Introduction générale
13
et à la fragmentation des composés associés aux microplastiques ou même à la décompositio n
des plastiques elles-mêmes. Ces déchets microscopiques issus de la fragmentation des
emballages et autres détritus sont des concentrateurs de polluants et deviennent également des
substrats de prolifération microbienne gorgés de polluants qu’ils adsorbent en mer, ces
microplastiques sont ingérés par le plancton, les poissons, les oiseaux marins avec à terme des
risques d'impact sur notre chaîne alimentaire. Colonisés par des microorganismes et dispersés
par les courants, ces microplastiques sont également à l’origine de l’apparition d’espèces
invasives qui peuvent éventuellement menacer la biodiversité marine (Caruso, 2015).
La nature des répercussions possibles de ces microplastiques sur la biodiversité marine n’est
pas encore bien connue en raison de la diversité de ces produits, de leurs tailles, de leurs formes,
de leurs compositions chimiques complexes, de leurs propriétés physico-chimiques, de leurs
transformations, mais dans tous les cas, ils présentent une menace certaine pour les écosystèmes
marins ainsi que pour la santé humaine. De récentes études indiquent que le plastique, dans le
milieu marin, peut adsorber des niveaux extrêmement élevés de Polluants Organiques
Persistants (POPs) (Tang, 2021), et des éléments traces métalliques (Rochman et al., 2014).
En effet, (Zarfl et al., 2011) ont montré que les microplastiques augmentent la concentratio n
des polluants adsorbés à une concentration qui peut être supérieure à 106 dans le milieu. Ces
polluants adsorbés Aux microplastiques sont capables d'être ingérés et transférés à travers la
chaine trophique à la faune.
En méditerranée, cette question est cruciale compte tenu de la spécificité de ce bassin. En
effet, cette mer semi-fermée dans laquelle se concentre une population de l’ordre de 427. 10 6
en 2000 et une estimation de 523.7 10 6 d’habitants en 2025, de 143. 10 6 d’habitants en zone
littorale avec plus de 175 millions en été (Galgani et al., 2013). La moitié des villes de plus de
100 000 habitants ne possèdent pas de station d’épuration et plus de 80% des décharges côtières
ne sont pas contrôlées (Maatouk, 2014).
Provenant principalement de nos déchets dispersés depuis le continent vers la mer par les
fleuves et le vent, les débris de plastiques s’accumulent régulièrement en méditerranée d’où la
nécessité d’enrayer cet afflux dès aujourd'hui. Cette situation est devenue un danger sociétal et
économique d’urgence pour l'avenir des populations méditerranéennes.
Les quelques études qui ont été réalisées sur cette question sur des régions de la méditerranée,
essentiellement sur la rive nord, ont permis de rendre visible et concret l’un des principaux
dangers qui pèsent aujourd’hui sur cette mer. Ces travaux ont conduit à une première estimat io n
: 290. 10 9 de microplastiques dérivent en Méditerranée dans les 10 à 15 premiers centimètres
d’eau (Pedrotti et al., 2014). Sur la rive Sud, l’évaluation de la pollution par les microplastiq ues
est rare.
La question des déchets en méditerrané ne se limite pas à un pays ou une région, mais elle doit
englober l’ensemble des états de ce bassin, car la gestion des déchets est une question globale
en raison de la circulation courantologie qui permet de transporter et de disperser facile me nt
sur l’ensemble du bassin Méditerranéen. C’est la raison pour laquelle chaque pays doit avoir
un état des lieux de la pollution par ces déchets sur son littoral et surtout d’identifier claireme nt
Précédent

Etude de l\'évaluation quantitative et qualitative des microplastiques sur les côtes algériennes - 13/145

Suivant