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lllSTOIRE NÀTUBELLE.
placé les Tantalidæ, renfermés par
lui dans ses Ærdeidœ, par une nouvelle famille, celle des Palamedeidæ, système que nous adoptons.
Lesson, après en avoir détaché ses lirmantogalles, composes des Galhnogralles, Agamis et Outardes, qu’il y comprenait d’abord, les a réduits à deux sous-ordres : —— 1° Echassrers macrodaetyles;
——
2° Echassiers vrais.
M. lsidore Geoffroy Saint—Hilaire les divise en quatre sous-ordres : —— l° Déodactvles, —— 2° Héro.
dactyles, — 5° l’alamodactyles,
[t° Macrodactyles.
Le docteur Beichenbach les distingue en : —— l° Ballarice, —— 2° Fulicariæ, —— 5° Gallinirostres, —— 4° llÏagnirostree, -— 5° Longirostres, —— 6° Subnatateres.
Enfin M. Ch. Bonaparte went d’en faire deux grandes tribus, qu’il regarde à peu près comme pa—
rallèles entre elles, sous les noms de : — l° Cursores, —-— 9.° Alectorides; la première renfermant
'
huit familles : -— l° Otididæ, —— 2° C/zaradriidæ, — 5° Glarcolidœ, — 4° Hœnmtopodidæ, —
5° Clzionididæ, —— 6°Recurvirostridœ, — 7° Phalaropodidæ, — 8° Sealopacidre; la seconde les
familles suivantes : —— i° Psophoiidæ, — 2° Guidæ, — 5° Cariamiclœ, —— 4° Palamedeidæ, -—
5° Par7‘âdœ, —— 6° Ballitlt‘e.
Nous ne terminerons pas ces généralités sans dire quelques mots sur les œufs des Échassiers,
considérés soit comme objets dénourriture, soit comme objets de simple curiosité.
L’époque de l’incubation est un temps de persécution pour une foule d’Oiseaux échassiers et na—
geurs.
Le chasseur passionné, quelque heureux, quelque infatigahlc qu’il puisse être, le tireur ou
pierrier qui, d’un seul coup, en tue quatre à cinq douzaines et en estrc—pie le double, détruisent dix
fois moins d’Oiseaux que le maraudeur qui court les bois, les marais, les bruyères, les vallées, les
rochers, les précipices, pour s’emparer des œufs et les vendre aux gourmands ou aux curieux.
du Vanneau huppé sont un article deluxe très—recherché en Angleterre; ils abondentdans
les marais de l’Écosse et du Yorkshire, dans les tourbières de l’lrlande, dans les garennes sableu—
neuses du Yorkshire, dans les marécages du Lincolnshire et du Cambridgcshire, d’où ils sont natu—
rellement apportés a Londres. Ce commerce est si fructueux, qu’on va jusqu’à dresser des Chiens
pour l’entretenir.
Les œufs ont encore pour plus grand ennemi ailé la Corneille mantelée, qui épie l’instant où une
couveuse quitte momentanément son nid pour fondre sur sa proie, qu’elle emporte transpercée au
bout de son bec en dépit des cris et des dispositions belliqueuses de nombreuses troupes de Vanneaux, qui unissent leurs efforts contre l’ennemi commun.
Les œufs du Combattant, du Chevalier aux pieds rouges, du Pluvier doré, de beaucoup d’autres
Éehassiers vermivores et de plusieurs espèces de Mouettes et (l’llirondelles de mer, ressemblent
presque
exactement a ceux du Vanneau; aussi les marchands les font—ils souvent passer lesuns
pour
les autres; au reste, cette tromperie a peu d’importance, puisqu’ils sont tous également déli—
cats. Toutefois, quand ces derniers ne sont point parfaitement frais, ils ont un goût de Poisson peu
agréable pour un palais rafné.
Les œufs du Goéland à manteau noir, du Guillemot, du Pingouintorde, sont l’objet d‘un trac im—
portant sur les côtes britanniques, dont les précipices où ces Oiseaux vont pondre sont constamment
explorés, pendant les moisde mai et de juin, par de hardis escaladeurs (cragsmen), initiés dès
leur jeunesse a cette dangereuse industrie.
Mais le trac des œufs, considérés comme un article de nourriture, se borne, en dénitive, à un
petit nombre d’espèces d’Oiseaux. Le haut prix qu’en payent les curieux a contribué bien davantage
à la diminution de nos espèces les plus rares. Qu’en est—il advenu‘! c’est que des charlatans n’ont
que pendant trop longtemps fait d'excellentes affaires par la vente d’œufs contrefaits des espèces les
plus estimées, et cette fraude a été souvent si habilement pratiquée, que d’honnétes marchands,
qui se attaient de connaître toutes les ruses du métier, et qui pour rien au monde n’auraient voulu
tromper leurs acheteurs, y
ont été pris. Cet art mcnsonger, en effet, a été poussé à un degré sur—
prenant de perfection. D’abord, la nuance extérieure de beaucoup d’oeufs les plus communs, comme
ceux des Clés et des Dindons, est enlevée au moyen de procédés chimiques; puis on leur donne la
teinte du fond et les taches de l’œuf qu’on veut imiter avec une exactitude si parfaite, que
non-seu—
lement les amateurs les prendraient pour des échantillons d’un cabinet d’histoire naturelle, mais que
les plus instruits de nos ovologistes y seraient eux—mêmes attrapés. (Revue britannique, 1855.)
lllSTOIRE NÀTUBELLE.
placé les Tantalidæ, renfermés par
lui dans ses Ærdeidœ, par une nouvelle famille, celle des Palamedeidæ, système que nous adoptons.
Lesson, après en avoir détaché ses lirmantogalles, composes des Galhnogralles, Agamis et Outardes, qu’il y comprenait d’abord, les a réduits à deux sous-ordres : —— 1° Echassrers macrodaetyles;
——
2° Echassiers vrais.
M. lsidore Geoffroy Saint—Hilaire les divise en quatre sous-ordres : —— l° Déodactvles, —— 2° Héro.
dactyles, — 5° l’alamodactyles,
[t° Macrodactyles.
Le docteur Beichenbach les distingue en : —— l° Ballarice, —— 2° Fulicariæ, —— 5° Gallinirostres, —— 4° llÏagnirostree, -— 5° Longirostres, —— 6° Subnatateres.
Enfin M. Ch. Bonaparte went d’en faire deux grandes tribus, qu’il regarde à peu près comme pa—
rallèles entre elles, sous les noms de : — l° Cursores, —-— 9.° Alectorides; la première renfermant
'
huit familles : -— l° Otididæ, —— 2° C/zaradriidæ, — 5° Glarcolidœ, — 4° Hœnmtopodidæ, —
5° Clzionididæ, —— 6°Recurvirostridœ, — 7° Phalaropodidæ, — 8° Sealopacidre; la seconde les
familles suivantes : —— i° Psophoiidæ, — 2° Guidæ, — 5° Cariamiclœ, —— 4° Palamedeidæ, -—
5° Par7‘âdœ, —— 6° Ballitlt‘e.
Nous ne terminerons pas ces généralités sans dire quelques mots sur les œufs des Échassiers,
considérés soit comme objets dénourriture, soit comme objets de simple curiosité.
L’époque de l’incubation est un temps de persécution pour une foule d’Oiseaux échassiers et na—
geurs.
Le chasseur passionné, quelque heureux, quelque infatigahlc qu’il puisse être, le tireur ou
pierrier qui, d’un seul coup, en tue quatre à cinq douzaines et en estrc—pie le double, détruisent dix
fois moins d’Oiseaux que le maraudeur qui court les bois, les marais, les bruyères, les vallées, les
rochers, les précipices, pour s’emparer des œufs et les vendre aux gourmands ou aux curieux.
du Vanneau huppé sont un article deluxe très—recherché en Angleterre; ils abondentdans
les marais de l’Écosse et du Yorkshire, dans les tourbières de l’lrlande, dans les garennes sableu—
neuses du Yorkshire, dans les marécages du Lincolnshire et du Cambridgcshire, d’où ils sont natu—
rellement apportés a Londres. Ce commerce est si fructueux, qu’on va jusqu’à dresser des Chiens
pour l’entretenir.
Les œufs ont encore pour plus grand ennemi ailé la Corneille mantelée, qui épie l’instant où une
couveuse quitte momentanément son nid pour fondre sur sa proie, qu’elle emporte transpercée au
bout de son bec en dépit des cris et des dispositions belliqueuses de nombreuses troupes de Vanneaux, qui unissent leurs efforts contre l’ennemi commun.
Les œufs du Combattant, du Chevalier aux pieds rouges, du Pluvier doré, de beaucoup d’autres
Éehassiers vermivores et de plusieurs espèces de Mouettes et (l’llirondelles de mer, ressemblent
presque
exactement a ceux du Vanneau; aussi les marchands les font—ils souvent passer lesuns
pour
les autres; au reste, cette tromperie a peu d’importance, puisqu’ils sont tous également déli—
cats. Toutefois, quand ces derniers ne sont point parfaitement frais, ils ont un goût de Poisson peu
agréable pour un palais rafné.
Les œufs du Goéland à manteau noir, du Guillemot, du Pingouintorde, sont l’objet d‘un trac im—
portant sur les côtes britanniques, dont les précipices où ces Oiseaux vont pondre sont constamment
explorés, pendant les moisde mai et de juin, par de hardis escaladeurs (cragsmen), initiés dès
leur jeunesse a cette dangereuse industrie.
Mais le trac des œufs, considérés comme un article de nourriture, se borne, en dénitive, à un
petit nombre d’espèces d’Oiseaux. Le haut prix qu’en payent les curieux a contribué bien davantage
à la diminution de nos espèces les plus rares. Qu’en est—il advenu‘! c’est que des charlatans n’ont
que pendant trop longtemps fait d'excellentes affaires par la vente d’œufs contrefaits des espèces les
plus estimées, et cette fraude a été souvent si habilement pratiquée, que d’honnétes marchands,
qui se attaient de connaître toutes les ruses du métier, et qui pour rien au monde n’auraient voulu
tromper leurs acheteurs, y
ont été pris. Cet art mcnsonger, en effet, a été poussé à un degré sur—
prenant de perfection. D’abord, la nuance extérieure de beaucoup d’oeufs les plus communs, comme
ceux des Clés et des Dindons, est enlevée au moyen de procédés chimiques; puis on leur donne la
teinte du fond et les taches de l’œuf qu’on veut imiter avec une exactitude si parfaite, que
non-seu—
lement les amateurs les prendraient pour des échantillons d’un cabinet d’histoire naturelle, mais que
les plus instruits de nos ovologistes y seraient eux—mêmes attrapés. (Revue britannique, 1855.)
