Télédétection et ressources en eau/Remote sensing and water resources
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INTRODUCTION
En 1972-73, la Côte d’Ivoire a connu à une sécheresse assez prononcée, dont les conséquences
désastreuses n’ont épargné aucun pays d’Afrique de l’Ouest. Cette sécheresse a été marqué par
un tarissement généralisé de la majorité des points d’eau de surface et par une baisse souvent
importante du niveau piézométrique des nappes phréatiques, mettant à sec tous les puits creusés
dans les profils d’altération au toit du socle cristallin. Devant cette menace cyclique à la vie des
populations, nombre des Etats du continent se sont dotés, à partir de 1973, de moyens puissants
pour l’exécution de forages d’eau sur leurs territoires respectifs. En Côte d’Ivoire, à la fin de
1983, plus de 13 000 ouvrages de captage d’eau étaient creusés. Malheureusement, ces forages
d’eau ont été réalisés avec une grande précipitation afin de satisfaire les besoins en eau immédiats
et urgents de la population, mais cette urgence a justifié de nombreuses insuffisances :
tâtonnements fréquents, pertes énormes de temps, d’argent et de matériel. C’est pourquoi, en
1985, le gouvernement de la Côte d’Ivoire a incité les chercheurs à approfondir les connaissances
scientifiques sur les potentialités en eau des aquifères de fissure du socle précambrien, qui couvre
à lui seul 97 % de la superficie du territoire national.
Le bassin versant de la Marahoué a été choisi comme secteur témoin pour cette étude test. Il
présente en effet toutes les caractéristiques des régions subsahéliennes les plus touchées par le
manque d’eau en Côte d’Ivoire. En 1984-1987, les observations de terrain ont révélé que, sur 212
forages mis en exploitation dans le bassin de la haute Marahoué, 22,6 % étaient régulièrement en
panne mécanique, 8,4 % étaient abandonnés pour le mauvais goût de leur eau ou pour leur
situation dans un bois sacré voué aux cultes rituels et 18,4 % étaient à sec. Au total, environ 50
% des ouvrages réalisés n’étaient pas fonctionnels et laissaient non satisfaits une partie des
besoins en eau de la population.
Le secteur d’étude concerne le Sud du quart Nord-Ouest de la Côte d’Ivoire (figure 1), dont il
occupe la partie médiane, à l’intérieur d’un rectangle long de 240 km et large de 50 km (soit
environ 12 500 km
2 de superficie). Le bassin est limité par les latitudes 7° 40’ et 9° 30’ N et par
les longitudes 6° et 7° O.
MÉTHODOLOGIE
Trois scènes Landsat Thematic Mapper se recoupent sur le bassin versant de la haute Marahoué :
les quadrants 2 et 4 de la scène 198-54, le quadrant 1 de la scène 197-55 et le quadrant 3 de la
scène 197-54. Ces images ont été acquises en l’absence de nuages, au cœur de la saison sèche, les
7 et 16 janvier 1986. La création de la mosaïque a nécessité un calibrage radiométrique par
ajustement de la moyenne et de l’écart-type entre les secteurs en recouvrement. La correction
géométrique comporte un rééchantillonnage de la taille des pixels à 50 x 50 m, compte tenu de la
grande superficie du bassin. Les bandes 3 (rouge), 4 (proche infrarouge), 5 (infrarouge moyen), 6
(infrarouge thermique) et 7 (infrarouge lointain) ont été retenues. La base de données comprend
également les images du champ magnétique total, résultant d’une mission aéroportée effectuée au
cours des années 1974 et 1975 par la Kenting Earth Sciences Ltd. Ces données, interpolées et
géocodées, ont été acquises par la Commission géologique du Canada. La taille des pixels est de
125 x 125 m. A ces images s’ajoutent les cartes topographiques au 1/200 000 et les informations
géologiques préexistantes ou recueillies sur les affleurements (Millary 1964, DCH 1982,
SODEMI 1971-72).
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