Introduction
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Introduction
Depuis le début de l'ère industrielle, l’atmosphère a connu une augmentation du CO2 d’origine
anthropique qui est considérée comme le principal facteur responsable du changement
climatique actuel (GIEC, 2018). Les niveaux atmosphériques du CO2 ont augmenté de plus de
40 % passant de 280 ppm
1 avant la révolution industrielle, à 415 ppm en 2019 (Urbini et al.,
2020). Les émissions anthropiques de CO2 ne sont pas sans conséquences sur le milieu marin;
élévation de la température des eaux (Abraham et al., 2013) qui provoque la fonte des glaces
de la banquise (diminution de 2,7 ± 0,6 % par décennie dans l’océan Arctique (GIEC, 2007))
et l’élévation du niveau de la mer (43–84 cm, voire 2 m (Bamber et al., 2019; GIEC, 2019))
ainsi qu’un déséquilibre des écosystèmes pélagiques et du cycle du carbone (Herrmann et al.,
2014). La circulation thermohaline, régulatrice du climat mondial, notamment le phénomène
de formation d’eaux profondes, risque aussi d’être fortement impactée (Somot et al., 2006).
L’océan est un réservoir qui joue un rôle primordial dans la régulation des concentrations
atmosphériques en CO2 et dans l’atténuation des conséquences des changements climatiques,
sur les 10 Gt (1Gt =10
15 g) de carbone émises annuellement par les activités anthropiques,
entre 2004 et 2013, l’océan en absorbe 20 à 30 % (GIEC, 2019; Le Quéré et al., 2015). Ceci
correspond à un inventaire total du carbone anthropique séquestré, depuis la période
préindustrielle jusqu’à l’année 2010, de 155 ± 31 Pg C (De Vries, 2014; Khatiwala et al.,
2013). Entre 2009 et 2018, le puits de CO2 océanique a été estimé égal à 2,5 ± 0,6 PgC.an
– 1
(Friedlingstein et al., 2019).
Le CO2 séquestré n’est pas sans conséquences sur le milieu océanique : la concentration en
ions bicarbonate et la concentration en carbone inorganique dissous augmentent, tandis que le
pH, la concentration en ions carbonate et l'état de saturation des minéraux carbonatés présents
dans l'eau de mer diminuent (Urbini et al., 2020). Au rythme actuel, le pH est en train de
diminuer avec un taux de 0,018 unité pH/décennie (Lauvset et al., 2015) et est susceptible de
baisser de 0,036 à 0,29 unités entre 2006 et la fin du 21
ème siècle (Gattuso et al., 2015). Ce
phénomène, appelé communément acidification des océans, représente une menace
importante pour les organismes et les écosystèmes marins ( Feely et al., 2004; Kroeker et al.,
2013) en particulier sur les organismes calcifiants (Kleypas et al., 1999), car il a des impacts
négatifs sur la formation des tests calcaires (Gattuso et al., 2015).
1 ppm désigne parties par million
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Reconstitution du cycle saisonnier de la pression partielle du CO2 en Méditerranée durant l’année 2011 - 12/87

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