{. LES TRÊSORS DES ABYSSES
Un monde microbien bien caché ?
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En étudiant la microbiologie des fluides diffus qui sortent des fissures du plan—
cher (plus d’un million de cellules microbiennes par millilitre, représentant plusieurs
milliers de souches différentes), l’idée est venue qu’il existerait une biomasse micro—
bienne qui vivrait a l’intérieur des sols marins au niveau de la dorsale mais aussi
dans l’ensemble des sédiments océaniques et que cette microflore thermophile
cachée pourrait représenter une biomasse énorme, équivalente à celle du monde
de surface. Cette hypothèse est renforcée par l’observation dans les fluides de
basse température de souches hyperthermophiles qui sont aussi émises dans les
énormes panaches hydrothermaux, diffusés lors des éruptions sous—marines. Une
étude récente, menée loin des dorsales, dans une zone sédimentaire du nord—ouest
atlantique, a montré que la vie microbienne était présente a des profondeurs de
plus de un kilomètre six cents dans les sédiments, sous le fond de la mer a des
températures dépassant 60 °C.
À l’origine de la vie ?
,
Différents scénarios sont proposés pour tenter de décrire les différentes étapes
qui ont conduit à l’apparition de la vie sur notre planète. Les caractéristiques ther—
miques et minérales du milieu hydrothermal océanique en font un candidat inté—
ressant et de nombreux travaux explorent les mécanismes de synthèse organique
qui pourraient avoir eu lieu dans cet environnement <>.
Le scénario le'
pour expliquer l’origine de la vie est celui proposé
par Oparin au début du XXe—siècle. Il repose sur l’existence d’une soupe primitive
'
organique, formée par le rayonnement solaire, dans une atmosphère riche en
'
ammoniac, en monoxyde de carbone, en hydrogène. Les premières formes de vie
simples auraient été des hétérotrophes capables de fermenter la matière organique
.
en conditions anaérobies. Ce scénario fut appuyé plus tard par les expériences de
Miller qui synthétisa des acides aminés en faisant passer des décharges électriques
dans un mélange riche en méthane et en ammoniac, et qui voulait rappeler
celui
.
de l’atmosphère primitive. Aujourd’hui pourtant, l’idée d’une atmosphère terrestre
,
réductrice est rejetée par de nombreux auteurs qui privilégient l’idée d’une pres—
sion atmosphérique élevée, d‘une forte concentration en gaz carbonique et d’un
océan primordial très chaud, à des températures avoisinant 100 °C.
Lorsque les sources hydrothermales furent découvertes, certains auteurs pen—
sèrent
d’une atmosphère réductrice globale, les systèmes volca—
niques sous—marins pouvaient localement créer, dans des gradients de mélange
entre fluides réduits, riches en sulfures et en eau de mer, des environnements
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réactifs où les équilibres chimiques étaient rompus. Après la condensation des
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océans, il y a plus de quatre milliards d’années, ces zones hydrothermales aUraient
,
pu être des zones privilégiées de synthèses abi0tiques de molécules organiques et
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.
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