LA
CHALEUR ANIMALE
97
tion de température du sang, agissant sur les centres régulateurs.
Où sont les centres régulateurs qui adaptent a chaque instant la production de chaleur à sa déperdition et réciproquement et assurent, par
cet équilibre, la constance de la température centrale?
Ils ne sont pas corticaux. La suppressi0n de l’écorce n’altère pas le
fonctionnement régulateur de la température. L’amputation du cerveau
antérieur (décérébration) pratiquée au niveau des tubercules quadri—
jnmeaux laisse à l’animal homéotherme le pouvoir de réagir normale—
ment aux sensations de froid et de chaud; cependant l’animal se refroidit
s’il est exposé longtemps au froid. Sherrington a établi que le réexe
de frisson était contrôlé par un centre de la base siégeant au-dessus du
bulbe.
,,
Les expériences de Barbour permettent de localiser les centres ther—
miques au voisinage des corps striés. Le réchauffement des corps striés
déclenche la vase—dilatation cutanée, la sécrétion sudorale et un abaisse—
ment
de la température rectale. Inversement, leur refroidissement
détermine la vaso—constriction cutanée et le frisson. Mais Barbour, dans
ses expériences, doit réaliser l’excitation des corps striés avec des écarts
très notables de température. Le corps strié ne manifeste pas une sensibilité ewquise aux variations de température, ce qui incline Wright à
localiser les centres régulateurs thermiques à proximité des corps striés,
dans la région de l’hypothalamus au voisinage du tuber cinereum. C’est
aussi la localisation de Roussy. Un fait d’ailleurs élimine la localisation
dans les corps striés, c’est que l’ablation des corps striés ne compromet
pas la régulation thermique (Wright).
Un dernier caractère de l’intervention du système nerveux dans
'
l’homéothermie est fourni par les rapports de cette fonction avec la
mobilité spontanée ou autocin‘ese de l’être vivant. L’autocinèse est liée
au développement complet du système nerveux. Certaines espèces ont
un système nerveux complètement myélinisé-et en état de fonctionne—
ment normal a la naissance (poussin, cobaye). Le jeune poussin cherche
sa nourriture au sortir de la coquille.
D’autres espèces comme le chien, l’homme, effectuent leur myélinisa—
tion après la naissance. Elles ne coordonnent leur mouvement et ne se
meuvent spontanément que par étapes. Or, les animaux jeunes n’atteignent leur régime normal d’homéothermie qu’avec l’autocinèse. Le
poussin effectue sa régulation thermique dès la naissance. Le jeune
chien, et bien plus l’enfant, sont incapables de lutter contre le refroidis—
sement. Ils doivent être élevés, c’est—à-dire défendus contre le froid jus—qu’au moment où le système nerveux peut prendre possession des
Précis de physiologie.
7
CHALEUR ANIMALE
97
tion de température du sang, agissant sur les centres régulateurs.
Où sont les centres régulateurs qui adaptent a chaque instant la production de chaleur à sa déperdition et réciproquement et assurent, par
cet équilibre, la constance de la température centrale?
Ils ne sont pas corticaux. La suppressi0n de l’écorce n’altère pas le
fonctionnement régulateur de la température. L’amputation du cerveau
antérieur (décérébration) pratiquée au niveau des tubercules quadri—
jnmeaux laisse à l’animal homéotherme le pouvoir de réagir normale—
ment aux sensations de froid et de chaud; cependant l’animal se refroidit
s’il est exposé longtemps au froid. Sherrington a établi que le réexe
de frisson était contrôlé par un centre de la base siégeant au-dessus du
bulbe.
,,
Les expériences de Barbour permettent de localiser les centres ther—
miques au voisinage des corps striés. Le réchauffement des corps striés
déclenche la vase—dilatation cutanée, la sécrétion sudorale et un abaisse—
ment
de la température rectale. Inversement, leur refroidissement
détermine la vaso—constriction cutanée et le frisson. Mais Barbour, dans
ses expériences, doit réaliser l’excitation des corps striés avec des écarts
très notables de température. Le corps strié ne manifeste pas une sensibilité ewquise aux variations de température, ce qui incline Wright à
localiser les centres régulateurs thermiques à proximité des corps striés,
dans la région de l’hypothalamus au voisinage du tuber cinereum. C’est
aussi la localisation de Roussy. Un fait d’ailleurs élimine la localisation
dans les corps striés, c’est que l’ablation des corps striés ne compromet
pas la régulation thermique (Wright).
Un dernier caractère de l’intervention du système nerveux dans
'
l’homéothermie est fourni par les rapports de cette fonction avec la
mobilité spontanée ou autocin‘ese de l’être vivant. L’autocinèse est liée
au développement complet du système nerveux. Certaines espèces ont
un système nerveux complètement myélinisé-et en état de fonctionne—
ment normal a la naissance (poussin, cobaye). Le jeune poussin cherche
sa nourriture au sortir de la coquille.
D’autres espèces comme le chien, l’homme, effectuent leur myélinisa—
tion après la naissance. Elles ne coordonnent leur mouvement et ne se
meuvent spontanément que par étapes. Or, les animaux jeunes n’atteignent leur régime normal d’homéothermie qu’avec l’autocinèse. Le
poussin effectue sa régulation thermique dès la naissance. Le jeune
chien, et bien plus l’enfant, sont incapables de lutter contre le refroidis—
sement. Ils doivent être élevés, c’est—à-dire défendus contre le froid jus—qu’au moment où le système nerveux peut prendre possession des
Précis de physiologie.
7
