L’évaluation des impacts des changements climatiques et des activités
anthropiques sur l’évolution de golfe de Bejaia
Résume
Le littoral du golfe de Bejaia regorge de potentialités multiples à la fois naturelles et humaines. Sa côte, longue
d’environ 70 km, est composée de plages sableuses, de falaises, de plaines. Elle a subit durant les dernières années de
nombreuses contraintes liées notamment au climat et aux activités humaines. Ces dernières ont accentué sa fragilité face
aux différents risques côtiers, notamment ceux véhiculés par les changements climatiques et l’élévation du niveau de la
mer (ENM).
L’étude de la vulnérabilité des composantes physiques et socio-économiques locales face à l’élévation du niveau
de la mer a révélé au grand jour une réalité bien plus qu’inquiétante et confirme la mauvaise posture de cette partie du
littoral algérien soumise d’ores et déjà à une érosion presque généralisée. Elle a mis en exergue que 53,59% du linéaire
côtier total du golfe a une vulnérabilité physique élevée et très élevée, alors que 32,03% à une vulnérabilité basse. Quant
au volet socio-économique, 54,56% du linéaire côtier total présente une vulnérabilité modérée, 24,88% une vulnérabilité
élevée et 20,56% une vulnérabilité très élevée face à l’érosion et les inondations marines.
Cette vulnérabilité globale a été confirmée par l’étude prospective portant sur l’évaluation des terres qui sont à
risque d’érosion et d’inondations marines d’ici le milieu et la fin du 21ème siècle. Dans les plages étudiées de la partie
ouest du golfe, et pour le scénario le plus pessimiste d’ENM, les pertes de terres par érosion se situeraient à 780 775,5 m2
(113,37%) d’ici 2050 et à 1 597 713,5 m2 (232%) à l’horizon 2100. Pour les plages de la partie orientale, les réductions de
surface atteindraient 184 775 m2 (47,59%) en 2050 et 378 159 m2 (97,41%) en 2100. De nombreuses zones de la côte sont
également surjettes aux risques d’inondations marines. La présente étude a révélé que la zone inondable globale s’étalerait
sur 2,40484 km2 pour un niveau d’eau de 3,5 m et sur 20,73076 km2 pour celui de 8,5 m. Ainsi, les pertes de terres, par
inondation marine, seraient 10 fois supérieures pour un niveau de submersion maximum comparées aux pertes attendues
en cas de niveau minimum.
Les zones les plus vulnérables se localisent à Bejaia, Sidi Ali Lebhar, à l’extrême est d’Aokas, à Souk El Tenine
et à l’extrême Ouest de la côte de Melbou. Pour un niveau d’inondation minimum, les plages seront les plus touchées,
comptant pour 61,91% de la zone inondable globale. En cas de scénario maximum, les zones inondables seront en grande
partie celles utilisées à des fins agricoles avec 11,418 km2 de terres qui risquent d’être affectées, représentant plus de la
moitié (55,07%) de la zone inondable globale.
Abstract
The coast of the Gulf of Bejaia is full of multiple potentials, both natural and human. Its coast, about 70 km long,
is made up of sandy beaches, cliffs, plains, hotels, an airport and a port, an industrial area, an urban center, towns and
villages. Over the past few years, it has been subjected to numerous constraints linked in particular to the climate and human
activities. These have accentuated its fragility in the face of various coastal risks, in particular those conveyed by climate
change and sea level rise (ENM).
The study of the vulnerability of local physical and socio-economic components to the rise in sea level revealed a
much more than worrying reality and confirms the poor posture of this part of the Algerian coast subjected to ores and
already to almost generalized erosion. She highlighted that 53.59% of the total coastal line of the Gulf has a high and very
high physical vulnerability, while 32.03% has a low vulnerability. As for the socio-economic aspect, 54.56% of the total
coastline has moderate vulnerability, 24.88% high vulnerability and 20.56% very high vulnerability to erosion and marine
flooding.
Global vulnerability has been confirmed by the prospective study assessing lands that are at risk of erosion and
marine flooding by the middle and end of the 21st century. In the studied beaches of the western part of the gulf, and for
the most pessimistic scenario of ENM, the land losses by erosion would be situated at 780 775.5 m2 (113.37%) by 2050
and at 1,597 713.5 m2 (232%) by 2100. For the beaches in the eastern part, the surface reductions would reach 184,775 m2
(47.59%) in 2050 and 378,159 m2 (97.41%) in 2100 Many areas of the coast are also prone to the risk of marine flooding.
The present study revealed that the overall flood zone would cover 2.40484 km2 for a water level of 3.5 m and 20.73076
km2 for that of 8.5 m. Thus, land losses, by marine flooding, would be 10 times greater for a maximum level of submersion
compared to the expected losses in the event of a minimum level.
The most vulnerable areas are located in Bejaia, Sidi Ali Lebhar, in the far east of Aokas, in Souk el Tenine and
in the far west of the Melbou coast. For a minimum flood level, the beaches will be the most affected, accounting for
61.91% of the overall flood zone. In the event of a maximum scenario, the flood zones will largely be those used for
agricultural purposes with 11.418 km2 of land likely to be affected, representing more than half (55.07%) of the overall
flood zone.
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