LA FLORE DE MÉDITERRANÉE
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La mer d’Alboran, c’est la zone tampon entre Atlantique et Méditerranée ; quand on franchit Gibraltar en venant de l’Atlantique, il faut se rendre à l’évidence : c’est encore l’Atlantique. Puis, peu à peu, au fil des kilomètres, Fucus spiralis et les autres espèces atlantiques disparaissent. Mais
à 200 km de Gibraltar, autour du banc d’Alboran, on trouve encore une
fantastique forêt de Laminaria ochroleuca.
Plus de l 000 km à l’Est, l’Atlantique “réapparaît” dans le détroit de
Messine. Les terribles tourbillons de Charybde et de Scilla, où Ulysse fail—
lit se perdre, ne sont qu’une des manifestations des violents courants de
marée qui balaient ce détroit. On est surpris d’y découvrir des dizaines
d’espèces d’Algues qui font habituellement partie du paysage atlantique :
Saccorhiza polyschides, Callaphyilis laciniaz‘a, Crypt0pleura ram0sa, etc.
Et, entre 45 et 85 m de profondeur, c’est à nouveau la forêt de Laminaria
ochroleuca.
La Haute—Adriatique, avec ses marées importantes, ses eaux fraîches,
riches en sels nutritifs et relativement peu salées du fait de l’arrivée des eaux
du Pô, voit réapparaître les Fucus : il s’agit d’une espèce endémique pro—
che du Fucus spiralis, le Fucus virsoides ; peut-être d’ailleurs n’en diffèret—elle pas.
Nous pourrions citer encore bien d’autres secteurs plus ou moins particuliers en Méditerranée. Nous nous contenterons de parler de ces côtes du
Nord de la Méditerranée balayées l’hiver par des vents violents et glacés :
Bora, Mistral, Tramontane. Dans le golfe de Kvarner, en Yougoslavie, des
sortes de petites banquises littorales se sont formées certains hivers particulièrement rudes. Sur la côte des Albères, en Catalogne française, la Tramontane soulève la mer plus de 250 jours par an. Quand les touristes ont
abandonné les madragues, la Méditerranée ne ressemble décidément pas
toujours aux cartes postales qu’on y vend...
SUI VONS LE GUIDE...
Face à une telle variété de la flore et des paysages sous—marins, il est bien
difficile de prévoir ce que l’utilisateur de ce guide rencontrera lorsqu’il se
mettra à l’eau. C’est pourtant ce que nous allons tenter de faire, en supposant qu’il ne se trouve pas dans l’une de ces régions singulières dont nous
avons parlé, et en évitant d’entrer dans le détail.
Un milieu très sévère, le supralittoral
Le milieu marin ne commence pas avec le niveau de l’eau, mais un ou plu—
sieurs mètres au-dessus. Le premier étage marin est le supralittoral, zone
atteinte généralement par les embruns. C’est un milieu très dur, et surtout
très variable : en été, la température de la roche peut dépasser les 70°C,
alors qu’elle peut descendre en dessous de 0°C en hiver ; de même, on 13€ut
passer de l’eau douce (lors des pluies) au sel cristallise. Peu d’êtres v1vants
sont capables de résister à de telles conditions.
Les végétaux du supralittoral sont essentiellement des Bactéries
bleues
(Cyanobactéries) ; lorsque la roche est siliceuse, elles constituent a sa sur—
face une mince pellicule invisible à l’œil nu ; lorsque celle—ci est calcaire,
elles y creusent des galeries sur l à 10 mm d’épaisseur,
et lui donnent une
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La mer d’Alboran, c’est la zone tampon entre Atlantique et Méditerranée ; quand on franchit Gibraltar en venant de l’Atlantique, il faut se rendre à l’évidence : c’est encore l’Atlantique. Puis, peu à peu, au fil des kilomètres, Fucus spiralis et les autres espèces atlantiques disparaissent. Mais
à 200 km de Gibraltar, autour du banc d’Alboran, on trouve encore une
fantastique forêt de Laminaria ochroleuca.
Plus de l 000 km à l’Est, l’Atlantique “réapparaît” dans le détroit de
Messine. Les terribles tourbillons de Charybde et de Scilla, où Ulysse fail—
lit se perdre, ne sont qu’une des manifestations des violents courants de
marée qui balaient ce détroit. On est surpris d’y découvrir des dizaines
d’espèces d’Algues qui font habituellement partie du paysage atlantique :
Saccorhiza polyschides, Callaphyilis laciniaz‘a, Crypt0pleura ram0sa, etc.
Et, entre 45 et 85 m de profondeur, c’est à nouveau la forêt de Laminaria
ochroleuca.
La Haute—Adriatique, avec ses marées importantes, ses eaux fraîches,
riches en sels nutritifs et relativement peu salées du fait de l’arrivée des eaux
du Pô, voit réapparaître les Fucus : il s’agit d’une espèce endémique pro—
che du Fucus spiralis, le Fucus virsoides ; peut-être d’ailleurs n’en diffèret—elle pas.
Nous pourrions citer encore bien d’autres secteurs plus ou moins particuliers en Méditerranée. Nous nous contenterons de parler de ces côtes du
Nord de la Méditerranée balayées l’hiver par des vents violents et glacés :
Bora, Mistral, Tramontane. Dans le golfe de Kvarner, en Yougoslavie, des
sortes de petites banquises littorales se sont formées certains hivers particulièrement rudes. Sur la côte des Albères, en Catalogne française, la Tramontane soulève la mer plus de 250 jours par an. Quand les touristes ont
abandonné les madragues, la Méditerranée ne ressemble décidément pas
toujours aux cartes postales qu’on y vend...
SUI VONS LE GUIDE...
Face à une telle variété de la flore et des paysages sous—marins, il est bien
difficile de prévoir ce que l’utilisateur de ce guide rencontrera lorsqu’il se
mettra à l’eau. C’est pourtant ce que nous allons tenter de faire, en supposant qu’il ne se trouve pas dans l’une de ces régions singulières dont nous
avons parlé, et en évitant d’entrer dans le détail.
Un milieu très sévère, le supralittoral
Le milieu marin ne commence pas avec le niveau de l’eau, mais un ou plu—
sieurs mètres au-dessus. Le premier étage marin est le supralittoral, zone
atteinte généralement par les embruns. C’est un milieu très dur, et surtout
très variable : en été, la température de la roche peut dépasser les 70°C,
alors qu’elle peut descendre en dessous de 0°C en hiver ; de même, on 13€ut
passer de l’eau douce (lors des pluies) au sel cristallise. Peu d’êtres v1vants
sont capables de résister à de telles conditions.
Les végétaux du supralittoral sont essentiellement des Bactéries
bleues
(Cyanobactéries) ; lorsque la roche est siliceuse, elles constituent a sa sur—
face une mince pellicule invisible à l’œil nu ; lorsque celle—ci est calcaire,
elles y creusent des galeries sur l à 10 mm d’épaisseur,
et lui donnent une
