Télédétection et ressources en eau/Remote sensing and water resources
207
Positionnement, productivité et gestion des
forages en milieu fissuré de Côte d’Ivoire
par télédétection et système
d’information géographique
RÉSUMÉ
Les traitements numériques des images satellitaires du bassin de la haute Marahoué ont
porté sur les techniques de rehaussement, les composantes principales, le rapport des
bandes TM7-TM4/TM7+TM4 et la combinaison TM6+TM7. Les données obtenues ont été
intégrées et interprétées à l’intérieur d’un système d’information hydrogéologique à
référence spatiale (SIHRS), ce qui a permis d’identifier le complexe volcano-sédimentaire
du sillon intracratonique de Boundiali et la masse du granite circonscrit de Séguéla, dont
la forme n’a pu être décrite jusqu'à ce jour par les méthodes classiques. Les limites
inférieures des fractures ouvertes et le profil d’altération du socle cristallin, capté par de
nombreux forages dans la région, ont été précisés par la confection d’un bloc diagramme
dans le SIHRS. Une carte des fracturations, couvrant une superficie de 12 500 km
2 , illustre
assez bien les mégafractures d’importance régionale dans le socle. Elles sont orientées
N170-190, N30-60, N80-100 et N120-160 et caractérisent la tectonique cassante en
Afrique de l’Ouest. Une étude sectorielle des relations entre les accidents et le réseau
hydrographique a révélé que les principaux cours d’eau circulent essentiellement dans les
axes tectoniques.
Les écoulements et les possibilités de formation des réservoirs d’eau dans les milieux
fissurés peuvent être appréhendés grâce à l’étude des perméabilités induites par les
fractures. Cependant, jusqu'à maintenant, les résultats obtenus par cette technique sont
restés tributaires de la densité des fractures susceptibles d’être visualisées sur les
photographies aériennes classiques. Les images Landsat TM du bassin versant de la haute
Marahoué, traitées numériquement et interprétées à l’intérieur du SIHRS, ont
considérablement amélioré cette approche grâce à une assez forte densité de fractures (62
fractures en moyenne pour 1,44 km
2 de superficie) repérables sur les images satellitaires
rehaussées. En effet, les valeurs des perméabilités induites, obtenues par ce procédé,
varient de 0,11 à 0,66 10
-4 m/s , contre des valeurs de 10
-8 m/s fournies par les méthodes
classiques. Par conséquent, elles sont voisines des perméabilités réelles des terrains
fissurés intéressés par l’altération.
J.Biémi et J.P. Jourda
CURAT, Centre universitaire de recherche et d’application en télédétection
Université de Cocody, Abidjan, Côte d’Ivoire
S. Deslandes et H. Gwyn
CARTEL, Université de Sherbrooke, Québec, Canada
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Positionnement, productivité et gestion des
forages en milieu fissuré de Côte d’Ivoire
par télédétection et système
d’information géographique
RÉSUMÉ
Les traitements numériques des images satellitaires du bassin de la haute Marahoué ont
porté sur les techniques de rehaussement, les composantes principales, le rapport des
bandes TM7-TM4/TM7+TM4 et la combinaison TM6+TM7. Les données obtenues ont été
intégrées et interprétées à l’intérieur d’un système d’information hydrogéologique à
référence spatiale (SIHRS), ce qui a permis d’identifier le complexe volcano-sédimentaire
du sillon intracratonique de Boundiali et la masse du granite circonscrit de Séguéla, dont
la forme n’a pu être décrite jusqu'à ce jour par les méthodes classiques. Les limites
inférieures des fractures ouvertes et le profil d’altération du socle cristallin, capté par de
nombreux forages dans la région, ont été précisés par la confection d’un bloc diagramme
dans le SIHRS. Une carte des fracturations, couvrant une superficie de 12 500 km
2 , illustre
assez bien les mégafractures d’importance régionale dans le socle. Elles sont orientées
N170-190, N30-60, N80-100 et N120-160 et caractérisent la tectonique cassante en
Afrique de l’Ouest. Une étude sectorielle des relations entre les accidents et le réseau
hydrographique a révélé que les principaux cours d’eau circulent essentiellement dans les
axes tectoniques.
Les écoulements et les possibilités de formation des réservoirs d’eau dans les milieux
fissurés peuvent être appréhendés grâce à l’étude des perméabilités induites par les
fractures. Cependant, jusqu'à maintenant, les résultats obtenus par cette technique sont
restés tributaires de la densité des fractures susceptibles d’être visualisées sur les
photographies aériennes classiques. Les images Landsat TM du bassin versant de la haute
Marahoué, traitées numériquement et interprétées à l’intérieur du SIHRS, ont
considérablement amélioré cette approche grâce à une assez forte densité de fractures (62
fractures en moyenne pour 1,44 km
2 de superficie) repérables sur les images satellitaires
rehaussées. En effet, les valeurs des perméabilités induites, obtenues par ce procédé,
varient de 0,11 à 0,66 10
-4 m/s , contre des valeurs de 10
-8 m/s fournies par les méthodes
classiques. Par conséquent, elles sont voisines des perméabilités réelles des terrains
fissurés intéressés par l’altération.
J.Biémi et J.P. Jourda
CURAT, Centre universitaire de recherche et d’application en télédétection
Université de Cocody, Abidjan, Côte d’Ivoire
S. Deslandes et H. Gwyn
CARTEL, Université de Sherbrooke, Québec, Canada
