forme et un emplacement variables. Ainsi, dans le genre Idiacanzus, ils se si—
tuent sur des excroissances et sur les rayons des nageoires. Chez d’autres, tels les
Stromadae, on les rencontre sur les barbillons et dans le genre Bathylychnus sur
les opercules des ouïes. Dans le genre Malacosteus, les organes lumineux sont
localisés près des yeux. Chez nombre d’espèces ils sont symétriques ou asymé—
triques. Chez les Baudroies abyssales ils se trouvent sur un appendice charnu (illi—
cium) situé au bout du premier rayon de la nageoire dorsale et servent à attirer les
proies.
Bien qu’ils soient fréquents chez les poissons bathypélagiques, les organes lu—
mineux manquent chez les espèces benthiques et deviennent rares chez celles des
côtes ou des Coraux (exemples : genres Anomalops et Photoblephamn). Il existe
plusieurs centaines d’espèces de poissons lumineux et la plupart vivent dans la
semi—obscurité des eaux à des profondeurs moyennes, c’est—à—dire 400 m environ.
Les organes lumineux servent, entre autres, de signaux. La couleur des pois—
sons évoluant dans les eaux superficielles et les points lumineux des poissons
abyssaux jouent un rôle important dans la reconnaissance mutuelle des congénè—
res. Les membres des genres Stomias, Chauliodus, Melanostomias, Astronesthes,
Grammatostomias, Photonectes et Malacosteus ont de très grandes dents. Les
Chauliodus, qui atteignent 30 cm de long, ont été capturés à plus de 5 000 m de
profondeur dans les océans Atlantique et Pacifique. Ils ont de grands yeux, de
longues dents qui s’entrecroisent pour permettre àla bouche de se fermer. Leurs
organes lumineux sont disposés en deux rangées sur le ventre et la tête. Chez les
Dragons (Bat/zydraconidae) on compte un seul rang d’organes lumineux sur le
ventre et la tête. Ces poissons vivent à une profondeur proche de 2 000 m. Mala—
costeus indicus vit vers 900 m de profondeur dans l’océan Indien. Son corps
allongé diffère de celui de la Hache d’argent (Argyropelecus) qui est aplati laté—
ralement et mesure seulement 8 cm de long. Sternoplyx (5 cm) vit en bancs près de
la surface des deux plus grands océans.
Albinisme, xanthorisme et mélanisme
Dans la nature, qui peut être très riche en espèces animales et végétales, tout
concourt à assurer la prospérité de l’individu et de la communauté dont il fait par—
tie. Toutefois, les mutations (apparition de caractères nouveaux et atypiques) peu—
vent entraîner des déficiences qui affectent les individus et leurs relations avec
les congénères, voire les empêcher de vivre. L’ albinisme, le xanthorisme et le mé—
lanisme sont des exemples de mutations. Les poissons albinos ont les yeux rou—
ges et une peau dépourvue de pigments. Chez les sujets xanthoriques les pigments
jaunes sont présents (les yeux sont noirs). Enfin, les poissons mélaniques ont une
pigmentation noire. Dans la nature, les poissons de couleur pâle sont très visi—
bles, donc rapidement capturés. A l’opposé, quand les pigments noirs sont
très concentrés dans les mélanophores, les parties du corps ainsi colorées com—
mencent à se décomposer et des mélanomes (tumeurs malignes) se développent
qui finissent par provoquer la mort de l’animal.
Les changements de couleur et leurs conséquences
Coloration et changements de couleur ont une importance déterminante dans la
vie des poissons ; en effet, les teintes servent souvent à leur camouflage. Elles
peuvent s’adapter à celles du substrat ou de l’environnement aquatique dans
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