730 cinqUième partie La diversité biologique à travers l’évolution
le lointain ancêtre commun des Gymno spermes et des Angiospermes. D’autres études donnent à penser que, chez une
variété d’Angio spermes primitives (de même que chez Amborella), le tégument extérieur semble être une feuille modifiée
formée indépendamment du tégument interne. Puisque les
Gymno spermes ne présentent qu’un tégument, les scientifiques cherchent à déterminer l’origine du deuxième tégument
des Angio spermes. Ils étudient également des gènes qui régissent
le développement chez les deux groupes, y compris les gènes
responsables du développement des fleurs chez les Angiospermes. Les premiers résultats ont mis au jour des voies de
développement communes aux Angio spermes et aux Gymnospermes. Ces voies communes pourraient fournir des indices
sur les étapes ayant mené à l’émergence des Végétaux à fleurs.
La diversité des angio spermes
Depuis leurs humbles débuts, au Mésozoïque, les Angio spermes
se sont diversifiées et comptent plus de 250 000 espèces.
Jusqu’à la fin des années 1990, les taxinomistes s’accordaient
généralement pour diviser les Angio spermes en deux classes,
s’appuyant en partie sur le nombre de cotylédons, ou feuilles
embryonnaires, présents dans l’embryon. Les espèces qui possédaient un seul cotylédon étaient appelées Monocotylédones, et celles qui en possédaient deux, Dicotylédones.
D’autres caractéristiques, comme la structure des fleurs et des
feuilles, servaient aussi à distinguer ces deux groupes. Par
exemple, la plupart des Monocotylédones portent des feuilles
parallélinerves, c’est­à­dire que leurs nervures principales
sont disposées dans le sens de la longueur (pensez à un brin
d’herbe). Au contraire, la plupart des Dicotylédones ont des
feuilles dont les nervures principales ont un aspect ramifié
(pensez à une feuille de chêne). Les Monocotylédones comprennent notamment les Orchidées, les palmiers et les céréales
(maïs, blé, riz, etc.). Les roses, les pois, les tournesols et les
érables sont des exemples de Dicotylédones.
De récentes études génétiques indiquent toutefois que la
distinction entre les Monocotylédones et les Dicotylédones
n’est pas absolument représentative des liens de l’évolution.
En effet, les recherches actuelles confirment le point de vue
selon lequel les Monocotylédones forment un clade, mais
révèlent que les espèces traditionnellement appelées Dicotylédones sont polyphylétiques. En revanche, le clade des Eudicotylédones (« véritables » Dicotylédones) réunit aujourd’hui
la grande majorité des espèces que l’on appelait Dicotylédones.
Les autres sont maintenant divisées en plusieurs petites lignées.
Trois de ces lignées portent officieusement le nom d’Angiospermes basales, car elles semblent réunir les plantes à fleurs
appartenant aux plus anciennes lignées. Une quatrième lignée,
celle des Magnoliidées, est apparue plus tard. La figure 30.13
donne un aperçu de la diversité des Angio spermes.
Les Angio spermes basales
On croit actuellement que les Angio spermes basales survivantes appartiennent
à trois lignées qui ne compteraient qu’une centaine d’espèces. La plus ancienne
lignée semble être représentée par une seule espèce, Amborella trichopoda.
Les autres lignées survivantes, un clade comprenant le nymphéa tubéreux
et un autre, l’anis étoilé et les plantes apparentées, ont divergé plus tard.
Nymphéa tubéreux (Nymphaea
tuberosa). Les nymphéas tubéreux
(l’illustration représente la variété
René-Gérard) sont les membres
modernes d’un clade qui vient juste
après la lignée d’Amborella pour ce
qui est de l’ancienneté. La structure
de la fleur est primitive.
Anis étoilé (Illicium floridanum).
Cette espèce représente une
troisième lignée survivante
d’Angiospermes basales.
Amborella trichopoda. Ce petit arbuste, qui
croît seulement en Nouvelle-Calédonie, une île
de la mer de Corail (océan Pacifique), pourrait
être le seul survivant d’une branche située à la
base de l’arbre des Angiospermes. Amborella
ne possède pas de vaisseaux, lesquels sont
présents chez les Angiospermes ayant divergé
plus tard. Constitués de cellules du xylème
disposées de façon à former des tubes continus,
les vaisseaux transportent l’eau plus efficacement que les trachéides. Leur absence chez
Amborella indique qu’ils sont apparus après que
la lignée lui ayant donné naissance a divergé.
Magnolia à grandes fleurs (Magnolia
grandiflora). Ce membre de la famille des
magnolias est une plante ligneuse. La variété
montrée ici, Goliath, donne des fleurs dont le
diamètre peut atteindre 30 cm.
Les Magnoliidées
Les Magnoliidées comptent environ 8 000 espèces ; les genres les plus connus
sont le magnolia, le laurier et le poivrier. Ce groupe comprend à la fois des
espèces ligneuses et des espèces herbacées. Bien qu’elles aient certains caractères
en commun avec les Angio spermes basales,
comme la disposition des organes floraux en
spirale plutôt qu’en verticille, les Magnoliidées
sont plus étroitement apparentées aux Monocotylédones et aux Eudicotylédones.
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.  Figure 30.13
panorama La diversité des angio spermes
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