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GUIDE DES ALGUES DES MERS D’EUROPE
incrustans : cette espèce, qui ne supporte pas du tout la dessiccation, peut,
grâce à l’eau des cuvettes, ou à des suintements d’eau de mer, vivre au niveau
de la ceinture des Pelvetia canaliculata. Mais l’évaporation devient—elle forte
et le niveau de l’eau vient-il à baisser dans la cuvette, que l’on voit une
bande blanche en orner le bord rocheux, juste au—dessus du niveau de l’eau :
c’est la preuve que l’Algue rouge est morte et qu’il ne reste d’elle que la
croûte formée par le calcaire de ses parois cellulaires.
La durée de l’exondation, les perturbations qu’elle est susceptible d’entraî—
ner (dilution par la pluie, évaporation), tout autant que le volume de la
masse d’eau ainsi exposée sont des facteurs limitants très importants. Des
modifications de la qualité de l’eau des cuvettes interviennent, dont l’importance varie en fonction de leur position bathymétrique. Les Algues des cuvettes des niveaux supérieurs sont donc nécessairement euryhalines. En conséquence, de telles cuvettes sont totalement exemptes d’Aigues rouges, elles
sont essentiellement peuplées d’Algues vertes (Enteromorpha, C/ad0phora,
Chaetomorpha} ou bien d’Algues bleues (Lyngbia...). Ce sont des Algues
euryèces par excellence.
Un autre effet remarquable de l’existence des cuvettes dans les niveaux
élevés de l’estran est la présence, au niveau de la pleine mer de morte—eau,
de deux Algues brunes que l’on ne trouve autrement qu’à très basse mer :
Bifurcaria bifurcata et Himanïha/ia elongata. Ces deux espèces forment
alors deux couronnes autour des cuvettes, dont les niveaux respectifs, Bifur—
caria plus haut et Himanthalia plus bas, correspondent à leur disposition
relative en ceintures à basse mer.
Tout comme Lith0phyllum incrustans, la lumière intense ne semble pas
les gêner mais à l’instar de l’Algue rouge, ces deux Algues brunes ne supportent pas l’émersion prolongée à ces niveaux : la limite supérieure de
Bifurcaria est même strictement située à la surface de l’eau des cuvettes,
comme si les Algues étaient rasées exactement au niveau de cette surface.
Au fur et à mesure que l’on descend vers le bas de l’estran, “l’effet
cuvette” se fait de moins en moins sentir puisque l’évaporation ou la dilution de l’eau sont de plus courte durée. On constate néanmoins, même vers
la mi—marée, une remontée des espèces qui, normalement, sont repoussées
au niveau des basses mers : ainsi par exemple il n’est pas rare de trouver
Fucus serraz‘us dans l’eau des cuvettes situées en plein milieu de la ceinture
à Fucus vesiculosus, on y trouve même Laminaria digitata. Ces cuvettes
sont également souvent envahies par une Algue brune introduite sur les
cotes européennes depuis les années 1970 : Sargasswn muticum, originaire
du Japon. Pour des raisons analogues, des exemplaires de Laminaria ochroleuca,_ en mode abrité, et d’Alaria escu1enïa, en mode battu, et même
de
Lammaria hyperborea, se retrouvent ainsi dans des cuvettes situées au
mveau de la ceinture à Fucus serraz‘us.
Les grandes Algues brunes qui remontent sur l’estran à la faveur des cuvet—
tes sont accompagnées d’un cortège de petites Algues rouges, généralement
scraph11es, dont le nombre peut être considérable selon le volume d’eau et
la profondeur de la cuvette.
Dans les cuvettes
de grand volume, richement peuplées, s’établit un éta—
gement tout a fait comparable à celui des régions émergées de l’estran faisant a1n51 ressortir l’importance prépondérante du facteur lumineux, les
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incrustans : cette espèce, qui ne supporte pas du tout la dessiccation, peut,
grâce à l’eau des cuvettes, ou à des suintements d’eau de mer, vivre au niveau
de la ceinture des Pelvetia canaliculata. Mais l’évaporation devient—elle forte
et le niveau de l’eau vient-il à baisser dans la cuvette, que l’on voit une
bande blanche en orner le bord rocheux, juste au—dessus du niveau de l’eau :
c’est la preuve que l’Algue rouge est morte et qu’il ne reste d’elle que la
croûte formée par le calcaire de ses parois cellulaires.
La durée de l’exondation, les perturbations qu’elle est susceptible d’entraî—
ner (dilution par la pluie, évaporation), tout autant que le volume de la
masse d’eau ainsi exposée sont des facteurs limitants très importants. Des
modifications de la qualité de l’eau des cuvettes interviennent, dont l’importance varie en fonction de leur position bathymétrique. Les Algues des cuvettes des niveaux supérieurs sont donc nécessairement euryhalines. En conséquence, de telles cuvettes sont totalement exemptes d’Aigues rouges, elles
sont essentiellement peuplées d’Algues vertes (Enteromorpha, C/ad0phora,
Chaetomorpha} ou bien d’Algues bleues (Lyngbia...). Ce sont des Algues
euryèces par excellence.
Un autre effet remarquable de l’existence des cuvettes dans les niveaux
élevés de l’estran est la présence, au niveau de la pleine mer de morte—eau,
de deux Algues brunes que l’on ne trouve autrement qu’à très basse mer :
Bifurcaria bifurcata et Himanïha/ia elongata. Ces deux espèces forment
alors deux couronnes autour des cuvettes, dont les niveaux respectifs, Bifur—
caria plus haut et Himanthalia plus bas, correspondent à leur disposition
relative en ceintures à basse mer.
Tout comme Lith0phyllum incrustans, la lumière intense ne semble pas
les gêner mais à l’instar de l’Algue rouge, ces deux Algues brunes ne supportent pas l’émersion prolongée à ces niveaux : la limite supérieure de
Bifurcaria est même strictement située à la surface de l’eau des cuvettes,
comme si les Algues étaient rasées exactement au niveau de cette surface.
Au fur et à mesure que l’on descend vers le bas de l’estran, “l’effet
cuvette” se fait de moins en moins sentir puisque l’évaporation ou la dilution de l’eau sont de plus courte durée. On constate néanmoins, même vers
la mi—marée, une remontée des espèces qui, normalement, sont repoussées
au niveau des basses mers : ainsi par exemple il n’est pas rare de trouver
Fucus serraz‘us dans l’eau des cuvettes situées en plein milieu de la ceinture
à Fucus vesiculosus, on y trouve même Laminaria digitata. Ces cuvettes
sont également souvent envahies par une Algue brune introduite sur les
cotes européennes depuis les années 1970 : Sargasswn muticum, originaire
du Japon. Pour des raisons analogues, des exemplaires de Laminaria ochroleuca,_ en mode abrité, et d’Alaria escu1enïa, en mode battu, et même
de
Lammaria hyperborea, se retrouvent ainsi dans des cuvettes situées au
mveau de la ceinture à Fucus serraz‘us.
Les grandes Algues brunes qui remontent sur l’estran à la faveur des cuvet—
tes sont accompagnées d’un cortège de petites Algues rouges, généralement
scraph11es, dont le nombre peut être considérable selon le volume d’eau et
la profondeur de la cuvette.
Dans les cuvettes
de grand volume, richement peuplées, s’établit un éta—
gement tout a fait comparable à celui des régions émergées de l’estran faisant a1n51 ressortir l’importance prépondérante du facteur lumineux, les
