ÉCOLOGIE DES ALGUES ATLANTIQUES
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téristique des eaux plus agitées ou “mode battu”. Cet exemple n’est pas
la seule modification engendrée par les effets de l’hydrodynamisme. Selon
les sites, on peut distinguer une répartition de la végétation marine de type
“mode abrité” et une autre répartition de type “mode battu” (fig. 3).
Dans le mode abrité, en plus d’Ascophyllum nodosum dont les popula—
tions peuvent représenter des biomasses importantes, d’autres espèces trou—
vent des conditions favorables à leur développement. C’est le cas par exemple pour :
—
Laminaria saccharina, espèce ubiquiste qui se rencontre depuis le niveau
de la mi—marée jusqu’en profondeur ;
—
ou bien Laminaria ochr0leuca dont de belles populations émergent à
marée basse au niveau des Laminaria digitata. Elles s’en distinguent par
leur belle couleur jaune paille et par le port “en étendard” de leur fronde.
En mode très battu l’hydrodynamisme intervient de différentes manières : effets d’arrachement, d’abrasion, impossibilité de fixation et de main—
tien des spores et des œufs, particulièrement marqués dans les niveaux supé—
rieurs atteints par la mer. Le paysage marin des régions élevées de l’estran
apparaît alors comme un ensemble de rochers plus ou moins érodés et dénu—
dés. La végétation médiolittorale, exubérante en milieu abrité, disparaît
ou se réduit à quelques touffes réfugiées à l’abri des fissures et des dépres—
sions. Peu ou pas de Pelvez‘ia, pas de Fucus spiralis mais une forme au contraire tout à fait adaptée de Fucus vesiculosus désignée sous le nom de forme
evesiculosus, caractérisée par une disparition de la lame et des vésicules
et un renforcement extrême du stipe et du disque de fixation. Au même
niveau un Lichen dressé d’aspect crépu Lichina pygmaea, forme des taches
noirâtres sur les rochers.
La violence des vagues ayant pour autre conséquence d’augmenter les
embruns et de disperser les gouttelettes d’eau de mer plus haut, augmen—
tant ainsi la surface occupée par l’étage supralittoral, il s’ensuit un élargis—
sement des ceintures des Lichens Caloplaca marina et Verrucaria maura
dont les populations se chevauchent considérablement et viennent même
se mêler de façon significative aux Lichens aériens : cette plus grande exten—
sion verticale des Lichens marins est une des caractéristiques du mode battu.
La végétation dense apparaît avec la ceinture de Fucus serratus, par contre
bien représenté et accompagné d’un important cortège d’espèces annon—
çant l’infralittoral. Point de Laminaria saccharina sur ces estrans, ni de
Laminaria ochroleuca émergeant. Par contre on voit apparaître une autre
Laminariale : Alaria esculenta, qui forme au—dessus de la limite supérieure
de Laminaria digitata, également présente en populations denses, une ceinture étroite caractéristique des basses mers battues par les vagues.
La pression animale sur les populations algales
Tout comme les végétaux, les animaux marins ont une répartition éta—
gée. Les principales espèces de la zone de balancement des marées sont,
d’une part, des Mollusques Gastéropodes avec les Littorines, les Gibbules,
les Troques, les Pourpres, les Patelles, etc. et, d’autre part, les Crustacés
Cirripèdes représentés par plusieurs espèces de Balanes. Certains de ces animaux sont des herbivores brouteurs d’Algues et exercent une forte pres—
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