chapitre 19 Les Virus 449
pas tout à fait à notre définition des organismes vivants.
Quand un virus est isolé, il est biologiquement inerte et il ne
peut recopier ses gènes ni reconstituer sa réserve d’ATP.
Cependant, son programme génétique est écrit dans le langage
universel de la vie. Alors, devons-nous considérer les Virus
comme les associations moléculaires naturelles les plus complexes ou comme les formes de vie les plus simples ? Quoi
qu’il en soit, ils nous forcent à revoir les définitions auxquelles
nous sommes habitués. Bien que les Virus soient incapables
de se répliquer ou d’effectuer des activités métaboliques de
façon autonome, on ne peut nier, du point de vue de l’évolution, leur parenté avec le monde vivant.
Comment les Virus sont-ils apparus ? On a trouvé des virus
qui infectent toute forme de vie, non seulement les Bactéries,
les Animaux et les Végétaux, mais également les Archées, les
Eumycètes et les Algues ainsi que d’autres Protistes. Puisque
leur réplication ne peut se faire en l’absence de cellules, il est
probable qu’ils ne descendent pas de formes de vie précellulaires et qu’ils sont apparus après les premières cellules, peutêtre à de nombreuses reprises. La plupart des spécialistes de la
biologie moléculaire penchent pour l’hypothèse selon laquelle
les Virus proviennent de morceaux d’acide nucléique nus qui
passaient d’une cellule à l’autre en traversant les surfaces
cellu laires endommagées. L’apparition de gènes codant pour
les protéines de capsides a pu faciliter l’infection de cellules
saines. Les précurseurs les plus probables des génomes viraux
sont deux types d’éléments génétiques cellulaires nommés
plasmides et transposons. Les plasmides sont de petites molécules d’ADN circulaires. On les trouve chez les Bactéries et
chez les levures, des Eucaryotes unicellulaires. Distincts du
génome cellulaire, les plasmides peuvent se répliquer indépendamment et, dans certains cas, passer d’une cellule à
l’autre. Quant aux transposons, ce sont des segments d’ADN
capables de se déplacer à l’intérieur du génome d’une même
cellule. Les plasmides, les transposons et les Virus partagent
donc une caractéristique importante : ce sont des composantes
génétiques mobiles. Nous traiterons des plasmides plus en détail
aux chapitres 20 et 27, et des transposons au chapitre 21.
Effectivement, cette vision de morceaux d’ADN faisant la
navette d’une cellule à l’autre est compatible avec le fait que le
génome d’un virus peut ressembler davantage à celui de sa cellule hôte qu’à celui de virus infectant d’autres hôtes. Certains
m Figure 19.7 Le cycle de réplication d’un virus enveloppé à ARN. Le virus illustré ici est constitué d’un
génome d’ARN monocaténaire qui sert de matrice pour la synthèse de l’ARNm. Certains virus enveloppés pénètrent
dans la cellule hôte en fusionnant leur enveloppe avec la membrane plasmique de la cellule ; d’autres virus entrent
par endocytose. Pour tous les virus à ARN pourvus d’une enveloppe, la formation de nouvelles enveloppes pour
les virus de la génération suivante se produit selon le mécanisme illustré dans cette figure.
Nommez un virus qui vous a infecté et qui possède un cycle de réplication correspondant à celui illustré
dans cette figure. (Voir le tableau 19.1.)
?
CELLULE HÔTE
Capside
ARN
Enveloppe pourvue
de glycoprotéines
Génome viral (ARN)
Matrice
RE
Glycoprotéines
Protéines
de la capside
Copie du
génome (ARN)
ARNm
Les glycoprotéines de l’enveloppe virale
se lient aux molécules réceptrices spécifiques
(non représentées) situées à la surface de
la cellule hôte, ce qui favorise l’entrée
du virus dans la cellule.
1
La capside et le génome du virus
pénètrent dans la cellule. La digestion
de la capside par les enzymes cellulaires
libère le génome viral.
2
Le génome viral (en rouge) sert
de matrice pour la synthèse de brins
d’ARN complémentaires (en rose)
par une ARN polymérase virale.
3
De nouvelles copies de l’ARN
du génome viral sont fabriquées à
l’aide de brins d’ARN complémentaires
qui servent de matrices.
4
Chaque nouveau virus
sort de la cellule par
bourgeonnement. Son
enveloppe contient des
glycoprotéines virales
formant saillie et
enchâssées dans une
membrane qui provient
de la cellule hôte.
8
Une capside s’assemble autour
de chacune des molécules d’ARN
qui constitue le génome viral.
7
Les vésicules transportent
des glycoprotéines vers
la membrane plasmique
de la cellule.
6
5 Les brins d’ARN
complémentaires servent
également d’ARNm qui est
traduit en des protéines de
la capside (dans le cytosol)
et en des glycoprotéines de
l’enveloppe virale (dans le RE
et l’appareil de Golgi).
pas tout à fait à notre définition des organismes vivants.
Quand un virus est isolé, il est biologiquement inerte et il ne
peut recopier ses gènes ni reconstituer sa réserve d’ATP.
Cependant, son programme génétique est écrit dans le langage
universel de la vie. Alors, devons-nous considérer les Virus
comme les associations moléculaires naturelles les plus complexes ou comme les formes de vie les plus simples ? Quoi
qu’il en soit, ils nous forcent à revoir les définitions auxquelles
nous sommes habitués. Bien que les Virus soient incapables
de se répliquer ou d’effectuer des activités métaboliques de
façon autonome, on ne peut nier, du point de vue de l’évolution, leur parenté avec le monde vivant.
Comment les Virus sont-ils apparus ? On a trouvé des virus
qui infectent toute forme de vie, non seulement les Bactéries,
les Animaux et les Végétaux, mais également les Archées, les
Eumycètes et les Algues ainsi que d’autres Protistes. Puisque
leur réplication ne peut se faire en l’absence de cellules, il est
probable qu’ils ne descendent pas de formes de vie précellulaires et qu’ils sont apparus après les premières cellules, peutêtre à de nombreuses reprises. La plupart des spécialistes de la
biologie moléculaire penchent pour l’hypothèse selon laquelle
les Virus proviennent de morceaux d’acide nucléique nus qui
passaient d’une cellule à l’autre en traversant les surfaces
cellu laires endommagées. L’apparition de gènes codant pour
les protéines de capsides a pu faciliter l’infection de cellules
saines. Les précurseurs les plus probables des génomes viraux
sont deux types d’éléments génétiques cellulaires nommés
plasmides et transposons. Les plasmides sont de petites molécules d’ADN circulaires. On les trouve chez les Bactéries et
chez les levures, des Eucaryotes unicellulaires. Distincts du
génome cellulaire, les plasmides peuvent se répliquer indépendamment et, dans certains cas, passer d’une cellule à
l’autre. Quant aux transposons, ce sont des segments d’ADN
capables de se déplacer à l’intérieur du génome d’une même
cellule. Les plasmides, les transposons et les Virus partagent
donc une caractéristique importante : ce sont des composantes
génétiques mobiles. Nous traiterons des plasmides plus en détail
aux chapitres 20 et 27, et des transposons au chapitre 21.
Effectivement, cette vision de morceaux d’ADN faisant la
navette d’une cellule à l’autre est compatible avec le fait que le
génome d’un virus peut ressembler davantage à celui de sa cellule hôte qu’à celui de virus infectant d’autres hôtes. Certains
m Figure 19.7 Le cycle de réplication d’un virus enveloppé à ARN. Le virus illustré ici est constitué d’un
génome d’ARN monocaténaire qui sert de matrice pour la synthèse de l’ARNm. Certains virus enveloppés pénètrent
dans la cellule hôte en fusionnant leur enveloppe avec la membrane plasmique de la cellule ; d’autres virus entrent
par endocytose. Pour tous les virus à ARN pourvus d’une enveloppe, la formation de nouvelles enveloppes pour
les virus de la génération suivante se produit selon le mécanisme illustré dans cette figure.
Nommez un virus qui vous a infecté et qui possède un cycle de réplication correspondant à celui illustré
dans cette figure. (Voir le tableau 19.1.)
?
CELLULE HÔTE
Capside
ARN
Enveloppe pourvue
de glycoprotéines
Génome viral (ARN)
Matrice
RE
Glycoprotéines
Protéines
de la capside
Copie du
génome (ARN)
ARNm
Les glycoprotéines de l’enveloppe virale
se lient aux molécules réceptrices spécifiques
(non représentées) situées à la surface de
la cellule hôte, ce qui favorise l’entrée
du virus dans la cellule.
1
La capside et le génome du virus
pénètrent dans la cellule. La digestion
de la capside par les enzymes cellulaires
libère le génome viral.
2
Le génome viral (en rouge) sert
de matrice pour la synthèse de brins
d’ARN complémentaires (en rose)
par une ARN polymérase virale.
3
De nouvelles copies de l’ARN
du génome viral sont fabriquées à
l’aide de brins d’ARN complémentaires
qui servent de matrices.
4
Chaque nouveau virus
sort de la cellule par
bourgeonnement. Son
enveloppe contient des
glycoprotéines virales
formant saillie et
enchâssées dans une
membrane qui provient
de la cellule hôte.
8
Une capside s’assemble autour
de chacune des molécules d’ARN
qui constitue le génome viral.
7
Les vésicules transportent
des glycoprotéines vers
la membrane plasmique
de la cellule.
6
5 Les brins d’ARN
complémentaires servent
également d’ARNm qui est
traduit en des protéines de
la capside (dans le cytosol)
et en des glycoprotéines de
l’enveloppe virale (dans le RE
et l’appareil de Golgi).
