486 trOiSiÈMe partie La génétique
rouvrir d’anciens dossiers. En 2010, plus de 210 pers onnes
innocentes avaient déjà été libérées de prison à la suite d’un
travail médicolégal et légal effectué par ce groupe (figure 20.25).
L’emploi des profils génétiques peut également servir à
d’autres buts. La comparaison de l’ADN d’une mère, de son
enfant et du père putatif peut apporter une solution définitive
à une affaire de paternité. Il arrive aussi parfois que la paternité revête un intérêt d’ordre historique : des profils génétiques
ont permis de montrer de façon probante que le troisième
président des ÉtatsUnis, Thomas Jefferson (17431826), ou
l’un de ses proches parents était le père d’au moins un des
enfants de son esclave Sally Hemings. Les profils génétiques
peuvent également identifier les nombreuses victimes d’une
catastrophe. Les plus gros travaux de ce genre ont eu lieu
après la destruction du World Trade Center en 2001 ; plus
de 10 000 échantillons de restes humains ont été comparés
avec des échantillons d’ADN provenant d’objets personnels, comme des brosses à dents, fournis par les familles.
En fin de compte, les experts en criminalistique ont réussi à
identifier près de 3 000 victimes à l’aide de ces méthodes.
À quel point le profil génétique estil fiable ? Plus le nombre
de marqueurs examinés dans un échantillon d’ADN est grand,
plus il est probable que le profil soit propre à un individu.
Dans les affaires criminelles où on utilise l’analyse des STR
avec 13 marqueurs, la probabilité que deux personnes aient
des profils génétiques identiques se situe entre 1 sur 10 milliards et 1 sur plusieurs billions. (En guise de comparaison, la
population mondiale en 2009 comptait environ 6,8 milliards
d’individus.) La probabilité exacte dépend de la fréquence de
ces marqueurs dans la population en général. Il est essentiel
de disposer de données sur la fréquence, selon les groupes
ethniques qui composent une population, parce que les fréquences de ces marqueurs peuvent varier considérablement
entre les groupes ethniques de même qu’entre un groupe
ethnique particulier et la population dans son ensemble. La
disponibilité croissante de ces données permet aux experts en
criminalistique d’effectuer des calculs statistiques extrêmement précis. Par conséquent, malgré les problèmes pouvant
résulter de l’insuffisance des données statistiques, de l’erreur
humaine ou de témoignages faussés, les experts juristes et les
scientifiques considèrent désormais que le profil génétique
constitue une preuve concluante.
La dépollution de l’environnement
On exploite de plus en plus souvent la capacité des microorganismes à transformer les substances chimiques dans des
opérations de dépollution de l’environnement. Si les besoins
nutritifs de tels microbes ne permettent pas de les utiliser
directement, les scientifiques sont actuellement capables de
transférer chez d’autres microorganismes les gènes de capacités métaboliques intéressantes qui les transformeront en
outils de protection de l’environnement. Par exemple, de
nombreuses bactéries peuvent extraire des métaux lourds
de leur milieu (cuivre, plomb, nickel) et les transformer en
des composés comme le sulfate de cuivre ou le sulfate de
plomb, dont l’extraction est facile. Les microorganismes
génétiquement modifiés pourraient jouer un rôle important dans le domaine minier (particulièrement dans le cas
où les réserves de minerai sont épuisées) et dans le traitement des déchets miniers hautement toxiques. Les biotechnologistes tentent de modifier des microorganismes de
façon à leur permettre de dégrader les hydrocarbures chlorés et d’autres composés toxiques. Ces microorganismes
seraient employés dans les stations de traitement des eaux
usées ou par les industries avant de déverser leurs effluents
dans l’environnement.
Les applications en agriculture
Le génome des plantes et des animaux les plus utilisés en
agriculture fait également l’objet de recherches. Il y a des
années que l’on se sert de la biotechnologie pour tenter
d’améliorer la productivité agricole. La reproduction sélective des animaux d’élevage et des plantes cultivées a exploité
les mutations et la recombinaison génétique d’origine naturelle pendant des milliers d’années.
Comme nous l’avons décrit plus tôt, grâce à la biotechnologie, les scientifiques ont produit des animaux transgéniques,
ce qui accélère le processus de la reproduction sélective. La
m Figure 20.25 L’analyse des répétitions courtes en tandem
en vue de libérer de prison un homme innocent.
Marqueur 1
des STR
Source
de l’échantillon
Sperme
sur la victime
Earl Washington
Kenneth Tinsley
17,19
16,18
17,19
13,16
14,15
13,16
12,12
11,12
12,12
Marqueur 2
des STR
Marqueur 3
des STR
Dans l’analyse des répétitions courtes en tandem, on a amplifié par ACP
des marqueurs STR sélectionnés dans un échantillon d’ADN ; les produits
des ACP sont séparés par électrophorèse. La procédure permet
de déterminer le nombre de répétitions présentes pour chaque locus
de STR dans l’échantillon. Un individu a deux allèles par locus de STR,
chacun contenant un certain nombre de répétitions. Ce tableau montre
le nombre de répétitions pour trois marqueurs STR dans trois sources
d’échantillons : le sperme trouvé sur la victime, Washington et un autre
homme appelé Kenneth Tinsley, emprisonné après une condamnation
sans rapport avec le meurtre de Rebecca Williams. Les résultats
des STR et d’autres données (non illustrées) ont exonéré Washington
et incriminé Tinsley.
(b)
En 1984, Earl Washington a été
déclaré coupable et condamné
à mort pour le viol et le meurtre
de Rebecca Williams survenu
en 1982. En 1993, sa peine a été
commuée en prison à vie en raison
de nouveaux doutes concernant
la preuve. En 2000, l’analyse
des répétitions courtes en tandem
par des experts en criminalistique
associés à The Innocence Project
a démontré de façon irréfutable
son innocence. Cette photo montre
Washington peu de temps avant
sa libération en 2001, après 17 ans
de prison.
(a)
rouvrir d’anciens dossiers. En 2010, plus de 210 pers onnes
innocentes avaient déjà été libérées de prison à la suite d’un
travail médicolégal et légal effectué par ce groupe (figure 20.25).
L’emploi des profils génétiques peut également servir à
d’autres buts. La comparaison de l’ADN d’une mère, de son
enfant et du père putatif peut apporter une solution définitive
à une affaire de paternité. Il arrive aussi parfois que la paternité revête un intérêt d’ordre historique : des profils génétiques
ont permis de montrer de façon probante que le troisième
président des ÉtatsUnis, Thomas Jefferson (17431826), ou
l’un de ses proches parents était le père d’au moins un des
enfants de son esclave Sally Hemings. Les profils génétiques
peuvent également identifier les nombreuses victimes d’une
catastrophe. Les plus gros travaux de ce genre ont eu lieu
après la destruction du World Trade Center en 2001 ; plus
de 10 000 échantillons de restes humains ont été comparés
avec des échantillons d’ADN provenant d’objets personnels, comme des brosses à dents, fournis par les familles.
En fin de compte, les experts en criminalistique ont réussi à
identifier près de 3 000 victimes à l’aide de ces méthodes.
À quel point le profil génétique estil fiable ? Plus le nombre
de marqueurs examinés dans un échantillon d’ADN est grand,
plus il est probable que le profil soit propre à un individu.
Dans les affaires criminelles où on utilise l’analyse des STR
avec 13 marqueurs, la probabilité que deux personnes aient
des profils génétiques identiques se situe entre 1 sur 10 milliards et 1 sur plusieurs billions. (En guise de comparaison, la
population mondiale en 2009 comptait environ 6,8 milliards
d’individus.) La probabilité exacte dépend de la fréquence de
ces marqueurs dans la population en général. Il est essentiel
de disposer de données sur la fréquence, selon les groupes
ethniques qui composent une population, parce que les fréquences de ces marqueurs peuvent varier considérablement
entre les groupes ethniques de même qu’entre un groupe
ethnique particulier et la population dans son ensemble. La
disponibilité croissante de ces données permet aux experts en
criminalistique d’effectuer des calculs statistiques extrêmement précis. Par conséquent, malgré les problèmes pouvant
résulter de l’insuffisance des données statistiques, de l’erreur
humaine ou de témoignages faussés, les experts juristes et les
scientifiques considèrent désormais que le profil génétique
constitue une preuve concluante.
La dépollution de l’environnement
On exploite de plus en plus souvent la capacité des microorganismes à transformer les substances chimiques dans des
opérations de dépollution de l’environnement. Si les besoins
nutritifs de tels microbes ne permettent pas de les utiliser
directement, les scientifiques sont actuellement capables de
transférer chez d’autres microorganismes les gènes de capacités métaboliques intéressantes qui les transformeront en
outils de protection de l’environnement. Par exemple, de
nombreuses bactéries peuvent extraire des métaux lourds
de leur milieu (cuivre, plomb, nickel) et les transformer en
des composés comme le sulfate de cuivre ou le sulfate de
plomb, dont l’extraction est facile. Les microorganismes
génétiquement modifiés pourraient jouer un rôle important dans le domaine minier (particulièrement dans le cas
où les réserves de minerai sont épuisées) et dans le traitement des déchets miniers hautement toxiques. Les biotechnologistes tentent de modifier des microorganismes de
façon à leur permettre de dégrader les hydrocarbures chlorés et d’autres composés toxiques. Ces microorganismes
seraient employés dans les stations de traitement des eaux
usées ou par les industries avant de déverser leurs effluents
dans l’environnement.
Les applications en agriculture
Le génome des plantes et des animaux les plus utilisés en
agriculture fait également l’objet de recherches. Il y a des
années que l’on se sert de la biotechnologie pour tenter
d’améliorer la productivité agricole. La reproduction sélective des animaux d’élevage et des plantes cultivées a exploité
les mutations et la recombinaison génétique d’origine naturelle pendant des milliers d’années.
Comme nous l’avons décrit plus tôt, grâce à la biotechnologie, les scientifiques ont produit des animaux transgéniques,
ce qui accélère le processus de la reproduction sélective. La
m Figure 20.25 L’analyse des répétitions courtes en tandem
en vue de libérer de prison un homme innocent.
Marqueur 1
des STR
Source
de l’échantillon
Sperme
sur la victime
Earl Washington
Kenneth Tinsley
17,19
16,18
17,19
13,16
14,15
13,16
12,12
11,12
12,12
Marqueur 2
des STR
Marqueur 3
des STR
Dans l’analyse des répétitions courtes en tandem, on a amplifié par ACP
des marqueurs STR sélectionnés dans un échantillon d’ADN ; les produits
des ACP sont séparés par électrophorèse. La procédure permet
de déterminer le nombre de répétitions présentes pour chaque locus
de STR dans l’échantillon. Un individu a deux allèles par locus de STR,
chacun contenant un certain nombre de répétitions. Ce tableau montre
le nombre de répétitions pour trois marqueurs STR dans trois sources
d’échantillons : le sperme trouvé sur la victime, Washington et un autre
homme appelé Kenneth Tinsley, emprisonné après une condamnation
sans rapport avec le meurtre de Rebecca Williams. Les résultats
des STR et d’autres données (non illustrées) ont exonéré Washington
et incriminé Tinsley.
(b)
En 1984, Earl Washington a été
déclaré coupable et condamné
à mort pour le viol et le meurtre
de Rebecca Williams survenu
en 1982. En 1993, sa peine a été
commuée en prison à vie en raison
de nouveaux doutes concernant
la preuve. En 2000, l’analyse
des répétitions courtes en tandem
par des experts en criminalistique
associés à The Innocence Project
a démontré de façon irréfutable
son innocence. Cette photo montre
Washington peu de temps avant
sa libération en 2001, après 17 ans
de prison.
(a)
