Chapitre I : Revue bibliographique
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I.5.8.2.2. Les biocides non oxydants :
Les biocides non oxydants disposent le plus souvent un mode opératoire sélectif contre les
bactéries. Pour cette raison, il est recommandé d'alterner deux biocides non oxydants avec un
mode de traitement en choc. Cette méthode permet d'éviter le développement de résistances à
ces biocides dans les circuits traités. De plus, ils se caractérisent par l'avantage d'avoir un faible
pouvoir corrosif. Ces biocides comprennent le DBNPA (2,2-dibromo-3-nitro-propianoamide)
en alternance avec l'isothiazolone qui se révèle moins efficace que le chlore ou le dioxyde de
chlore contre la L. pneumophila.
D'autres biocides non oxydants sont également utilisés, tels que les amines et les aldéhydes. Ils
exigent cependant une application à haute dose et une durée suffisamment longue afin d'obtenir
des résultats significatifs, notamment contre L. pneumophila.
I.5.8.3. Décontamination biologique
L. pneumophila est connue pour sa capacité à se reproduire au sein de certaines souches
d'amibes (Yamamoto, et al., 1992; Ohno, Kato, Sakamoto, Kimura, & Yamaguchi, 2008).
Dans une étude récente il a été démontré que Willaertia magna C2c Maky, une amibe non
pathogène, a la capacité d'éliminer la souche L. pneumophila (Paris, Philadelphie et Lens) et il
est envisagé pour être proposé en tant que biocide naturel pour le traitement des tours de
refroidissement. L. pneumophila intracellulaire est efficacement éliminée par W. magna C2c
Maky à 22 °C et 37 °C. Les résultats des expériences révèlent en effet non seulement la nonréplication, mais encore l'élimination des souches intracellulaires de Lens, Paris et Philadelphie
dans cette amibe au bout de 24 h. A noter que la souche Philadelphia est selon la norme
européenne EN 13623, la seule souche pour laquelle des tests sont requis pour valider un
désinfectant contre les légionelles en Europe (Hasni, et al., 2020). Par ailleurs, W. magna C2c
Maky n'est associé à aucune infection humaine ou animale, ce qui est cohérent avec l'absence
de pathogénicité démontrée in vivo et suggérée par l'analyse génomique (Hasni, et al., 2019).
Cet organisme est certainement un candidat sûr et efficace pour la lutte contre les légionelles
dans les tours de refroidissement et pourrait constituer une solution alternative aux biocides
chimiques.
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