Introduction
1
Introduction
La Posidonie (Posidonia oceanica) (L.) Delile, est une plante aquatique endémique stricte de
la mer Méditerranée, installée sur le littoral méditerranéen depuis 8000 à 9000 ans avec un
recouvrement estimé entre 25 000 et 50 000 km², soit 1 à 2% des fonds de la
Méditerranée (Pasqualini et al., 1998 ; Gobert et al., 2005) représente l’une des principales
richesses marines de cette mer. L’herbier qu’elle forme est considéré comme un écosystème
pivot, voire ingénieur du littoral méditerranéen (Molinier et Picard, 1952 ; Boudouresque et
Meinesz, 1982). Elle revêt un rôle de premier ordre au niveau écologique et économique
(Boudouresque et al., 2006). Cependant, les herbiers marins connaissent actuellement une
régression à l'échelle mondiale (Orth et al., 2006) ; un taux de perte de 7% depuis 1990 a été
calculé, ce qui place les herbiers parmi les écosystèmes les plus menacés sur terre (Waycott et
al., 2009). Dans le monde entier, les herbiers sont soumis aux cinq menaces les plus graves
pour la biodiversité marine (Norse, 1993) : surexploitation, modification physique, pollution
par les nutriments et les sédiments, introduction d'espèces non indigènes et changement
climatique.
Le recours aux Magnoliophytes marines pour la surveillance des milieux naturels,
l’évaluation de l’impact d’un aménagement ou, de manière plus générale, la gestion des
écosystèmes littoraux commence à être envisagé depuis quelques années, (Brix et al., 1983 ;
Augier, 1985; Pergent, 1991 ; Phillips, 1994 ; Fourqurean et al., 1997 ; Pergent et al., 2005 ;
Boudouresque, 2006). En effet, le recours à ces espèces, qualifiées de “bioindicatrices”,
semble un moyen rapide et performant pour évaluer la qualité de l’environnement (Bellan,
1993 ; Pergent, 2005). Posidonia oceanica est très sensible aux changements des conditions
environnementales (Grauby et al.,1991; Pergent, 1991, Boudouresque, 2006 ; Bennett et al.,
2011; Personnic et al., 2014). La large répartition géographique de la plante (Boudouresque et
al., 1990), sa longévité, la permanence de ses populations au fil des saisons et la facilité de
son échantillonnage la rend particulièrement adapté aux études environnementales, et elle est
largement utilisée pour surveiller la qualité des eaux côtières. (Pergent et al., 1995; PergentMartini et al., 2005; MartinezGrego et al., 2008 ; Bennett et al., 2011; Personnic et al. 2014).
L’aptitude de Posidonia oceanica à intégrer la qualité de l’environnement peut se mesurer au
niveau de (i) La population : la position bathymétrique de la limite inférieure de l’herbier à
Posidonia oceanica est un bon indicateur de la turbidité moyenne des eaux qui dérivent audessus de lui (Meinesz et Laurent, 1978) ; lorsque la turbidité augmente, cette limite recule.
La limite supérieure de l’herbier est également une zone sensible, car elle est directement
exposée aux agressions engendrées par les aménagements littoraux et aux rejets d’origine
urbaine et industrielle (Astier et Tailliez, 1984), (ii) L’individu : la biométrie foliaire peut
apporter des renseignements quant à la qualité globale de l’eau. En milieu pollué, la longueur
moyenne des feuilles peut subir une réduction importante (Maggi et al., 1977). La biomasse
des épiphytes des feuilles peut témoigner quant à elle de la richesse de l’eau en nutriments
(Leoni et al., 2006), (iii) Anatomie : l’abondance des cellules à tannin, qui sont des cellules
Précédent

Analyse comparée des paramètres de vitalité de l\'herbier à Posidonia oceanica (L) Delile de la côte algérienne - 10/98

Suivant