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1. Algues
Colonies et groupements cellulaires
Les végétaux dont l’organisme est formé de cellules associées constituent les Métaphytes. Ils dérivent des Protophytes et s’y rattachent par des formes intermédiaires dont le nombre de cellules est réduit et le mode de groupement
lâche. Les Métaphytes les plus primitifs sont de simples agrégats où toutes les unités sont semblables (colonies
isocellulaires) et, à la limite, peuvent retrouver leur indépendance. Une vie pluricellulaire plus élaborée impose
aux éléments unis une certaine coordination. Il s’installe une polarité permettant par exemple une orientation des
déplacements. Lorsque le nombre des unités augmente et que l’intégration devient plus grande, la vie sociale impose
une différenciation cellulaire : une séparation de certaines fonctions se produit, qui se marque par des différences
structurales entre les cellules (colonies hétérocellulaires).
Les cénobes (koinos = commun) sont des colonies cellulaires constituées de cellules nées les unes des autres par
divisions. Ils sont en général adaptés à la vie aquatique. La pandorine est une masse globuleuse de quatre à seize
cellules maintenues ensemble par une enveloppe mucilagineuse commune. Chaque cellule est semblable à un Chlamydomonas. Le cénobe du Scenedesmus n’est pas flagellé. Chez Pediastrum, la colonie, également non flagellée,
a la forme d’un disque plat. Les cénobes de Volvox sont des associations globuleuses de 10-20 000 cellules biflagellées se déplaçant de façon coordonnée (orientée) en eau douce.
Les pleurocoques sont aériens. Ils forment la poussière verte commune sur les faces les plus exposées à la pluie
des troncs d’arbre. Cette poussière est constituée de cellules ressemblant à des chlorelles mais restant après division
groupées par deux, quatre, huit ou plus. Certaines forment des agrégats massifs ou de courts filaments ramifiés.
Ces amas se dissocient par simple action mécanique. Il s’agit d’une forme rudimentaire de vie pluricellulaire d’où
le nom d’archéthalle donné à de tels groupements peu structurés.
Les algues présentent des sociétés cellulaires qui vont de l’interdépendance à la complexité et à l’intégration progressive. Cela révèle une plasticité et une capacité d’auto-organisation évolutive qui permet au programme de
développement de se dérouler à des niveaux différents et d’aboutir à des macro-algues complexes.
Les fucus, les laminaires ou les sargasses montrent une division du travail physiologique très poussée (cellules
assimilatrices, cellules conductrices, initiales, crampons de fixation, flotteurs...) (cf p. 10 et planche 2, cahier couleur). Il se développe des systèmes d’échanges et de signaux de reconnaissance intercellulaire et une structuration
spécifique résultant de l’expression différentielle des génomes.
Phytoplancton
La répartition des écosystèmes océaniques est totalement différente de celle observée en milieu continental. Elle
y est avant tout conditionnée par la teneur en sels nutritifs, en particulier en phosphates. Les zones les plus productives se rencontrent sur les plateaux continentaux des mers sud-arctiques et les récifs de coraux. À l’opposé,
les étendues pélagiques tropicales ont une production primaire très faible, ne dépassant pas 30 g de C par m
2 et
par an : elles constituent de véritables déserts océaniques.
Quelques écosystèmes de surface en général peu étendue, riches en éléments biogènes, atteignent des productivités
primaires nettes qui approchent celles des cultures terrestres à hauts rendements. C’est le cas de certains marécages,
de zones d’estuaires et de régions où des courants font remonter les sels minéraux des eaux profondes (phénomène
d’upwelling, dans le Pacifique, au large du Mexique, par exemple).
La densité n’est pas uniforme en surface des mers. Il y a des zones de concentration du phytoplancton, des taches
dont la formation est liée au broutage par le zooplancton et aussi des variations dues à des facteurs physiques.
Enfin, il existe des variations saisonnières du phytoplancton avec poussées printanières, chute en été due à la diminution des facteurs minéraux et remontées en automne ; le zooplancton consommateur a une évolution semblable,
décalée dans le temps.
La majorité des micro-algues appartient au phytoplancton marin ou d’eau douce ; la plupart des macro-algues sont
fixées au fond du littoral (phytobenthos), sauf les sargasses qui sont flottantes (voir p. 10).
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