chapitre 11 La communication cellulaire 235
peuvent communiquer par contact direct (figure 11.4), l’une
des formes de la communication locale. Ainsi, un contact
direct entre les cytoplasmes de cellules adjacentes est assuré
par les jonctions ouvertes des cellules animales et par les plasmodesmes des cellules végétales (figure 11.4a) ; les substances
de communication dissoutes dans le cytosol peuvent ainsi se
propager librement d’une cellule à l’autre. De plus, les cellules
animales peuvent établir un contact entre elles par l’entremise
de molécules situées à leur surface (figure 11.4b). Appelée
reconnaissance intercellulaire, ce type de communication joue
un rôle crucial dans des processus comme le développement
embryonnaire et la réponse immunitaire.
Dans de nombreux cas, la cellule qui doit émettre un message sécrète des molécules messagères. Certaines de ces molécules parcourent seulement de courtes distances ; il s’agit de
régulateurs locaux qui agissent sur les cellules avoisinantes.
Les facteurs de croissance, une catégorie de régulateurs locaux
que l’on trouve chez les Animaux, sont des composés qui
incitent des cellules cibles adjacentes à croître et à se diviser.
De nombreuses cellules peuvent recevoir des facteurs de croissance libérés par une seule cellule située dans le voisinage et
y répondre. Chez les Animaux, cette sorte de communication
locale et généralement de courte durée est appelée communication paracrine (figure 11.5a). Dans certaines situations (des
cellules tumorales, par exemple), il arrive même que les molécules influent sur la cellule qui les a émises : on parle alors de
communication autocrine. Le système nerveux des Animaux est
le siège d’un autre type de communication locale spécialisée,
appelée communication synaptique (figure 11.5b). Un potentiel électrique (signal électrique) propagé le long du neurone
déclenche la sécrétion de molécules de neurotransmetteurs
(un type de signal chimique) dans la fente synaptique – l’espace étroit séparant le neurone et la cellule cible (habituellement un autre neurone) – et provoque une réaction dans la
cellule cible. Chez les Végétaux, certaines facettes de la communication locale demeurent mystérieuses. À cause de la paroi
cellulaire, les mécanismes de communication locale sont
quelque peu distincts de ceux des Animaux.
Les Animaux, comme les Végétaux, font appel à des hormones pour communiquer à distance. Au cours de la communication hormonale animale, aussi connue sous le nom de
communication endocrine, des cellules spécialisées libèrent des
hormones dans les vaisseaux du système cardiovasculaire, qui
les acheminent vers les cellules cibles (figure 11.5c). Chez les
Végétaux, les hormones (souvent appelées régulateurs de croissance) empruntent parfois les tissus conducteurs de sève,
mais, la plupart du temps, elles atteignent leur destination en
m  Figure 11.3 La communication entre bactéries. Les Myxobactéries,
un ordre de bactéries vivant dans le sol, utilisent des signaux chimiques
pour échanger de l’information sur la disponibilité des nutriments. Lorsque
les aliments sont rares, les cellules affamées sécrètent une molécule qui
pousse les bactéries adjacentes à s’agréger, formant ainsi une structure
appelée appareil sporifère qui produit des spores à paroi épaisse capables
de survivre jusqu’à ce que les conditions de l’environnement s’améliorent.
Les bactéries qu’on voit ici sont des Myxococcus xanthus (étapes 1 à 3,
MEB ; photo du bas, micrographie à fluorescence).
Cellules individuelles en forme
de bâtonnets
1
Structure productrice de spores
(appareil sporifère)
Appareils sporifères
3
Agrégation en cours
2
0,5 mm
(25 w)
2,5 mm
(3,5 w)
m  Figure 11.4 La communication intercellulaire par contact direct.
Membranes plasmiques
Jonctions ouvertes reliant
les cytoplasmes de
deux cellules animales
Plasmodesmes reliant
les cytoplasmes de
deux cellules végétales
(a)
(b)
Jonctions cellulaires. Les Animaux et les Végétaux possèdent
des jonctions cellulaires permettant à des molécules de passer
directement d’une cellule à une autre qui lui est contiguë, et ce,
sans avoir à traverser la membrane plasmique.
Reconnaissance intercellulaire. Deux cellules animales
peuvent établir un contact direct et communiquer entre elles
par l’entremise de molécules membranaires.
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