Chapitre III : Systématique
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4. Discussion
L’étude morphologique sur l’ensemble des individus des espèces du genre Serranus montre qu’il
existe deux livrées pour chaque espèce (S. scriba et S. cabrilla).
L’étude morphométrique de S. cabrilla, S. hepatus et S. scriba met en évidence différents groupes
de serran qui présentent des divergences morphométriques entre eux. Ces différences sont
essentiellements dues aux critères Lcph, LMD, LMA, LMP, Lpct, Lplv, HC, HPC, LMPP, LM,
DO, Ls, LA et LPD. Les résultats morphométriques obtenus par analyse en composantes principale
ont révélé l'existence de quatre groupes clairs. Le premier groupe comprenait les individus de S.
hepatus, le deuxième groupe S. cabrilla jaune, le troisième groupe le S. cabrilla rouge et le
quatrième groupe S. scriba. Le deuxième et le troisième groupe, comprenant les deux morphes de
S. cabrilla : jaune et rouge respectivement, ont montré une importante disjonction, ce qui indique
une différence entre ces deux catégories. Cela peut s'expliquer par les erreurs d’identification liées
à la ressemblance marquée chez S. cabrilla et S. atricauda ou par l’existence d’une sous- espèce
de S. cabrilla.
Les mesures morphométriques standardisées des deux morphes de couleur de S. cabrilla semblent
très différentes. Cette différence entre les deux morphes de couleur est liée à l'âge et au type
d'habitat fréquenté par l'individu, car les spécimens de S. cabrilla jaunes sont plus âgés et donc
plus grands que les rouges qui fréquentent les fonds meubles (sableux et vase sableux), tandis que
les spécimens de S. cabrilla rouges sont les plus petits et fréquentent les fonds durs (fonds rocheux
et herbiers de posidonies). On constate également que les deux populations ne se mélangent pas.
La même conclusion a été obtenue par Medioni et al. (2001) et par Bruslé et Bruslé (1975), ils ont
décrit des différences entre les morphes de couleur dans la reproduction avec des individus rouges
frayant plus tôt que les jaunes (ces auteurs ont proposé que les individus rouges habitant des
habitats moins profonds seraient affectés plus tôt par l'eau chaude que les poissons jaunes habitant
des zones plus profondes). Alors que Oliver et al. (1980) ont décrit des différences dans la
prévalence des parasites, les individus rouges ayant une prévalence significativement plus élevée
de Protolamellodiscus serranelli (Monogena) que les jaunes. Medioni et al. (2001) n'ont pas
trouvé de différenciation génétique et ont conclu que les morphes de couleur se croisaient au sein
de la même espèce. Moreau (1881) considère que la coloration de cette espèce est très variable
suivant le sexe, l’âge et la saison, d’après cet auteur, les mâles correspondent aux serrans rouges
et les femelles correspondent aux serrans jaunes. Dieuzeide et al. (1959) reprennent le même
concept. Dans ce travail l’hermaphrodisme a été observé dans les deux catégories de S. cabrilla et
S. scriba.
De même que les observations précédentes sur S. cabrilla (Bruslé et Bruslé, 1975), il y avait une
ségrégation de l'habitat entre les morphes de couleur, avec des spécimens jaunes trouvés
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