TOUT CE QUI RAMPE OU FOUlT ET NAGE PRÈS DU FOND Ü
Cette anecdote résume notreignorance de la distribution de ces monts sous-marins. En 2005,
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un submersible américain a percuté de plein fouet un guyot de plus de deux kilomètres de haut
et cdlminant à moins cinquante mètres de profondeur. Il ne gurait sur aucune carte! C’est la
mesure altimétrique à partir de satellites qui a permis de faire une estimation globale de l'abondance des
plus importants, mais les plus petits ne peuvent être localisés que par les sondeurs acoustiques, et là, il
s'agit d'un travailde très longue haleine. Comme on le ditsouvent, nous avons mieux cartographié la surface
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de la Lune, de Mars ou de Vénus que celle de l'océan profond. Ilfaut garder en mémoire l'importance de
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ces guyots. Un travail récent estime la surface totale de ces structures à plus de 28 millions de kilomètres
carrés, c’est—à-dire plus que l’ensemble des plateaux continentaux. On a du malà imaginerque le nombre
de ces grands guyots de plus d’un kilomètre de hautserait compris entre 10 000 et 100 000 etque beaucoup
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ne sont pas encore reconnus. Ces guyots, de forme conique, sont d'origine volcanique et sont en général
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associés à des rides océaniques qui peuvent en comporter plusieurs dizaines. Les plus nombreux se trouvent
dans l'océan Pacifique, à proximité d’îles. Ces guyots vontinduire une accélération des courants, une
augmentation des mélanges verticaux et provoquer la remontée d'éléments nutritifs. L’écoulement autour
du guyot est accéléré sur un de ses côtés, sous l'influence de la rotation terrestre,— et provoque un tourbillon
cyclonique en hémisphère nord, qui limite une colonne d'eau entre le sommet et la surface (colonne de
Taylor). Cette masse d'eau tourbillonne lentement sur elle-même, en emprisonnant des communautés
planctoniques. Les courants dénudent les surfaces rocheuses et permettent l’implantation de ltreurs,
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en particulier de coraux froids.
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aux coraux tropicaux, les coraux profonds ne sont pas associés à des algues symbiontes. Ce sont des orga—
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nismes, soit filtreurs, soit qui capturent des petites proies planctoniques. On les trouve dans des eaux dont la
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température est comprise entre 4 et 12 °C, ce qui_peut être le cas dans les zones
de hautes et moyennes lati—
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tudes entre 50 et 1000 mètres de profondeur, mais aussi beaucoup plus profondément, jusqu’à 4 000 mètres
de profondeur entre les tropiques.
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Qui sont ces coraux?
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Dans ces récifs, on trouve toutes sortes de coraux appartenant à plusieurs groupes de cnidaires: des coraux
durs (scléractiniaires), des coraux mous (octocoralliaires, gorgones, corail bambou),des coraux noirs et des sty—
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lastérides. Moins de dix espèces de__coraux durs construisent des récifs profonds. Sous nos latitudes, ce sont
principalement deux espèces: Madrepora oculato et I:opheIia pertusa.
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Où trouve—t—on ces coraux froids?
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POur s'installer et se développer, ces coraux ont besoin d’un substrat rocheux et de courants assez puissants
pour remettre en suspension et transporter les particules alimentaires. On trouve ces conditions favorables
en bordure du plateau c0ntinental, sur les tombar‘rts de la pente et sur les têtes de canyons, mais aussi sur les
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volcans des dorsales et les guyots (du monts sous—marins).
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La formation des récifs de coraux froids
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Au fur à mesure que les polypes de coraux grandissent, ceux qui se trouvent en dessous vont mourir et
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dégradés par les animaux _perforants comme les cliones. Ce sont ces processus d’érosion et de dispersion par les '
courants qui, àla longue, vont construire des monts carbonatés qui sont
surmontés par les colonies vivantes
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