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HISTOIRE NATURELLE.
nuit a paître, c’est surtout dans le bain qu’il dort, et il n’a presque pas d’efforts a faire pour mainte—
nir ses naseaux à eur d’eau; car, en raison du grand développement des sinus frontaux qui se pro—
longent jusque dans les cornes, toute la partie supérieure de la tête est légère proportionncllement .
au poids total. Ces animaux n’aiment pas seulement a se plonger dans l’eau, ils ont un goût décidé
pour se vautrer dans la l‘ange, et ce goût leur est, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, com—
mun avec la plupart des Mammifères qui ont comme eux la peau trés—épaisse et trés—peu garnie de
poils. Quelques-unes des espèces de ce groupe, à certaines époques de l’année, se réunissent en
troupes nombreuses, tandis que d’autres vivent constamment en familles isolées. Dans l’état sauvage,
les Bufes, à quelque espèce qu’ils appartiennent et quoique exclusivement herbivoresf sont des ani»
maux très—redoutables, doués d’une force prodigieuse, et beaucoup plus agiles que ne sembleraient
l’annoncer leurs formes lourdes et massives; ils s’irritent aisément, et, une fois qu’ils ont commencé
t’attaque, les blessures les plus graves ne les déterminent pas
a prendre la fuite. On doit surtout se
garder des mâles qui vivent solitaires et des femelles qui ont des petits : même dans l’état de domesticité, les Bules sontdes animaux auxquels on ne peutpas trop se fier, et qui sont loin d’être aussi:
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obéissants que. nos Boeufs. Cependant ce naturel farouche, qu’ils conservent toujours, devientquclquefois pour leurs gardiens une cause de sécurité, et dans l’Inde il met ces hommes a l’abri de l’atta—
que des bêtes féroces. Les Buminants, en général, sont peu susceptibles d’attachement, et l’on ne
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peut guère s’attendre à trouver dans les Bufes ce sentiment à l’égard de leurs gardiens, pour les—
quels ils ne sont pas même toujours très—dociles; cependant le fait suivant, rapporté par Johnson,.
semble ne pas trouver son explication seulement dans l’antipathie qu’ont les Buftles pour les Tigres :.
«
Deux biparics (conducteurs de Boeufs) conduisaient de Cbittrab a Palamovv une troupe de Bœufschargés, lorsque, a peu de distance de leur point de départ, l'homme qui marchait derrière le con—
voi fut saisi par un Tigre. Un guallah (berger) qui faisait paître ses Bulbes prés de ce lieu fut témoin
du fait, et, courant aussitôt au secours du malheureux, il attaqua hardiment le Tigre à coups de
sabre : l’âmimal
blessé lâcha le biparie et saisit le berger; mais alors les Bufes, se précipitant sur
lui, l’obligèrent à abandonner sa proie, et, se le rejetant les uns aux autres, ils nirent par le tuer:
’c’est du moins ce que je crois me rappeler. Les deux blessés me furent apportés : le biparie guérit,
mais le brave pâtre mourut. » Un Bufe seul—, s’il faut en croire Williamson, n’hésite pas
à attaquer
.
un Tigre; aussi, même dans les pays où ces Garnassiers abondent le plus, un pâtre, monté sur
Bufe, peut sans danger passer la nuit dans la forêt. C’est en effet la c0utume au Bengale de mener
pendant l’été les troupeaux a la pâture, seulement aux approches de la nuit: le son d’une clochette
placée au cou de l’un de ces Ruminants et la voix de leur gardien aident à les maintenir réunis pendant l’obscurité. Au point du jour, on les conduit vers les marais, ou ils restent jusqu’au soir a ru—
miner ou à dormir, plongés dans l’eaujusqu’aux yeux. Quantils doivent traverser une rivière, ils
forment en nageant un bataillon a rangs très—pressés : de sorte que le pâtre qui les accompagne, s’il.
a besoin de passer en tête du troupeau, peut aisément, assure—t-on, enjamber d’un des à l’autre. ll‘;
paraît que l’Arni a des habitudes encore plus aquatiques que le Buffle commun : on dit qu’il n’est:
pas rare de le voir plonger pour détacher du fond des lacs avec ses cornes certaines racines fécu——
lentes dont il est friand; quand les chaleurs de l’été, desséchant les-parages que l’inondation précédente avait convertis en marais, obligent l’animal a aller chercher de nouveaux pâturages, s’il lui est
possible de s’y rendre par eau, c’est toujours cette voie qu’il choisit : les barques qui remontent leGange se trouvent quelquefois au milieu d’un troupeau d’Arnis qui descendent la rivière en nageant,
ou plutôt en se laissant flotter, car ils ne font pas de mouvements, et souvent ils paraissent endormis.
Les Bufes, à l’état sauvage, habitent les endroits boisés et humides d’une partie de l’Asie et de
l’Afrique, et on les trouve en troupes plus ou moins nombreuses et parfois composées de plus de—
cent individus. En Asie, c’est plus particulièrement dans l’Indoustan et dans les Indes qu’on les ren—
contre; en Afrique, c’est auprès du cap de Bonne-Espérance, du Congo et de l’Abyssinie. Depuis un
temps assez reculé, quoique moins éloigné de nous cependant que celui où le Boeuf ordinaire a été'
réduit, les Bufes, ou tout au moins les races indiennes, car le Bufe du Cap n’est pas encore as—
servi, sont devenus des animaux domestiques et rendent à l’homme de grands services, et comme
bêtes de somme et par les produits assez abondants qu’ils lui donnent : à l’état domestique, ils sont.
surtout assez communs“ dans les Indes et en Chine, ainsi que dans diverses contrées de
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