4.1 6 La déchirure continentale
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une quinzaine de kilomètres de profondeur). Plus profondément, l’extension
horizontale et l’amincissement de la croûte tout entière sont attestés par
la remontée du Moho sous l’axe du rift, bien mise en évidence par la
sismique. Au total, le coefficient d’amincissement B (c’est le rapport de
l’épaisseur initiale à l’épaisseur finale) peut atteindre 5 ou 6 (mais il n’est
que de 1,25 dans le rift rhénan). Un tel amincissement provoque naturel—
lement, par réaction isostatique, une subsidence initiale souvent très
importante : par exemple le lac Baïkal, en Sibérie, est profond de l 800 m,
et contient, en plus de la couche d’eau, plusieurs kilomètres de sédiments.
Mais, paradoxalement, l’amincissement lithosphérique est aussi
sable du soulèvement des épaules du rift, c’esbà»dire d’un mouvement
vertical en sens inverse. Comment expliquer des effets aussi contraires?
La cause première est à rechercher dans les propriétés mécaniques de la
lithosphère superficielle. La remontée du manteau sous le rift n’est
compensée par la subsidence initiale que dans la région où la croûte conti—
nentale est amincie, c’est»àdire dans le fossé d’effondrement. Ailleurs
sous les épaules, la croûte est d’épaisseur normale. Mais du fait de la rigi»
dite lithosphérique, les deux régions (le fossé et les épaules) sont mécani»
quement couplées. La montée du Moho sous le fossé central du rift
entraîne donc le soulèvement forcé de ses bordures. Il en résulte la naissance
et l’entretien d’un relief, qui constitue les épaules du rift. Voici donc un
bel exemple de déformation élastique de la lithosphère (fiche 1.5).
Une autre cause du soulèvement est thermique. L’asthénosphère
(l 300 °C) aussi remonte sous le rift. Il en résulte un échauffement de la
lithosphère qui se fait sentir à plus de 100 km du fossé central. La densité
des roches lithosphériques est ainsi légèrement diminuée, ce qui provoque
un
soulèvement par augmentation de volume et réaction isostatique
(chap. Ill, % 3.3). On voit que le tréfonds du fossé central ne s’abaisse en
dessous du niveau où il se trouvait avant le « rifting >>, et par conséquent
%
devient le siège d’une sédimentation active, que parce que la subsidence
ë initiale est la d’un ordre de grandeur supérieur à celui du soulèvement
Ë
régional. Le soulèvement d’origine thermique intéresse toutefois le rift
% tout entier, mais ses effets ne sont visibles que sur les « épaules >>, la où la
Ë croûte continentale n’est pas amincie, et où par conséquent aucune
“%
dence initiale ne le contrarie.
â»
La déformation de la lithosphère dans les rifts continentaux se
Ê
feste aussi par la sismicité. Les foyers des séismes (les sites de rupture) sont
%
le plus souvent superficiels, situés à moins de 15 km de profondeur, c’est—
@
à»dire dans la croûte continentale supérieure fragile. Depuis quelques
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une quinzaine de kilomètres de profondeur). Plus profondément, l’extension
horizontale et l’amincissement de la croûte tout entière sont attestés par
la remontée du Moho sous l’axe du rift, bien mise en évidence par la
sismique. Au total, le coefficient d’amincissement B (c’est le rapport de
l’épaisseur initiale à l’épaisseur finale) peut atteindre 5 ou 6 (mais il n’est
que de 1,25 dans le rift rhénan). Un tel amincissement provoque naturel—
lement, par réaction isostatique, une subsidence initiale souvent très
importante : par exemple le lac Baïkal, en Sibérie, est profond de l 800 m,
et contient, en plus de la couche d’eau, plusieurs kilomètres de sédiments.
Mais, paradoxalement, l’amincissement lithosphérique est aussi
sable du soulèvement des épaules du rift, c’esbà»dire d’un mouvement
vertical en sens inverse. Comment expliquer des effets aussi contraires?
La cause première est à rechercher dans les propriétés mécaniques de la
lithosphère superficielle. La remontée du manteau sous le rift n’est
compensée par la subsidence initiale que dans la région où la croûte conti—
nentale est amincie, c’est»àdire dans le fossé d’effondrement. Ailleurs
sous les épaules, la croûte est d’épaisseur normale. Mais du fait de la rigi»
dite lithosphérique, les deux régions (le fossé et les épaules) sont mécani»
quement couplées. La montée du Moho sous le fossé central du rift
entraîne donc le soulèvement forcé de ses bordures. Il en résulte la naissance
et l’entretien d’un relief, qui constitue les épaules du rift. Voici donc un
bel exemple de déformation élastique de la lithosphère (fiche 1.5).
Une autre cause du soulèvement est thermique. L’asthénosphère
(l 300 °C) aussi remonte sous le rift. Il en résulte un échauffement de la
lithosphère qui se fait sentir à plus de 100 km du fossé central. La densité
des roches lithosphériques est ainsi légèrement diminuée, ce qui provoque
un
soulèvement par augmentation de volume et réaction isostatique
(chap. Ill, % 3.3). On voit que le tréfonds du fossé central ne s’abaisse en
dessous du niveau où il se trouvait avant le « rifting >>, et par conséquent
%
devient le siège d’une sédimentation active, que parce que la subsidence
ë initiale est la d’un ordre de grandeur supérieur à celui du soulèvement
Ë
régional. Le soulèvement d’origine thermique intéresse toutefois le rift
% tout entier, mais ses effets ne sont visibles que sur les « épaules >>, la où la
Ë croûte continentale n’est pas amincie, et où par conséquent aucune
“%
dence initiale ne le contrarie.
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La déformation de la lithosphère dans les rifts continentaux se
Ê
feste aussi par la sismicité. Les foyers des séismes (les sites de rupture) sont
%
le plus souvent superficiels, situés à moins de 15 km de profondeur, c’est—
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à»dire dans la croûte continentale supérieure fragile. Depuis quelques
