Télédétection et ressources en eau/Remote sensing and water resources
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En ce qui concerne la plaine d'épandage de l'oued Al Fakka, l'analyse comparée des deux
scènes permet de voir l'étendue spatiale des inondations qui ont suivi les pluies du 20 janvier
1990. Tous les ouvrages d'épandage de Nouael, de Zâafria, ainsi que ceux situés plus en amont,
ont bien fonctionné. La figure 2 montre les zones particulièrement inondées par ces épandages
surtout autour du petit village de Zâafria sur la rive gauche de l'oued Al Fakka, et sur le territoire
des Nouael et des Horchane dans la zone d'Al Mzâra, sur la rive droite.
Plus en aval, l'image satellite permet de découvrir un phénomène de "capture" qui s'est
produit entre l'ouvrage de dérivation de Zâafria rive gauche et l'oued Sârig Adh-Dhiba. Cet oued,
qui descend du piémont nord du Djebel Al Kebar, a charrié des débits considérables à la suite des
pluies, comme en témoignent l'élargissement spectaculaire de son lit, et les dégâts causés à la
route reliant Sidi Bouzid à Bir El Hafay, totalement emportée sur une longueur d'environ 100
mètres. Outre son propre débit, cette capture l'a enrichi des apports d'eau supplémentaires venant
de la dérivation des eaux de l'oued Al Fakka. C'est à notre avis la raison des dégâts causés aux
cultures et aux habitations dans la zone d'Al Gdàra et d'An-Nsayriyya. La dérivation de Zâafria
rive droite a joué le rôle d’un véritable oued après les pluies de janvier 1990. Il serait alors
souhaitable, pour éviter que cette situation ne se répète, de mettre en place des canaux tertiaires,
branchés sur les canaux secondaires de la dérivation.
Concernant la plaine d'Al Hichria, l'image SPOT du 3 février 1990 a révélé l'étendue
impressionnante du plan d'eau dans la Garèt An-Njila (figure 5). En dehors des courtes périodes
qui suivent les pluies, ce fond de cuvette est généralement à sec, comme le révèle la scène du 26
juin 1988. Les traces des écoulements qui ont suivi les pluies de janvier 1990 sont encore visibles
sur la scène du 3 février 1990 : l'oued Oum at-Téboul, qui descend du flanc SE du Djebel Al
Kebar, a un tracé bien individualisé sur cette scène qui montre clairement que cet oued s'est
déversé dans la Garaà. Mais cette scène révèle également des traces d'importants écoulements
ayant rejoint la Garaà par son extrémité NE, avec des méandres bien dessinés et de petits plans
d'eau encore apparents, plus de dix jours après les pluies. Ce lit d'oued n'existe pas sur la carte
topographique au 1/50 000 de la région (feuille NI-32-XVI-4c Jbal Bou-Dinar). Il nous semble,
d'après la comparaison de la carte topographique et de la scène SPOT, que ces écoulements sont
nés de la jonction de deux petits oueds : l'oued Nasir et l'oued Ahmed qui descendent du Djebel Al
Kebar, entre les villages d'El Mlikat et d'Awlad Amor, et qui coulent ensuite vers le SO pour
rejoindre Garaàt An-Njila.
Ils traversent donc en diagonale tout le piémont du Djebel Al-Kebar, à travers les plantations
d'oliviers, sur sols sableux ou sablo-limoneux (figure 6).
Il nous semble donc judicieux de prévoir, dans l'aménagement futur des piémonts, la mise en
place d'ouvrages de dérivation des eaux de crues dans les parties amont des oueds Oum atTéboul, Nasir et Ahamed, ouvrages dimensionnés de manière à permettre un épandage efficace
des eaux qui puisse éviter leur écoulement vers la Garàa et favoriser ainsi la recharge de la nappe
phréatique (figure 6).
D'après les calculs effectués à partir de la scène du 3 février 1990, l'étendue du plan d'eau
dans la Garat An-Njila avait une superficie de 1 550 hectares. De plus, nous avons pu découvrir,
d'après nos enquêtes sur le terrain, que l'épaisseur de la lame d'eau approchait parfois le mètre.
Ce volume d'eau, livré à l'évaporation, pourrait être, par ces aménagements, en grande partie
récupéré pour une meilleure utilisation, d'autant plus que les populations locales, particulièrement
les Azara et les Aouafi, ont clairement manifesté leur intention d’étendre leurs superficies
irriguées par puits de surface. Ainsi, outre leurs parcelles irriguées dans leurs territoires, ils
exploitent des terres en métayage ou en location situées beaucoup plus en aval, près de la Garat
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