Introduction
L’eau n’est pas seulement une ressource destinée à la consommation humaine, c’est également
composante essentielle de tous les organismes vivants et de tous les écosystèmes. Elle traverse
les paysages et constitue des milieux de vie riches à forte valeur patrimoniale (Sigg et al., 2001).
Les réserves disponibles d’eaux naturelles comprennent l’eaux de surface stagnantes (lacs,
retenues de barrages), l’eaux souterraines (infiltration, nappes), ou en écoulement (rivières,
fleuves) et l’eaux de mer (Malleviale et Chambole,1990).
En raison de leurs utilisations multiples, les ressources en eau sont fortement dégradées, des
pollutions ponctuelles et diffuses ont conduit à une modification des caractéristiques physicochimiques, microbiologiques et une répercussion très forte sur la biodiversité aquatique
(Malmqvist et Rundle, 2002 ; Sweeneyet al., 2004). De nouvelles niches écologiques sont
apparues suite au rejet dans l'environnement de déchets industriels toxiques constitués
généralement d'un mélange de métaux lourds, de composés organiques et d'hydrocarbures
(Monchy, 2007).
Les métaux lourds, composés stables et hautement persistants, sont des contaminants de
l'environnement; qui peuvent être accumulés et transférés aux organismes supérieurs des réseaux
trophiques entrainant de sérieux problèmes écologiques et de santé publique (DeForest et al.,
2007, Croteau et al., 2005). Certains métaux sont souvent toxiques à faible concentration (Mills
and Colwell,1977) et les microorganismes sont les premiers organismes affectés par cette
toxicité(Giller et al., 1998).
Une exposition des microorganismes à des concentrations toxiques en contaminants métalliques,
sous leur forme bio-disponible, favorise d’une part, la croissance des bactéries portant des gènes
spécifiques de résistances ou détriment des bactéries sensibles et d’autre part, le transfert de
gènes de résistance au sein des communautés bactériennes (Gadd, 1992).
Pour faire face à la persistance de métaux lourds dans l’environnement, les bactéries ont
élaborées plusieurs mécanismes qui leur permettent de persister et/ou de croitre, ces mécanismes
étant dans plusieurs cas véhiculés par des plasmides (Silver, 1996).
Barcina et al. (1997) et Arana et al. (1997) ont montré que les bactéries porteuses de plasmides
survivent mieux que les bactéries démunies a cause des multiples propriétés véhiculées par ces
éléments génétiques. La possibilité du transfert de leur caractères de résistance dans
l’environnement extérieur a inquiété la communauté scientifique, à cause des risques
écologiques et sanitaires, et a enclenchée des études expérimentales sur ces sujets (Endo et al.,
2002).
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