Chapitre I
Généralités
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I.11.1 Piégeage et Séquestration du carbone par l’herbier à Posidonie
l’herbier de Posidonie est le seul écosystème capable de ‘rivaliser’ avec les tourbières et les
mangroves car il édifie une structure unique : la matte (Boudouresque et al., 2012) constituée
du lacis des rhizomes et des racines et du sédiment qui colmate les interstices. Au sein de
cette matte, du carbone est piégé, séquestré de façon durable. Cela signifie qu'il peut y
demeurer pendant des millénaires, et même des millions d'années. Il sera alors intégré dans la
genèse des hydrocarbures. Quelques millions d'années plus tard, ce sera le pétrole que
l'Homme extraira, pour son bien (l'énergie) et pour son mal (le CO 2 rejeté, l'effet de serre et le
réchauffement du climat).
Autour de la Méditerranée, certains gisements de pétrole (Algérie, Tunisie, Libye)
correspondent à d'anciens herbiers de posidonies et d'autres peuplements.
Les herbiers de Posidonies présentent une production primaire élevée, qui peut être évaluée en
moyenne, à la profondeur intermédiaire de 15 m, à 116 +/- 29 g de carbone par m² et par an
(Pergent et al., 2014). Chez cette espèce, on peut donc identifier un « puits » de carbone à
court terme (mécanismes de minéralisation intervenant entre 2 à 6 ans après l’enfouissement
des feuilles), qui s’observe également chez les autres espèces de magnoliophytes, mais aussi
un « puits » à plus long terme (séquestration au sein de la matte). La part du carbone qui
rejoint le puits à long terme (séquestration) est estimé en moyenne à 27% du carbone total
fixé par la plante. En tenant compte de la superficie, occupée par les herbiers de Posidonies en
Méditerranée (environ 35 000 km²), la quantité de carbone ainsi séquestrée pourrait atteindre
1.09 Tg1 de carbone par an (Pergent et al, 2012), faisant de l’écosystème à Posidonies une
« anomalie » en terme de capacité de stockage du carbone au sein des magnoliophytes
marines (Fourqurean et al, 2012).
I.12 La Posidonie, une bio-indicatrice de la qualité du milieu
Selon Blandin (1986) un indicateur biologique (ou bio-indicateur) est définit comme « … un
organisme ou un ensemble d’organismes qui -par référence à des variables biochimiques,
cytologiques, physiologiques, éthologiques ou écologiques - permet, de façon pratique et sûre,
de caractériser l’état d’un écosystème ou d’un éco complexe et de mettre en évidence aussi
précocement que possible leurs modifications, naturelles ou provoquées ». Ainsi, l’utilisation
d’un bio indicateur a pour intérêt de révéler la présence d'un déséquilibre au sein de
l’écosystème (Glémarec et al., 1980 ; Bellan, 1993 ; Ramade,1993). La présence d’un
organisme dans un environnement spécifique tend à prouver que ses besoins écologiques sont
globalement satisfaits, alors que sa disparition ou régression témoigne d'une perturbation de
son milieu de vie, c'est le principe des «espèces sentinelles» (Blandin, 1986).
Depuis quelques années les travaux s’intéressant a l’utilisation des magnoliophytes marins
dans la surveillance et la gestion des écosystèmes littoraux se sont diversifiés (Brix et al.,
1983 ; Augier, 1985 ; Ward, 1987 ; Maserti et al., 1988 ; Pergent, 1991 ; Phillips, 1994 ; Abal
& Dennison, 1996 ; Fourqurean et al., 1997 ; Pergent et al., 2005). En particulier Posidonia
oceanica (Pergent et al.,2005) une plante sessile, sédentaire, abondante, d’une population
permanente et a large répartition en méditerranée, sensible aux modifications du milieu (Short
et Wyllie-Echeverria, 1996; Pergent-Martini et Pergent, 2000; Linton et Warner, 2003;
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