_
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lllS’l‘tilltl NA’l‘UBELLE.
Le pelage des jeunes diffère de celui des adultes en ce que les poils sont uniformément de même
grandeur partout et assez longs, tandis que, connue nous l’avons dit, les poils de quelques parties
du corps des adultes sont beaucoup plus longs que ceux d’autres parties. Les orbites de ce Bufe
sont très—saillants; les veux y sont enchûsse's profondément, et cette disposition est nécessaire pour
les mettre a l’abri des chocs auxquels ils sont exposés quand l’animal court au milieu des forêts.
« il se précipite, dit Sparmann, dans des fourrés ou nos Boeufs ne sauraient pénétrer, et sa force
est telle, qu’il s’y frave un chemin avec autant de facilité qu’il le ferait dans un champ de blé. il est
vrai que dans cette circonstance ces cornes forment, en avant de la tête, comme une sorte de bon—
cher qui repousse les branches à droite et a gauche, et concourt ainsi à protéger les veux... Cette
habitude de porter la tête basse concourt, avec la disposition des yeux, qui sont trés—enfoncés dans
leur orbite, et de plus ombragés par
la partie supérieure des cornes, a donner à l’animal une physio—
nomie sinistre, quelque chose de féroce et de perfide a la fois. On peut en effet le taxer de pertidie,
car il se tient caché dans les fourrés, et laisse approcher les gens pour les attaquer ensuite si l’im—
proviste; on peut aussi tout justement l’accuser de férocité, car il ne se contente pas d’avoir tué un
ennemi, il reste près du cadavre et revient a plusieurs reprises pour le fouler de ses pieds et l’écraser de ses genoux; même après l’avoir broyé, il ne l’abandonne pas encore, mais, en le léchant, il
lui enlève de grands lambeaux de peau. » D’autres voyageurs, et particulièrement Thunberg, signa—
lent également des faits qui démontrent la cruauté de cet animal.
Les rivières de l’Afrique australe paraissent être moins fréquentées par les Bafes du Cap que
les rivières de l’inde ne le sont par le Bufe indien, ce qui tient probablement, ainsi que
le fait re—
marquer lil. Roulin, & ce que leurs bords n’offrent pas, en général, des pâturages aussi bien appropriés aux goûts de ces ruminants. D’ailleurs l’espèce du Cap, comme celles de l’lnde, fuit la cha—
leur, recherche les lieux humides, et se tient de préférence, pendant le jour, dans les parties les
plus fraîches des forêts et dans le voisinage des lacs. Sparmann remarque que, lorsqu’on a chassé ces
animaux, ou les voit habituellement se diriger vers les lieux marécageux et se rafraîchir de leur
course par un bain parfois trés—prolongé. M. Harris, qui assez récemment a ou de nombreuses occasions
d’observer leurs habitudes, les a vus, lorsque rien ne les inquiétait, faire la sieste au milieu d’un
étang, où l’on apercevait entre les jones leurs têtes énormes qui seules paraissaient au-dessus des
eaux. A l’époque où les Hollandais vinrent s’établir au Cap, les Bufes étaient assez communs, mais
le bruit des armes à feu ne tarda pas à les éloigner, et depuis bien des années ils ont disparu des
environs de la ville du Cap. Du temps de Sparmann et de Thunberg, il fallait deja s’avancer assez
loin vers l’est pour en rencontrer, et aujourd’hui ils commencent a devenir rares dans les lieux où
ces deux voyageurs les trouvèrent par troupeaux de cinq a six cents têtes; toutefors on en a vu encore
récemment jusqu’au cap Logullos, le point le plus austral du continent; et Delegorgue, dans son
intéressant Voyage dans l’Afrique australe, donne de nombreux détails sur la chasse et les moeurs
de ces animaux. Du côté opposé au cap Logullos, on les connaît jusqu‘aux tropiques, et il est possi—
ble qu’ils s’avancent beaucoup plus loin,- mais jusqu’à présent on manque de renseignements positifs à cet égard; car ce que disent les anciens voyageurs des Bufes de la côte de Guinée est ordi"
nairement si vague, qu’il n’y a pas de raison pour les rapporter a l’espèce du Cap plutôt qu’au Bœuf
brachycère. Le Bufe du Cap ne semble pas jusqu’ici avoir été réduit a l’état de domesticité; il est
cependant excessivement probable qu’on pourrait le soumettre comme celui des Indes, et qu’il ren—
drait les mêmes services, tandis quejusqu’ici on ne le chasse que pour sa chair, qui est d’une grande
ressource pour les habitants des pays qu’il habite.
4. BUFFLE A QUEUE COUBTE. BOS BIZAC[H'CEROS. Gray.
Ganacrîanas srÉcrrrouss… — Front plus ou moins large, plat; cornes courtes, fortes, aplaties antérieurement a la base, arrondies postérieurement, clivergenn—as de chaque côté et a peine inclinécs en
arrière, un peu recourbées vers la pointe, qui se dirige en avant; pelage roux. Un peu plus petit que
le Bufe du Cap.
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L‘existence de cette seconde espèce africaine de Bufe n’est bien établie que depuis le voyage
de Bonham et Clapperton, qui rapportèrent du Bournou quelques dépouilles de cet animal, qu‘on
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lllS’l‘tilltl NA’l‘UBELLE.
Le pelage des jeunes diffère de celui des adultes en ce que les poils sont uniformément de même
grandeur partout et assez longs, tandis que, connue nous l’avons dit, les poils de quelques parties
du corps des adultes sont beaucoup plus longs que ceux d’autres parties. Les orbites de ce Bufe
sont très—saillants; les veux y sont enchûsse's profondément, et cette disposition est nécessaire pour
les mettre a l’abri des chocs auxquels ils sont exposés quand l’animal court au milieu des forêts.
« il se précipite, dit Sparmann, dans des fourrés ou nos Boeufs ne sauraient pénétrer, et sa force
est telle, qu’il s’y frave un chemin avec autant de facilité qu’il le ferait dans un champ de blé. il est
vrai que dans cette circonstance ces cornes forment, en avant de la tête, comme une sorte de bon—
cher qui repousse les branches à droite et a gauche, et concourt ainsi à protéger les veux... Cette
habitude de porter la tête basse concourt, avec la disposition des yeux, qui sont trés—enfoncés dans
leur orbite, et de plus ombragés par
la partie supérieure des cornes, a donner à l’animal une physio—
nomie sinistre, quelque chose de féroce et de perfide a la fois. On peut en effet le taxer de pertidie,
car il se tient caché dans les fourrés, et laisse approcher les gens pour les attaquer ensuite si l’im—
proviste; on peut aussi tout justement l’accuser de férocité, car il ne se contente pas d’avoir tué un
ennemi, il reste près du cadavre et revient a plusieurs reprises pour le fouler de ses pieds et l’écraser de ses genoux; même après l’avoir broyé, il ne l’abandonne pas encore, mais, en le léchant, il
lui enlève de grands lambeaux de peau. » D’autres voyageurs, et particulièrement Thunberg, signa—
lent également des faits qui démontrent la cruauté de cet animal.
Les rivières de l’Afrique australe paraissent être moins fréquentées par les Bafes du Cap que
les rivières de l’inde ne le sont par le Bufe indien, ce qui tient probablement, ainsi que
le fait re—
marquer lil. Roulin, & ce que leurs bords n’offrent pas, en général, des pâturages aussi bien appropriés aux goûts de ces ruminants. D’ailleurs l’espèce du Cap, comme celles de l’lnde, fuit la cha—
leur, recherche les lieux humides, et se tient de préférence, pendant le jour, dans les parties les
plus fraîches des forêts et dans le voisinage des lacs. Sparmann remarque que, lorsqu’on a chassé ces
animaux, ou les voit habituellement se diriger vers les lieux marécageux et se rafraîchir de leur
course par un bain parfois trés—prolongé. M. Harris, qui assez récemment a ou de nombreuses occasions
d’observer leurs habitudes, les a vus, lorsque rien ne les inquiétait, faire la sieste au milieu d’un
étang, où l’on apercevait entre les jones leurs têtes énormes qui seules paraissaient au-dessus des
eaux. A l’époque où les Hollandais vinrent s’établir au Cap, les Bufes étaient assez communs, mais
le bruit des armes à feu ne tarda pas à les éloigner, et depuis bien des années ils ont disparu des
environs de la ville du Cap. Du temps de Sparmann et de Thunberg, il fallait deja s’avancer assez
loin vers l’est pour en rencontrer, et aujourd’hui ils commencent a devenir rares dans les lieux où
ces deux voyageurs les trouvèrent par troupeaux de cinq a six cents têtes; toutefors on en a vu encore
récemment jusqu’au cap Logullos, le point le plus austral du continent; et Delegorgue, dans son
intéressant Voyage dans l’Afrique australe, donne de nombreux détails sur la chasse et les moeurs
de ces animaux. Du côté opposé au cap Logullos, on les connaît jusqu‘aux tropiques, et il est possi—
ble qu’ils s’avancent beaucoup plus loin,- mais jusqu’à présent on manque de renseignements positifs à cet égard; car ce que disent les anciens voyageurs des Bufes de la côte de Guinée est ordi"
nairement si vague, qu’il n’y a pas de raison pour les rapporter a l’espèce du Cap plutôt qu’au Bœuf
brachycère. Le Bufe du Cap ne semble pas jusqu’ici avoir été réduit a l’état de domesticité; il est
cependant excessivement probable qu’on pourrait le soumettre comme celui des Indes, et qu’il ren—
drait les mêmes services, tandis quejusqu’ici on ne le chasse que pour sa chair, qui est d’une grande
ressource pour les habitants des pays qu’il habite.
4. BUFFLE A QUEUE COUBTE. BOS BIZAC[H'CEROS. Gray.
Ganacrîanas srÉcrrrouss… — Front plus ou moins large, plat; cornes courtes, fortes, aplaties antérieurement a la base, arrondies postérieurement, clivergenn—as de chaque côté et a peine inclinécs en
arrière, un peu recourbées vers la pointe, qui se dirige en avant; pelage roux. Un peu plus petit que
le Bufe du Cap.
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L‘existence de cette seconde espèce africaine de Bufe n’est bien établie que depuis le voyage
de Bonham et Clapperton, qui rapportèrent du Bournou quelques dépouilles de cet animal, qu‘on
