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14. « Fleur typique » et cas limites : un bilan
évolution remarquable entre les partenaires, sur laquelle il est nécessaire d’insister dans ce bilan. Il s’agit en
général d’un insecte (entomophilie) ou d’un oiseau (ornithophilie), cas fréquent dans les régions tropicales. Cette
adaptation améliore la précision de la rencontre pollen-stigmate :
– en ce qui concerne la plante, la fleur émet des signaux visuels (formes, couleurs) et olfactifs ; elle produit des
appâts alimentaires (nectar riche en saccharose) qui tendent à fidéliser le butineur et évitent un mélange d’espèces
qui serait inopérant ;
– en ce qui concerne l’animal, les transformations portent surtout sur le mode nutritionnel. Une illustration en est
fournie par les oiseaux nectarivores comme les colibris ; leur long bec muni d’une langue en gouttière leur permet
d’atteindre et de prélever les sécrétions sucrées au fond des corolles. Ils sont, de plus, capables d’un très
caractéristique vol sur-place devant la fleur. L’olfaction étant peu développée chez les oiseaux, les fleurs sont peu
odorantes ; elles sont souvent rouges, couleur à laquelle l’œil de ces animaux est très sensible (à la différence de
celui des abeilles par exemple). Les insectes les plus adaptés à la pollinisation sont les Hyménoptères et les
Lépidoptères, dont les pièces buccales sont aptes à atteindre le nectar accumulé au fond des tubes ou éperons des
corolles. Les abeilles ont aussi des brosses sur leurs pattes postérieures qui permettent la collecte du pollen en plus
de celle du nectar.
Il existe des «fleurs généralistes», comme les renoncules qui sont visitées par des espèces variées; d’autres sont
«spécialisées», en particulier, chez les Gamopétales et les Orchidées. Elles sont adaptées à un petit nombre de
partenaires, à la limite à un seul. L’exemple le plus connu est le vanillier. La fleur est donc, pour l’animal, un leurre qui
l’attire et le retient suffisamment, pour le charger de pollen; celui-ci sera transporté sur une autre fleur.
Les insectes butineurs. Les insectes les plus spécialisés pour le transport du pollen et assurer la fécondation croisée sont les Hyménoptères
(abeilles) et les Lépidoptères (papillons).
Les abeilles récoltent à la fois le nectar et le pollen. Au moyen de leurs pièces buccales formant un appareil lécheur, elles absorbent le nectar
dans leur jabot qu’elles régurgitent à la ruche. D’autres ouvrières, les ventileuses, concentrent la solution sucrée et transforme en miel (on
estime qu’un kilo de miel correspond à 800 000 fleurs visitées et qu’une ruche produit 20-30 kg de miel par an). Le comportement des
abeilles a été découvert par K. Von Frisch, prix nobel de médecine 1973, qui précise « volant de fleurs en fleurs, elles transmettent, éleveurs
inconscients, le pollen au stigmate, provoquant ainsi la fécondation. Et il en a été ainsi sur la Terre longtemps avant que l’homme ne cueille
le premier bouquet ».
Les papillons aspirent le nectar par une longue trompe formée par les maxilles qui leur permet d’aller au fond des éperons floraux remplis de
liquide sucré. Au repos, ils maintiennent cette trompe sous la tête, enroulée en spirale.
Les butineurs sont sensibles aux pesticides qui sont déversés en abondance car de nombreuses plantes cultivées, comme le blé, sont
autofécondes, ce qui est dommageable pour les espèces à fécondation croisée et oblige parfois à apporter des ruches à proximité de ces cultures.
La spécialisation est ici telle qu’ils seraient incapables de vivre sans les fleurs et inversement, exemple typique d’interdépence animauxplantes et coévolution.
Ornithogamie
stigmates
étamines
vol stationnaire
bec
à langue
aspirante
style
Entomogamie
éperon nectarifère
trompe
pollinie
14 6a
14 6b
14-6. Coadaptations animal-fleur et pollinisation. a) Oiseau-mouche (colibri) dont le bec plonge dans une corolle d’une
fleur d’hibiscus. b) Papillon dont la trompe déroulée aspire le nectar de l’éperon d’une fleur d’orchidée (voir annexe 2) et se
charge des pollinies (flèche).
14.6a
14.6b
14. « Fleur typique » et cas limites : un bilan
évolution remarquable entre les partenaires, sur laquelle il est nécessaire d’insister dans ce bilan. Il s’agit en
général d’un insecte (entomophilie) ou d’un oiseau (ornithophilie), cas fréquent dans les régions tropicales. Cette
adaptation améliore la précision de la rencontre pollen-stigmate :
– en ce qui concerne la plante, la fleur émet des signaux visuels (formes, couleurs) et olfactifs ; elle produit des
appâts alimentaires (nectar riche en saccharose) qui tendent à fidéliser le butineur et évitent un mélange d’espèces
qui serait inopérant ;
– en ce qui concerne l’animal, les transformations portent surtout sur le mode nutritionnel. Une illustration en est
fournie par les oiseaux nectarivores comme les colibris ; leur long bec muni d’une langue en gouttière leur permet
d’atteindre et de prélever les sécrétions sucrées au fond des corolles. Ils sont, de plus, capables d’un très
caractéristique vol sur-place devant la fleur. L’olfaction étant peu développée chez les oiseaux, les fleurs sont peu
odorantes ; elles sont souvent rouges, couleur à laquelle l’œil de ces animaux est très sensible (à la différence de
celui des abeilles par exemple). Les insectes les plus adaptés à la pollinisation sont les Hyménoptères et les
Lépidoptères, dont les pièces buccales sont aptes à atteindre le nectar accumulé au fond des tubes ou éperons des
corolles. Les abeilles ont aussi des brosses sur leurs pattes postérieures qui permettent la collecte du pollen en plus
de celle du nectar.
Il existe des «fleurs généralistes», comme les renoncules qui sont visitées par des espèces variées; d’autres sont
«spécialisées», en particulier, chez les Gamopétales et les Orchidées. Elles sont adaptées à un petit nombre de
partenaires, à la limite à un seul. L’exemple le plus connu est le vanillier. La fleur est donc, pour l’animal, un leurre qui
l’attire et le retient suffisamment, pour le charger de pollen; celui-ci sera transporté sur une autre fleur.
Les insectes butineurs. Les insectes les plus spécialisés pour le transport du pollen et assurer la fécondation croisée sont les Hyménoptères
(abeilles) et les Lépidoptères (papillons).
Les abeilles récoltent à la fois le nectar et le pollen. Au moyen de leurs pièces buccales formant un appareil lécheur, elles absorbent le nectar
dans leur jabot qu’elles régurgitent à la ruche. D’autres ouvrières, les ventileuses, concentrent la solution sucrée et transforme en miel (on
estime qu’un kilo de miel correspond à 800 000 fleurs visitées et qu’une ruche produit 20-30 kg de miel par an). Le comportement des
abeilles a été découvert par K. Von Frisch, prix nobel de médecine 1973, qui précise « volant de fleurs en fleurs, elles transmettent, éleveurs
inconscients, le pollen au stigmate, provoquant ainsi la fécondation. Et il en a été ainsi sur la Terre longtemps avant que l’homme ne cueille
le premier bouquet ».
Les papillons aspirent le nectar par une longue trompe formée par les maxilles qui leur permet d’aller au fond des éperons floraux remplis de
liquide sucré. Au repos, ils maintiennent cette trompe sous la tête, enroulée en spirale.
Les butineurs sont sensibles aux pesticides qui sont déversés en abondance car de nombreuses plantes cultivées, comme le blé, sont
autofécondes, ce qui est dommageable pour les espèces à fécondation croisée et oblige parfois à apporter des ruches à proximité de ces cultures.
La spécialisation est ici telle qu’ils seraient incapables de vivre sans les fleurs et inversement, exemple typique d’interdépence animauxplantes et coévolution.
Ornithogamie
stigmates
étamines
vol stationnaire
bec
à langue
aspirante
style
Entomogamie
éperon nectarifère
trompe
pollinie
14 6a
14 6b
14-6. Coadaptations animal-fleur et pollinisation. a) Oiseau-mouche (colibri) dont le bec plonge dans une corolle d’une
fleur d’hibiscus. b) Papillon dont la trompe déroulée aspire le nectar de l’éperon d’une fleur d’orchidée (voir annexe 2) et se
charge des pollinies (flèche).
14.6a
14.6b
