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chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
d’étudier  des  systèmes  entiers.  Pour  illustrer  ce  changement 
de perspective, imaginons que l’on quitte le niveau de la rue, 
où  l’on  observait  la  circulation  à  une  intersection  donnée, 
pour survoler la ville à bord d’un hélicoptère. Du haut des airs, 
il  est  possible  de  constater  les  effets  de  variables  comme 
l’heure, les projets de construction, les accidents et les pannes 
de feux de circulation sur la circulation automobile d’une ville.
La biologie des systèmes est une approche qui tente de 
représenter  par  des  modèles,  c’est-à-dire  par  des  schématisations  simplifiées  de  la  réalité,  le  comportement  dynamique 
de  systèmes  biologiques  entiers,  d’après  l’étude  des  interactions entre leurs parties. Les modèles réussis permettront aux 
biologistes de prédire quels effets la modification d’une ou de 
plusieurs variables peut avoir sur les autres parties du système 
et  sur  l’ensemble  de  celui-ci.  Cette  démarche  permet  donc 
de  formuler  de  nouveaux  types  de  questions.  Par  exemple, 
quels  seront  les  effets  de  tel  médicament  contre  l’hypertension  artérielle  sur  le  fonctionnement  des  organes  de  tout 
  l’organisme ?  Comment  l’arrosage  accru  d’une  culture  se 
répercutera-t-il sur les processus vitaux des plantes, comme le 
stockage  des  molécules  essentielles  à  la  nutrition  de  l’humain ? Comment une augmentation graduelle du dioxyde de 
semble de la biosphère ? Le but ultime de la biologie des systèmes  est  d’apporter  des  réponses  à  des  questions  cruciales 
comme cette dernière.
La  biologie  des  systèmes  s’applique  quels  que  soient  les 
niveaux  de  l’organisation  biologique  examinés.  Durant  les 
premières années du 20
e
 siècle, les biologistes qui étudiaient 
le fonctionnement du corps des animaux (la physiologie animale)  commencèrent  à  intégrer  des  données  sur  la  façon 
dont  plusieurs  organes  participaient  à  des  processus  comme 
la  régulation  de  la  glycémie.  Puis,  dans  les  années  1960,  les 
scientifiques  qui  étudiaient  les  écosystèmes  ont  élaboré  des 
modèles  détaillés  pour  décrire  le  réseau  d’interactions  qui 
s’établissent entre les organismes et les composants non vivants 
d’un  même  écosystème,  par  exemple  un  marais  salant.  Plus 
récemment,  grâce  au  séquençage  de  l’ADN  de  nombreuses 
espèces,  la  biologie  des  systèmes  a  pris  d’assaut  les  niveaux 
cellulaires  et  moléculaires.  Nous  en  discuterons  plus  loin, 
dans la section sur la continuité du vivant (page 8). 
thème : Les organismes interagissent entre eux
et avec l’environnement physique
Revenons à la figure 1.4 et attardons-nous cette fois à la forêt. 
Dans un écosystème, chaque organisme est en relation continuelle  avec  son  environnement,  qui  compte  d’autres  organismes ainsi que diverses composantes physiques. Les feuilles 
d’un  arbre,  par  exemple,  absorbent  la  lumière  du  soleil  et  le 
dioxyde  de  carbone  contenu  dans  l’air  et  libèrent  de  l’oxygène  dans  l’air  (figure  1.5).  L’organisme  et  l’environnement 
subissent  les  effets  de  leurs  interactions.  Par  exemple,  une 
plante absorbe l’eau et les minéraux contenus dans le sol par 
ses  racines,  et  celles-ci  contribuent  à  la  formation  du  sol  en 
désagrégeant  la  roche.  À  l’échelle  planétaire,  les  plantes  et 
autres  organismes  photosynthétiques  produisent  l’oxygène 
contenu dans l’air. 
L’arbre interagit aussi avec les autres êtres vivants, y compris les microorganismes qui vivent autour de ses racines, les 
insectes qui l’habitent et les animaux qui mangent ses feuilles 
et ses fruits. Les interactions entre les organismes donnent lieu 
à la circulation cyclique des nutriments dans les éco  systèmes. 
Par exemple, les minéraux qu’absorbent les arbres finissent par 
retourner dans le sol sous l’action des microorga  nismes qui 
décomposent les feuilles, les racines   mortes et d’autres débris 
organiques.  Les  minéraux  deviennent 
alors  disponibles,  ce  qui  permet  aux 
arbres de les absorber de nouveau. 
Comme  tous  les  organismes,  nous 
interagissons avec notre environnement. 
Malheureusement,  les  conséquences  de 
certaines  interactions  sont  parfois  dramatiques.  Ainsi,  depuis  la  révolution 
industrielle,  survenue  au  19
e
  siècle,  la 
combustion de carburants fossiles (charbon, pétrole et gaz) s’accroît à un rythme 
effréné.  Cette  pratique  libère  des  gaz 
dans l’atmosphère, notamment d’importantes  quantités  de  dioxyde  de  carbone 
(CO 2 ).  Près  de  la  moitié  du  CO 2  généré 
par  l’activité  humaine  est  emprisonnée 
dans  l’atmosphère  et  agit  comme  une 
couche de verre autour de la planète. Le 
verre laisse passer les rayons du soleil qui 
réchauffent  la  Terre,  mais  il  empêche  la 
chaleur  de  s’échapper  dans  l’espace.  Les 
scientifiques  estiment  que  la  température moyenne de la planète a augmenté 
de 1 °C depuis 1900 à cause de cet « effet 
de  serre ».  Ils  prévoient  une  augmentation additionnelle de cette température 
d’au moins 3 °C au cours du 21
e
 siècle. 
m  Figure 1.5  Les interactions d’un acacia avec d’autres êtres vivants et leur environnement
physique en Afrique.
La
circulation
cyclique des
nutriments
chimiques
Lumière du soleil
O 2
CO 2
Les feuilles absorbent
l’énergie lumineuse
du soleil.
Les feuilles puisent
le dioxyde de carbone
contenu dans l’air et
libèrent de l’oxygène.
Les animaux
mangent les fruits
et les feuilles
de l’arbre.
Les feuilles
tombent au sol,
des organismes
les décomposent
et les minéraux
regagnent le sol.
L’arbre
capte par ses
racines l’eau
et les minéraux
contenus
dans le sol.
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