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Hydrologie qu ant it ative
1.1 Evolution des conceptions du cycle de l'eau
Le cycle de l'eau a ete de to ut te mps un objet de fascination pour l'h omm e.
L'echelle plan et aire a laquelle il foncti onn e le rend difficile a appre hender dans
sa globalite. Cet te ea u qui to mbe ou qui coule doit bien veni r de quelqu e part ,
mais d 'ou ? De quel st ock appa remment inepui sabl e ? Cet ocean qui se remplit
sans cesse par l'alim ent ation des rivieres et pourtant ne deborde jamais, c'est
1' « ant ique question » forrnul ee dan s l'Ancien Testament. D 'ou vient l'energie
necessaire a tou t ce mouvement ap paremment perpetuel ? Le rythme saisonnier, mais aussi la variabili t e extreme de l'ab ond anc e et de la rarete des plui es,
la violence des debordement s brut au x des rivieres, comment cela pourrait-il
et re aut re chose que l'effet de la colere des dieux ? Le myst ere des profondeurs
des lacs, la peur de la noyad e comme le plaisir de la baignad e, la presence souterraine de l'eau , son imp ort an ce essent ielle pour la vie, pour les ecosystemes
comme pour les activites hu main es, tout ceci a mis l'eau au centre des mythes
de l'humani te, de ses cosmogonies, de ses phil osophi es aut ant qu e de ses rites
et de sa vie quotidienn e [261
2 .
La com pre hens ion du cycle de l'eau , te lle que nou s l'apprehend ons aujour -
d 'hui, n' est longtemps pas allee de soi. Po ur ne s'en te nir qu 'au x cult ures occident ales, si Arist ote en avait une idee qui nou s semble aujour d' hui clair e, Pl aton
en reva nche en avait une image tres differente de la notre (figur e 1.1) [3821 ; plus
eto nna nt , cet te representation n 'est merne pas encore stabilisee pour Descartes,
pourt ant homme de methode, cur ieusement en ret ard sur Bern ard de P alissy,
l'homme de la ceramique mais aussi des font ain es, ou Pascal , celui du pari ,
de la machine a calculer et de l'equilibre hydrost at ique, et bien d 'au tres. Le
XVIIe et surtout le XVIIIe siecles ont vu l'ernergen ce d'une appro che qu antifiee
et des premieres te ntatives de verification que les termes mesures du bilan hydrologiqu e sont coherents avec ces repr esent ations. Ainsi l'astronome Edmond
Halley, qui donna son nom a un e comete, chercha a mon trer que l'evaporation
sur la surface de la mer mediterran eenn e equilibrait les apports des fleuves : il
te ntait enfin de repondre par la preuve a l'an tique question . La hard iesse de
son calcul des debit s des fleuves qu i se jet te nt dans la Medit erran ee, par extrapolation a parti r d 'un ordre de grandeur du debi t de la Tamise qui coule a ses
pieds, ou bien l'im age que, des brumes de Greenwich, il se faisait de la te mperature moyenn e annuelle de la Mediterran ee (3000 ! alors que la realit e est plu s
pro che de 16°0 ), t out ceci pr et e a sour ire aujour d' hui. Il veut t est er l'hypo these
d 'un equilibre autonome de cette mer sans echa nges significat ifs avec l'ocean
Atl an tique. Au vu de ses calculs, il considere qu 'elle n 'est « pas invalid ee » . Elle
est gro ssierernent err onee, on le sait aujour d 'hui. Ma is qu 'import e, le mal etait
fait : le demon de la qu antification de ce cycle de l'eau avait pri s les savants
et ne nou s qui ttera plu s, jusqu 'a vous, honorable lect eur. Et Ma riotte, celui du
2. L 'a nnexe 1.1 (los a n nex es so nt presentees sur le DV D-ROM jo int it cet ouv rage) ra pp elle
la richesse de cette presence symboli que de l'eau dans les tentatives humaines de donner un
sens a u Mo nd e.
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