gènes, il est
devenu très clairsemé et a même disparu le long de plusieurs kilomètres de la côte (Balduzzi et
al., 1984 ; Bianchi et Peirano, 1995).
Dans le Latium (Italie), la régression est générale, avec dans certains cas remplacement par une
autre Magnoliophyte, Cymodocea nodosa (Diviacco et al., 2001). Dans la région d’Alicante
(Espagne), Ramos et al. (1994) évaluent à 52% la surface d’herbier détruite. A Marseille, près
de 90% de l’herbier cartographié à la fin du 19 ème siècle par Marion (1883) a aujourd’hui
disparu (Boudouresque, 1996). Dans l’Hérault (France), l’herbier qui s’étendait entre Carnon
et Agde, sur plusieurs dizaines de kilomètres, a en grande partie disparu (Foulquié et Dupuy de
la Granrive, 2003).
Il convient toutefois de noter que cette régression n’est pas générale ; dans certaines régions,
les limites de l’herbier à Posidonia oceanica sont restées stables ; c’est le cas autour d’Ischia
(golfe de Naples, Italie), où Colantoni et al. (1982) notent une extension à peu près stable entre
la fin des années 1920, les années 1950 et les années 1970.
Résultats et Discussions
66
3.12 La régression des herbiers à Posidonie
La régression des herbiers à Posidonie est générale et touche une grande partie du pourtour
méditerranéen (Boudouresque, 1994). Depuis les années 1950, l’herbier à Posidonia oceanica
a considérablement régressé, en particulier aux alentours des grands centres urbains et
portuaires (Boudouresque et al., 2006) :
Barcelone (Espagne), Marseille, Toulon, Nice-Villefranche-sur-Mer (France), Gênes, Naples,
Trieste (Italie), Athènes (Grèce), Alexandrie (Egypte), Gabès (Tunisie), (Pérès et Picard, 1975
; Boudouresque et Meinesz, 1982 ; Pérès, 1984 ; Boudouresque, 1996, 2003 ; Romero, 2004 ;
Solis-Weiss et al., 2004), Oran, Alger et Annaba (Algérie), (Boumaza, 2003).
Cette régression apparaît aux différentes extensions bathymétriques de l'herbier notamment la
limite inférieure et supérieure, mais également au niveau des eaux intermédiaires
(Boudouresque et al., 2006).
L’herbier à Posidonie se trouve profondément dégradé à proximité de la ville et des
infrastructures industrielles. Les aménagements littoraux entrainent la diminution de la bande
littorale ce qui à causer la disparition des habitats de l’herbier (Semroud, 1993).
Pour l’ensemble de la Ligurie (Italie), l’herbier a perdu entre 10 et 30% de sa surface par rapport
au début du 20
ème siècle (Bianchi et Peirano, 1995 ; Peirano et Bianchi, 1995). A Gènes, il est
devenu très clairsemé et a même disparu le long de plusieurs kilomètres de la côte (Balduzzi et
al., 1984 ; Bianchi et Peirano, 1995).
Dans le Latium (Italie), la régression est générale, avec dans certains cas remplacement par une
autre Magnoliophyte, Cymodocea nodosa (Diviacco et al., 2001). Dans la région d’Alicante
(Espagne), Ramos et al. (1994) évaluent à 52% la surface d’herbier détruite. A Marseille, près
de 90% de l’herbier cartographié à la fin du 19 ème siècle par Marion (1883) a aujourd’hui
disparu (Boudouresque, 1996). Dans l’Hérault (France), l’herbier qui s’étendait entre Carnon
et Agde, sur plusieurs dizaines de kilomètres, a en grande partie disparu (Foulquié et Dupuy de
la Granrive, 2003).
Il convient toutefois de noter que cette régression n’est pas générale ; dans certaines régions,
les limites de l’herbier à Posidonia oceanica sont restées stables ; c’est le cas autour d’Ischia
(golfe de Naples, Italie), où Colantoni et al. (1982) notent une extension à peu près stable entre
la fin des années 1920, les années 1950 et les années 1970.
