576 quatrième partie Les mécanismes de l’évolution
que 10 km de large sur presque toute sa longueur. La zone
hybride se trouve là où se chevauchent l’habitat en plus
haute altitude du sonneur à ventre jaune et les plaines qui
servent d’habitat au sonneur à ventre de feu. Typiquement,
dans une « tranche » de la zone hybride, la fréquence de l’allèle propre au sonneur à ventre jaune passe de près de 100 %
du côté où l’on ne trouve que des sonneurs à ventre jaune, à
50 % dans la portion centrale de la zone, et à 0 % du côté où
ne sont présents que les sonneurs à ventre de feu.
Comment expliquer cette répartition des fréquences alléliques d’un côté à l’autre d’une zone hybride ? On peut avancer qu’un obstacle contrecarre le flux génétique – sinon, les
allèles d’une espèce parentale seraient aussi fréquents dans le
patrimoine génétique de l’autre espèce parentale. Dans le cas
présent, les barrières géographiques ne sont pas en cause et
les sonneurs peuvent traverser la zone hybride sans difficulté.
L’explication tient plutôt au taux plus élevé de mortalité
embryonnaire et à l’existence de diverses anomalies morphologiques dont souffrent les sonneurs hybrides, notamment des
côtes fusionnées au niveau de la colonne vertébrale et la présence de pièces buccales déformées chez les têtards. Comme
les taux de survie et de reproduction des hybrides sont faibles,
ceux qui s’accouplent avec les membres des espèces parentales produisent peu de descendants viables. Ces hybrides
interviennent donc rarement dans le transfert des allèles d’une
espèce à l’autre. Hors de la zone hybride, la sélection naturelle
dans les environnements différents où vivent les espèces
parentales peut aussi faire obstacle au flux génétique.
Dans d’autres zones hybrides, la répartition spatiale des
allèles propres à telle ou telle espèce est moins simple. Ainsi,
de nombreuses espèces végétales croissent seulement dans
des lieux où un ensemble très particulier de conditions environnementales se trouve réuni. Ces territoires favorables sont
souvent éparpillés et isolés les uns des autres. Lorsqu’il y a
croisement entre deux de ces espèces végétales, la zone hybride
se présente comme un ensemble de secteurs dispersés, ce qui
donne une répartition plus complexe que la longue bande
continue de la figure 24.13. Mais que leur configuration spatiale
m Figure 24.13 La zone hybride étroite des crapauds Bombina
en Europe. Le graphique montre la répartition de la fréquence des allèles
propres à chaque espèce dans une section de la zone hybride près de Cracovie,
en Pologne. Les individus chez qui la fréquence de l’allèle propre au
B. variegata se situe autour de 1,0 sont des sonneurs à ventre jaune ;
les individus chez qui la fréquence de cet allèle se situe autour de 0,0
sont des sonneurs à ventre de feu. On considère comme des hybrides
les individus chez qui la fréquence de cet allèle est intermédiaire.
Le graphique indique-t-il que le flux génétique propage les allèles
du sonneur à ventre de feu dans le territoire du sonneur à ventre
jaune ? Expliquez votre réponse.
?
0,99
0,01
40
30
20
10
0
10
20
Distance du centre de la zone hybride (km)
Fréquence de l’allèle propre au B. variegata
0,9
0,5
0,1
EUROPE
Sonneur à ventre
jaune, Bombina
variegata : vit à plus
haute altitude.
Sonneur à ventre de feu, Bombina bombina :
vit à plus basse altitude.
Territoire du sonneur
à ventre jaune
Territoire du sonneur
à ventre de feu
Zone hybride
Territoire du sonneur
à ventre jaune
Territoire
du sonneur
à ventre de feu
Zone
hybride
que 10 km de large sur presque toute sa longueur. La zone
hybride se trouve là où se chevauchent l’habitat en plus
haute altitude du sonneur à ventre jaune et les plaines qui
servent d’habitat au sonneur à ventre de feu. Typiquement,
dans une « tranche » de la zone hybride, la fréquence de l’allèle propre au sonneur à ventre jaune passe de près de 100 %
du côté où l’on ne trouve que des sonneurs à ventre jaune, à
50 % dans la portion centrale de la zone, et à 0 % du côté où
ne sont présents que les sonneurs à ventre de feu.
Comment expliquer cette répartition des fréquences alléliques d’un côté à l’autre d’une zone hybride ? On peut avancer qu’un obstacle contrecarre le flux génétique – sinon, les
allèles d’une espèce parentale seraient aussi fréquents dans le
patrimoine génétique de l’autre espèce parentale. Dans le cas
présent, les barrières géographiques ne sont pas en cause et
les sonneurs peuvent traverser la zone hybride sans difficulté.
L’explication tient plutôt au taux plus élevé de mortalité
embryonnaire et à l’existence de diverses anomalies morphologiques dont souffrent les sonneurs hybrides, notamment des
côtes fusionnées au niveau de la colonne vertébrale et la présence de pièces buccales déformées chez les têtards. Comme
les taux de survie et de reproduction des hybrides sont faibles,
ceux qui s’accouplent avec les membres des espèces parentales produisent peu de descendants viables. Ces hybrides
interviennent donc rarement dans le transfert des allèles d’une
espèce à l’autre. Hors de la zone hybride, la sélection naturelle
dans les environnements différents où vivent les espèces
parentales peut aussi faire obstacle au flux génétique.
Dans d’autres zones hybrides, la répartition spatiale des
allèles propres à telle ou telle espèce est moins simple. Ainsi,
de nombreuses espèces végétales croissent seulement dans
des lieux où un ensemble très particulier de conditions environnementales se trouve réuni. Ces territoires favorables sont
souvent éparpillés et isolés les uns des autres. Lorsqu’il y a
croisement entre deux de ces espèces végétales, la zone hybride
se présente comme un ensemble de secteurs dispersés, ce qui
donne une répartition plus complexe que la longue bande
continue de la figure 24.13. Mais que leur configuration spatiale
m Figure 24.13 La zone hybride étroite des crapauds Bombina
en Europe. Le graphique montre la répartition de la fréquence des allèles
propres à chaque espèce dans une section de la zone hybride près de Cracovie,
en Pologne. Les individus chez qui la fréquence de l’allèle propre au
B. variegata se situe autour de 1,0 sont des sonneurs à ventre jaune ;
les individus chez qui la fréquence de cet allèle se situe autour de 0,0
sont des sonneurs à ventre de feu. On considère comme des hybrides
les individus chez qui la fréquence de cet allèle est intermédiaire.
Le graphique indique-t-il que le flux génétique propage les allèles
du sonneur à ventre de feu dans le territoire du sonneur à ventre
jaune ? Expliquez votre réponse.
?
0,99
0,01
40
30
20
10
0
10
20
Distance du centre de la zone hybride (km)
Fréquence de l’allèle propre au B. variegata
0,9
0,5
0,1
EUROPE
Sonneur à ventre
jaune, Bombina
variegata : vit à plus
haute altitude.
Sonneur à ventre de feu, Bombina bombina :
vit à plus basse altitude.
Territoire du sonneur
à ventre jaune
Territoire du sonneur
à ventre de feu
Zone hybride
Territoire du sonneur
à ventre jaune
Territoire
du sonneur
à ventre de feu
Zone
hybride
