Chapitre 1 : Synthèse bibliographique
32
F. Les marges actives
Les marges actives, limites entre deux plaques convergentes, enregistrent des déformations liées
à la subduction et par conséquent présentent une morphologie plus complexe que celle des
marges passives.
À terre, elles sont caractérisées par la présence d’un arc volcanique, et celle d’un bassin avantarc alimenté par l’érosion des reliefs terrestres. Le bassin avant-arc n’est pas seulement présent à
terre, mais également en mer. En mer, la marge présente un plateau continental de largeur
variable, généralement plus étroit (5-30 km) avec une inclinaison plus élevé que celle des marges
passives, menant à la pente continentale. La profondeur de la rupture de pente du plateau peut
être équivalente à celle sur une marge passive (120-180 m), mais également plus profonde, en
fonction du contexte tectonique régional. La pente continentale, dont l’inclinaison moyenne est
de 3-6° (Hagen et al., 1996), aboutit à la fosse de subduction dont la profondeur peut atteindre
~11 000 m dans le cas des la fosse des Mariannes (Pomerol et al., 2005). La morphologie
générale de la pente continentale peut toutefois être variable, et on distingue deux grandes
catégories parmi les marges actives (Von Huene et Scholl, 1991; Clift et Vannucchi, 2004): (1)
les marges en accrétion, et (2) les marges en érosion. Ces deux catégories sont caractérisées par
des différences majeures des propriétés mécaniques du processus de subduction, et en
conséquence par une morphologie en surface différente.
Marges actives en accrétion
Les marges en accrétion sont caractérisées par un front de marge bordé d’un prisme d’accrétion
constitué d’écailles de sédiments provenant de la fosse et de chevauchements imbriqués. Les
prismes d’accrétions ont de largeur variable, mais peuvent atteindre plusieurs dizaines voire
centaines de kilomètres, (480 km pour la partie Sud du prisme de la Barbade dans la Mer des
caraïbe (Huyghe et al., 2004). La morphologie résultante est douce, et la pente moyenne de
l’ensemble de la marge est de ce fait relativement faible (2-4°) (Fig.1.8.a). Toutefois, le long des
plis anticlinaux, les pendages peuvent localement être supérieurs à 20° (McAdoo et al., 2000).
Par ailleurs, la présence du prisme d’accrétion permet également de piéger les sédiments qui
proviennent du bassin avant-arc.
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F. Les marges actives
Les marges actives, limites entre deux plaques convergentes, enregistrent des déformations liées
à la subduction et par conséquent présentent une morphologie plus complexe que celle des
marges passives.
À terre, elles sont caractérisées par la présence d’un arc volcanique, et celle d’un bassin avantarc alimenté par l’érosion des reliefs terrestres. Le bassin avant-arc n’est pas seulement présent à
terre, mais également en mer. En mer, la marge présente un plateau continental de largeur
variable, généralement plus étroit (5-30 km) avec une inclinaison plus élevé que celle des marges
passives, menant à la pente continentale. La profondeur de la rupture de pente du plateau peut
être équivalente à celle sur une marge passive (120-180 m), mais également plus profonde, en
fonction du contexte tectonique régional. La pente continentale, dont l’inclinaison moyenne est
de 3-6° (Hagen et al., 1996), aboutit à la fosse de subduction dont la profondeur peut atteindre
~11 000 m dans le cas des la fosse des Mariannes (Pomerol et al., 2005). La morphologie
générale de la pente continentale peut toutefois être variable, et on distingue deux grandes
catégories parmi les marges actives (Von Huene et Scholl, 1991; Clift et Vannucchi, 2004): (1)
les marges en accrétion, et (2) les marges en érosion. Ces deux catégories sont caractérisées par
des différences majeures des propriétés mécaniques du processus de subduction, et en
conséquence par une morphologie en surface différente.
Marges actives en accrétion
Les marges en accrétion sont caractérisées par un front de marge bordé d’un prisme d’accrétion
constitué d’écailles de sédiments provenant de la fosse et de chevauchements imbriqués. Les
prismes d’accrétions ont de largeur variable, mais peuvent atteindre plusieurs dizaines voire
centaines de kilomètres, (480 km pour la partie Sud du prisme de la Barbade dans la Mer des
caraïbe (Huyghe et al., 2004). La morphologie résultante est douce, et la pente moyenne de
l’ensemble de la marge est de ce fait relativement faible (2-4°) (Fig.1.8.a). Toutefois, le long des
plis anticlinaux, les pendages peuvent localement être supérieurs à 20° (McAdoo et al., 2000).
Par ailleurs, la présence du prisme d’accrétion permet également de piéger les sédiments qui
proviennent du bassin avant-arc.
