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LES TRÉSORS DES ABYSSES
envisager au moins une origine évolutive commune. Par contre, le faible nombre
d’espèces communes aux trois milieux permet de supposer que cette relation serait
ancienne. On peut s’interroger sur l’importance de ces carcasses dans l’histoire de
l’évolution des océans; Les paléontologues relèvent l’existence dans des terrains
oligocénes (33 a 23 millions d’années) de fossiles de squelettes de cétacés, entourés
d’une faune de mollusques appartenant à des groupes connus pour vivre en sym—
biose. Des empreintes attribuées à un organisme voisin d’Osedox ont récemment
été signalées sur des fossiles datés de 30 millions d’années (0ligocène inférieur).
Des dents de requins proches de celles du requin dormeur sont également abon—
dantes autour de ces restes fossilisés et des traces de morsure ont également été
relevées sur les os fossiles. Cependant, les cétacés n’existent probablement que
depuis 50 millions d’années, donc assez récemment et bien postérieurement à
l’existence des habitats hydrothermaux et des suintements froids. il est par consé—
quent parfaitement possible, mais non encore démontré, que d’autres vertébrés,
tels que des grands poissons ou des reptiles marins comme les mosasaures et les
plésiosaures (respectivement 15 à 20 mètres de taille maximale) aient pu jouer ce
même rôle auparavant, en particulier durant le Crétacé récent (67 millions d’an—
nées). On a en effet trouvé des squelettes de plésiosaures entourés de populations
denses de petits mollusques voisins de ceux qui colonisent aujourd’hui les restes
de cétacés. Les expériences d’immersion menées avec des squelettes de divers
quadrupèdes montrent que cette faune n’est pas spécialisée dans lesos d’un seul
type de vertébré. Ainsi, Osedox se fixe aussi bien sur des os de vache que sur
ceux d’un cétacé, et cette faune spécialisée, associée à des bactéries sulfoxydante5
ou collagénolytiques, aurait aussi bien pu tirer sa subsi5tance des cadavres des
reptiles marins du Crétacé.
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Cependant, ce rôle de << pierre de gué >> des carcasses de cétacés est très
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controversé, et en se fondant sur des traces fossiles plus anciennes ainsi que sur
des résultats apportés par la génétique moderne, d’autres‘milieux relais possibles
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ont été mis en évidence.
I Les végétaux coulés:
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une source de nourriture pour les abysses
Les épaves végétales (billes de bois, restes de grandes algues, palmes et noix
de coco, etc.) sont fréquentes en milieu profond, particulièrement au débouché
des grands canyons et dans les zones intertropicales, sur la marge des îles, dans
les fosses océaniques et dans les bassins d’accumulation sédimentaire. C’est évi—
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demment entre lestropiques que ces déchets végétaux sont les plus importants,
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arrachés à la côte par les ouragans, puis transportés au large par les vents vio—
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lents. Une fois imbibés d’eau, ces fragments végétaux coulent en grande profondeur
15 a
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