LA FLORE DE MEDITERRANEE
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Dans les crevasses un peu obscures, ou sur les parois verticales ombragées, d’autres espèces vont prospérer ; ce sont surtout des Algues rouges :
Gymnogongrus crenulatus, Lomentaria articulala, Plocamium cartilagi—
neum, Schottera nicaeensis près de la surface et en mode battu ; Peysson—
rte/ia, Rhodymenia, se rencontrent en mode calme et plus profondément ;
deux Algues vertes sont également communes à ce niveau : Halimeda luna
et Udotea peti0/ata.
Posidonia oceanica : la prairie-miracle
Dans l’infralittoral, mais sur substrat meuble, la Phanérogame Posido—
m'a oceanica constitue d’immenses prairies, que l’on nomme “herbiers”.
Ces herbiers jouent un rôle considérable en Méditerranée : formidable production de matière végétale (l’une des plus fortes de l’océan mondial), fixa—
tion des fonds meubles, frayère et nurserie pour de nombreuses espèces
de Poissons, atténuation des boules et protection des plages, etc. En outre,
les herbiers exportent une grande partie de leurs feuilles mortes vers les zones
moins productives, et en particulier vers les grands fonds de la Méditerra—
née, où elles constituent un appoint, ou la base des chaînes alimentaires.
Sur les feuilles de Posidonia poussent Castagnea et Dictyota linearis ainsi
que de nombreuses espèces d’Algues microscopiques ou de petite taille, dont
la détermination est affaire de spécialistes ; sur les rhizomes, où la lumière
est atténuée par la traversée de la frondaison, se développent des Algues
d’ombre telles qu’Ud0tea petiolata et Peyssonnelia.
Posidonia oceanica est sensible à la pollution, à la tur‘bidité ; aux alentours des grands centres portuaires et industriels, les herbiers sont morts
sur de vastes étendues, laissant sur place les restes de rhizomes qui sont
peu putrescibles. Cette régression des herbiers de Posidonia est une catastrophe écologique, compte tenu de leur rôle de premier plan dans l’écono—
mie générale de la Méditerranée, avec des répercussions négatives sur la
pêche littorale. C’est la raison pour laquelle Posidonia oceanica, ainsi qu’une
autre Phanérogame marine de plus petite taille, Cym0docea nodosa, ont
été classées espèces protégées par la loi en 1988.
Des cathédrales sous-marines
Plus profondément encore que l’étage infralittoral, c’est—à—dire au-delà
de 25-40 m de profondeur, on entre dans le circalittoral. La température
est à peu près constante, entre 13 et 17°C, pendant la plus grande partie
de l’année, un réchauffement estival n’étant perceptible que durant quel—
ques semaines. Le facteur limitant est la lumière, à la fois sur le plan quantitatif (moins de 5 % de l’éclairement de surface) et sur le plan qualitatlf
(toutes les longueurs d’onde ont disparu, à l’exception du bleu). Seules des
esDèces très adaptées aux faibles éclairements peuvent se développer ; la
plupart sont des Algues rouges.
Dans certaines conditions, en particulier au droit des caps, au contact
entre la roche et les fonds détritiques situés plus au large, de grandes Algues
calcaires couleur lie—de—vin deviennent exubérantes : Pseudoliz‘hophyllum
cabiochae et P. expansum, Mesophyllum lichenoides en particulier. C’est
le “Coralligène”, l’un des plus extraordinaires paysag€s
de Méditerranée,
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