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4 • Variabilité génotypique et variabilité phénotypique
tions et la variabilité entre les « races ». Le programme informatique
STRUCTURE est basé sur un modèle mathématique qui permet de classer
les génotypes en fonction du type de microsatellite dont on connaît l’emplacement exact sur le génome. STRUCTURE classe alors ces polymorphismes en quatre groupes sans tenir compte de la « race » apparente supposée
de l’individu. Une telle classification démontre de notables différences
entre le génotypage et le phénotype, c’est-à-dire la « race » apparente 1 .
Les gènes de l’homme et du singe sont identiques à 2-4 % prés, et
pourtant les phénotypes sont clairement distincts ne serait-ce que sur des
points aussi essentiels que le langage. Une première hypothèse serait qu’il
existe en fait des différences importantes dans la partie anonyme du
génome portant sur les séquences régulatrices des gènes lesquelles ne sont
en fait pas identifiables en tant que telles. Une seconde explication est que
les différences entre homme et singe seraient en fait localisées en des
endroits déterminants pour l’activité fonctionnelle, il suffit de peu de
chose. Enfin, un trait génétique comme le langage, la taille n’est pas le produit de l’activité d’un seul gène, mais celui de l’activité de plusieurs gènes.
C’est le caractère combinatoire et hiérarchisé des gènes et, probablement,
certaines données épigénétiques, qui créent la diversité et qui font l’homme
si différent du singe alors que leurs génomes sont si semblables.
La race est un sous-type de l’espèce. Deux êtres sont d’une espèce
différente lorsqu’ils ne peuvent se reproduire l’un avec l’autre (fig. 36).
Ce n’est pas le cas pour les races. Les races animales sont le fruit d’isolements, rarement géographiques, plus souvent voulus par l’homme
lui-même pour assurer une fonction précise. Le phénotype y est toujours très précis. Génétiquement parlant, l’espèce Homo sapiens est à la
fois trop homogène et d’apparition trop récente et les « races » humaines sont des créations socio-économiques et historiques qui reflètent
1. 63 % des Ethiopiens par exemple rentrent dans le même groupe que celui des
privilégiés, les caucasiens…, avec les Norvégiens, mais aussi avec 21 % des AfroCaribbéens, soulignant, s’il le fallait, la réalité des échanges ethniques. Classer
Chinois et Papous dans le groupe Asiatique, comme cela se fait, est, génétiquement parlant, un non sens.
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