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HISTOIRE NATURELLE.
pèdes, soit qu’ils se réunissent furtivement et à l‘écart dans l’état sauvage, soit qu‘ils se trouvent
rassemblés avec indifférence ou regret sous l’empire de l’homme et attroupés en domestiques ou en
esclaves, nous ne pourrons
les comparer aux grandes sociétés des Oiseaux formées par un p… in—
,
stinct, entretenues par goût, par affection, sous les auspices de la pleine liberté. Nous avons vu les
‘
_
Pigeons chérir leur commun domicile et s’y plaire d’autant plus qu’ils y sont plus nombreux; nous
voyons
les Cailles se rassembler, se reconnaître, donner et suivre l’avis général du départ; nous sa— .
—
vous que les Oiseaux gallinacés ont, même dans l’état sauvage, des habitudes sociales que la domesticité n’a fait que seconder, sans contraindre leur nature; enn nousvoyons tous les Oiseaux qui se
sont écartés dans les bois ou dispersés dans les champs s’attrouper à l’arrière-saison, et, après
avoir égayé de leurs jeux les derniers beauxjours de l’automne, partir de concert pour aller chercher
ensemble des climats plus heureux et des hivers plus tempérés; et: tout cela s’exécute indépendam—
'
ment de l’homme, quoique alentour de lui, et.sans qu’il puisse y mettre obstacle, au lieu qu’il anéan.
tit ou contraint toute société, toute volonté commune dans les animaux quadrupédes : en les détruisant, il les a dispersés. La marmotte, sociale par instinct, se trouve reléguée, solitaire, a la cime des
montagnes; le Castor, encore plus aimant, plus uni, et presque police, a été repoussé dans le fond
des déserts. L’homme a détruit ou prévenu toute société entre les animaux; il a éteint celle du Che—
val en soumettant l’espèce entière au frein; il a gêné celle même de l’Éléphant, malgré la puissance
et la force de ce géant des animaux, malgré son refus constant de produire en domesticité. Les Oi—
seaux seuls ont échappé àla domination du tyran; il n’a rien pu sur leur société, qui est aussi lib-re
que l’empire de l’air; toutes ses atteintes ne peuvent porter que sur la vie des individus; il en diminue le nombre, mais l’espèce ne souffre que cet échec, et ne perd ni la liberté, ni son instinct, m ses
mœurs. Il y a même des Oiseaux que nous ne connaissons que par les effets de cet instinct social, et
que nous ne voyons que dans les moments de l’attroupement général et de leur réunion en grandecompagnie. Telle est en général la société de la plupart des genres d’Oiseaux d’eau, et en particulier de presque
tous ceux de la famille des Charadrinés. (BUFFON.)
_
Fig. 160. — Pluvier armé.
Les Charadrinés, en général, sont des Oiseaux de rivage qui fréquententhabituellement
le bord
de‘
.
la mer, les embouchures des euves et des rivières, les marais maritimes et les prairies humides:
llS
se nourrissent de Crustacés, de petits Mollusques marins qu’ils saisissent dans les sables des greves
HISTOIRE NATURELLE.
pèdes, soit qu’ils se réunissent furtivement et à l‘écart dans l’état sauvage, soit qu‘ils se trouvent
rassemblés avec indifférence ou regret sous l’empire de l’homme et attroupés en domestiques ou en
esclaves, nous ne pourrons
les comparer aux grandes sociétés des Oiseaux formées par un p… in—
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stinct, entretenues par goût, par affection, sous les auspices de la pleine liberté. Nous avons vu les
‘
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Pigeons chérir leur commun domicile et s’y plaire d’autant plus qu’ils y sont plus nombreux; nous
voyons
les Cailles se rassembler, se reconnaître, donner et suivre l’avis général du départ; nous sa— .
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vous que les Oiseaux gallinacés ont, même dans l’état sauvage, des habitudes sociales que la domesticité n’a fait que seconder, sans contraindre leur nature; enn nousvoyons tous les Oiseaux qui se
sont écartés dans les bois ou dispersés dans les champs s’attrouper à l’arrière-saison, et, après
avoir égayé de leurs jeux les derniers beauxjours de l’automne, partir de concert pour aller chercher
ensemble des climats plus heureux et des hivers plus tempérés; et: tout cela s’exécute indépendam—
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ment de l’homme, quoique alentour de lui, et.sans qu’il puisse y mettre obstacle, au lieu qu’il anéan.
tit ou contraint toute société, toute volonté commune dans les animaux quadrupédes : en les détruisant, il les a dispersés. La marmotte, sociale par instinct, se trouve reléguée, solitaire, a la cime des
montagnes; le Castor, encore plus aimant, plus uni, et presque police, a été repoussé dans le fond
des déserts. L’homme a détruit ou prévenu toute société entre les animaux; il a éteint celle du Che—
val en soumettant l’espèce entière au frein; il a gêné celle même de l’Éléphant, malgré la puissance
et la force de ce géant des animaux, malgré son refus constant de produire en domesticité. Les Oi—
seaux seuls ont échappé àla domination du tyran; il n’a rien pu sur leur société, qui est aussi lib-re
que l’empire de l’air; toutes ses atteintes ne peuvent porter que sur la vie des individus; il en diminue le nombre, mais l’espèce ne souffre que cet échec, et ne perd ni la liberté, ni son instinct, m ses
mœurs. Il y a même des Oiseaux que nous ne connaissons que par les effets de cet instinct social, et
que nous ne voyons que dans les moments de l’attroupement général et de leur réunion en grandecompagnie. Telle est en général la société de la plupart des genres d’Oiseaux d’eau, et en particulier de presque
tous ceux de la famille des Charadrinés. (BUFFON.)
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Fig. 160. — Pluvier armé.
Les Charadrinés, en général, sont des Oiseaux de rivage qui fréquententhabituellement
le bord
de‘
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la mer, les embouchures des euves et des rivières, les marais maritimes et les prairies humides:
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se nourrissent de Crustacés, de petits Mollusques marins qu’ils saisissent dans les sables des greves
