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Étudier une coupe fine fiche 102
L'étude d'une coupe fine d'un organisme ou d'un organe animal implique plusieurs étapes. Son observation est réalisée successivement à l'œil nu, au stéréomicroscope et au microscope photonique , de
manière à appréhender la forme générale de l'objet, l'agencement des grands ensembles qui le composent le cas échéant , puis d'identifier les constituants tissulaires, leur importance relative et leurs relations, avant d'accéder aux caractéristiques des cellules.
Figure 1. L'examen au stéréomicroscope : de la forme générale aux grands ensembles Le
grossissement du stéréomicroscope autorise l'observation d'une coupe histologique dans sa totalité.
Dans ces conditions, il est possible de discerner l'éventuelle présence d'un tégument sur le pourtour de
la section, caractéristique d'une coupe d'organisme entier. Outre la forme générale de la coupe et des
organes qui la composent, les dimensions relatives des structures peuvent être estimées. Les organes
creux possédant une large lumière, comme les constituants du tube digestif ou les voies respiratoires
extrapulmonaires, peuvent être distingués des organes massifs qui en sont dépourvus , comme les
glandes endocrines, les muscles ou les squelettes internes rigides.
Figures 2. et 4 . L'étude aux faibles grossissements du microscope photonique : de
l'importance relative des tissus à leur reconnaissance Le microscope photonique, en complément
du stéréomicroscope, permet d'identifier les tissus animaux composant les organes ou les systèmes,
respectivement ensembles pluritissulaires ou constitués principalement d'un type de tissu.
Dimensions et accolement des cellules, développement du matériel extracellulaire, présence de canaux
ou de vaisseaux sont des caractères contribuant à la reconnaissance des tissus (tissus épithélial de
revêtement ou glandulaire, conjonctif, musculaire et nerveux). Leurs abondances respectives sont fréquemment liées à la fonction des organes : protection et échange, sécrétion, soutien et amortissement,
mobilité, information etc. Ainsi un organe possédant un épithélium épais et/ou muni d'un revêtement
rigide a un rôle protecteur comme c'est le cas de l'épiderme, pluristratifié chez les Vertébrés et simple
chez les autres Métazoaires. Lorsque la paroi d'un organe est riche en tissu musculaire, il est fortement
contractile comme l'estomac, le gésier ou encore les artères musculaires.
Figures 3. et 5. L'observation aux forts grossissements du microscope photonique :
l'identification des particularités des cellules Les forts grossissements du microscope photonique
donnent accès aux caractéristiques des cellules.
Jointives, elles sont de type épithélial et peuvent être impliquées dans la protection, les échanges ou
la sécrétion. La présence de différenciations apicales comme la bordure en brosse, ou basales comme
les striations, témoigne d'une spécialisation dans la fonction d'échange de même qu'une taille importante, signe d'une forte activité métabolique. Les pneumocytes et les cellules épithéliales branchiales,
impliqués dans les échanges gazeux respiratoires, ne possèdent cependant aucun de ces caractères. Les
cellules sécrétrices, de même que les cellules spécialisées dans le stockage de substances de réserve,
sont caractérisées par des dimensions généralement importantes ainsi que la présence de produits
accumulés sous forme de grains et de vésicules de sécrétion, ou de gouttelettes. La mobilité est assurée par des cellules contractiles, allongées et possédant un abondant cytosquelette matérialisé par une
striation transversale lorsque son agencement est très régulier, ou une ciliature épithéliale apicale. Le
soutien implique des cellules produisant ou entretenant un matériel extracellulaire abondant et baignées
dans cette matrice, ou des cellules turgescentes associées à une enveloppe inextensible. Les neurones,
spécialisés dans la transmission de l'information nerveuse, sont caractérisés par la possession d'un
volumineux corps cellulaire et de multiples expansions fibreuses. Les cellules circulantes entrant dans
la composition du sang, de l'hémolymphe ou du liquide cœlomique, sont pour leur part isolées, formant
un tissu dissocié .
L'analyse d'une coupe fine d'organisme ou d 'organe animal nécessite donc un examen à plusieurs
échelles et des allers-retours multiples entre les niveaux d'organisation. Ils permettent d'identifier les
tissus sur la base des caractéristiques des cellules qui les composent, les organes à partir de l'abon -
dance des tissus qui les constituent, et les organismes en fonction des particularités des structures
qu'ils contiennent.
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