3.3. Influence des changements climatiques sur la ressource marine vivante algérienne
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3.3 Influence des changements climatiques sur la ressource marine
3.3.1 Introduction
La majeure partie de la faune méditerranéenne est composée d'espèces de la paléoméditerranée (Dov Por et Dimentman, 1985) et 56 à 58 % des espèces méditerranéennes sont
d'origine herculéenne (Barbault et Foucault, 2010, Psomadakis et al., 2012). Au cours des
dernières dizaines d'années, la mer Méditerranée a été sujette à une modification de sa
circulation thermohaline. Béthoux et al., (1990), estiment que les eaux profondes
méditerranéennes, entre 1988 et 1989 étaient de 0,12 °C plus chaudes et de 0,03 psu plus
salées qu'en 1959, provoquant ainsi une modification de sa biodiversité (Quignard, 2011;
Psomadakis et al., 2012), majoritairement causée par des immigrations lessepsiennes via le
canal de Suez (Zenetos et al., 2017).
La superposition de couches sédimentaires, les bioconcrétionnement littoraux ainsi que
les fossiles des animaux et des plantes qui s'y trouvent, ont toujours été un excellent indicateur
du climat passé à cause des caractéristiques biogéographiques et leur affinité en matière de
température, de salinité et des variations du niveau de la mer. Ainsi, certaines espèces, par
leur présence, extension ou disparition, permettent de connaitre l'évolution du climat actuel et
de confirmer ou infirmer certaines théories et scénarios émis par les scientifiques concernant
le climat futur. Beaucoup d'espèces sont citées ces dernières années comme exemple de ce
changement. Ces espèces qui étaient présentes dans le sud et particulièrement dans le sud-est
de la Méditerranée ont étendu leur aire de répartition et sont de plus en plus abondantes
notamment dans la partie nord-ouest du bassin par exemple le crénilabre paon (Thalassoma
pavo) ou le corail orange Astroides calycularis (PNUE-PAM-CAR/ASP, 2010).
Dans ce chapitre, est traité cet aspect en analysant l'évolution des températures
spécifiquement dans le bassin algérien sur la base de données in-situ, et des données de
captures de deux campagnes Thalassa, 1982 et ALDEM, 2012. Les résultats de la campagne
d'évaluation des ressources halieutiques ARGELIA0204 à bord du N/O Visconde De Eza
(Massuti et al., 2004), et ALDEM 2013, ALDEM 2014 (données non publiées et mises à
notre disposition par la DGPA) réalisées sur les fonds chalutables de la côte algérienne ont été
également utilisées, afin de confirmer ou infirmer un changement de la biodiversité, les
facteurs qui régiraient cette évolution ainsi que de faire ressortir des espèces indicatrices d'une
éventuelle modification observée.
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