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1. Algues
Thalles cladomiens
Un degré plus élevé d’évolution est représenté par une structure très caractéristique des algues, le cladome. Un
cladome est une association de deux sortes de filaments : un axe engendré par une cellule initiale apicale dont la
croissance est indéfinie, et des rameaux latéraux, ou pleuridies (pleuros = côté), formées de cellules riches en plastes
issues d’une cellule initiale dont le fonctionnement est temporaire.
Les pleuridies ont donc une croissance limitée. Elles sont en général d’autant plus développées qu’elles sont loin
de l’apex des axes, ce qui donne à l’ensemble un port approximativement pyramidal ou en « arbre de Noël » et
suggère l’existence de phénomènes de dominance apicale. Sur ce cladome qualifié de cladome primaire, des cladomes secondaires, puis tertiaires, etc. peuvent se développer ensuite.
Le thalle cladomien est une structure qui met en jeu des relations intercellulaires hiérarchisées. Une telle organisation évoque (préfigure ?) sous une forme rudimentaire celle d’un rameau feuillé de plante supérieure : l’axe et
les pleuridies ressemblant respectivement à la tige, dont la croissance est indéfinie, et aux feuilles, dont la croissance
est limitée et le rôle assimilateur.
L’organisation cladomienne produit des formes élégantes et très découpées, bien représentées en particulier chez
les Algues Rouges (utilisées pour cette raison comme élément de décoration en collage et sous-verres). L’évolution
a apporté des modifications aux cladomes typiques. De nombreuses espèces édifient des thalles dans lesquels des
condensations d’axes et des soudures des pleuridies transforment plus ou moins profondément l’organisation cladomienne de base. Il en résulte des lames diversement profilées, des cordons plus ou moins massifs qu’on observe
chez les algues les plus évoluées.
Les characées
Les Characées constituent une famille d’algues vertes d’eau douce, formant un groupe isolé, remarquable à la fois
par son ancienneté (apparu dès le silurien) et le degré relativement évolué de son organisation. Le thalle est un
cladome qui s’accroît par une cellule initiale apicale. Elle engendre une file de segments formés par une alternance
de nœuds très courts et d’entre-nœuds constitués par une très longue cellule à plusieurs noyaux. Le cloisonnement
des cellules nodales produit des axes secondaires semblables à ceux des axes primaires et des rameaux latéraux
courts, verticillés, à croissance définie, les pleuridies, parfois appelées « feuilles ». Les genres les plus communs
sont les charas et les nitelles fréquents dans les mares.
L’analyse moléculaire indique que ce groupe serait à l’origine des plantes terrestres vasculaires qui ont émergées
il y a environ 480 millions d’années. Les séquences d’ADN et des sous-unités du rARN montrent que les plantes
vasculaires et les Characées forment un groupe monophyllétique (voir figure 5-24).
1-36. Cladome de Chara.
Port d’un segment de plante et
coupe longitudinale d’un apex.
̈
cellule initiale
ébauche de
pleuride
verticille
de pleurides
(« feuilles »)
axe
coenocytique
1. Algues
Thalles cladomiens
Un degré plus élevé d’évolution est représenté par une structure très caractéristique des algues, le cladome. Un
cladome est une association de deux sortes de filaments : un axe engendré par une cellule initiale apicale dont la
croissance est indéfinie, et des rameaux latéraux, ou pleuridies (pleuros = côté), formées de cellules riches en plastes
issues d’une cellule initiale dont le fonctionnement est temporaire.
Les pleuridies ont donc une croissance limitée. Elles sont en général d’autant plus développées qu’elles sont loin
de l’apex des axes, ce qui donne à l’ensemble un port approximativement pyramidal ou en « arbre de Noël » et
suggère l’existence de phénomènes de dominance apicale. Sur ce cladome qualifié de cladome primaire, des cladomes secondaires, puis tertiaires, etc. peuvent se développer ensuite.
Le thalle cladomien est une structure qui met en jeu des relations intercellulaires hiérarchisées. Une telle organisation évoque (préfigure ?) sous une forme rudimentaire celle d’un rameau feuillé de plante supérieure : l’axe et
les pleuridies ressemblant respectivement à la tige, dont la croissance est indéfinie, et aux feuilles, dont la croissance
est limitée et le rôle assimilateur.
L’organisation cladomienne produit des formes élégantes et très découpées, bien représentées en particulier chez
les Algues Rouges (utilisées pour cette raison comme élément de décoration en collage et sous-verres). L’évolution
a apporté des modifications aux cladomes typiques. De nombreuses espèces édifient des thalles dans lesquels des
condensations d’axes et des soudures des pleuridies transforment plus ou moins profondément l’organisation cladomienne de base. Il en résulte des lames diversement profilées, des cordons plus ou moins massifs qu’on observe
chez les algues les plus évoluées.
Les characées
Les Characées constituent une famille d’algues vertes d’eau douce, formant un groupe isolé, remarquable à la fois
par son ancienneté (apparu dès le silurien) et le degré relativement évolué de son organisation. Le thalle est un
cladome qui s’accroît par une cellule initiale apicale. Elle engendre une file de segments formés par une alternance
de nœuds très courts et d’entre-nœuds constitués par une très longue cellule à plusieurs noyaux. Le cloisonnement
des cellules nodales produit des axes secondaires semblables à ceux des axes primaires et des rameaux latéraux
courts, verticillés, à croissance définie, les pleuridies, parfois appelées « feuilles ». Les genres les plus communs
sont les charas et les nitelles fréquents dans les mares.
L’analyse moléculaire indique que ce groupe serait à l’origine des plantes terrestres vasculaires qui ont émergées
il y a environ 480 millions d’années. Les séquences d’ADN et des sous-unités du rARN montrent que les plantes
vasculaires et les Characées forment un groupe monophyllétique (voir figure 5-24).
1-36. Cladome de Chara.
Port d’un segment de plante et
coupe longitudinale d’un apex.
̈
cellule initiale
ébauche de
pleuride
verticille
de pleurides
(« feuilles »)
axe
coenocytique
