448 B IOLOGIE CELLULAIRE
À la lisière du monde vivant, qui est clairement
défini par son dénominateur commun, la cellule, il
existe un vaste ensemble d’entités variées, non
vivantes, mais qui partagent de nombreuses caractéristiques avec les êtres vivants, et interfèrent avec
leurs processus physiologiques. Cet univers, qui
est abordé par les mêmes méthodes et avec les
mêmes concepts que ceux employés en biologie
cellulaire et moléculaire, comprend plusieurs
types d’éléments génétiques d’organisation souvent très simple, puisque certains sont réduits, à la
limite, à une seule molécule. Par ordre croissant de
complexité, on distingue les viroïdes, les plasmides et les Virus ; tous ces «êtres » ne peuvent se
reproduire seuls et sont totalement dépendants
des cellules vivantes pour leur multiplication et
l’accomplissement de leur cycle.
Les viroïdes et les plasmides sont des entités
autoréplicatives réduites à leur seul matériel génétique, qui restent toujours confinées dans la cellule-hôte et font l’objet d’une transmission
essentiellement verticale. Malgré une grande simplicité de leur architecture en général, et bien qu’ils
soient des parasites obligatoires, les Virus présentent une phase libre dans leur cycle de reproduction, pendant laquelle leur matériel génétique est
protégé par au moins une coque protéique. Enfin,
on ne peut pas ne pas évoquer, dans ce chapitre, la
question très actuelle des prions ou, plus exactement, des agents transmissibles non conventionnels (ATNC) ; ces particules infectieuses pourraient
ne pas être dotées de matériel génétique propre.
Les Virus étant responsables de nombreuses
pathologies graves chez les Animaux et l’Homme,
la virologie a d’abord été essentiellement une discipline médicale. La découverte des mécanismes
moléculaires de leur reproduction, qui sont semblables à ceux des cellules qu’ils parasitent, a
conduit, dans les années 60, à rapprocher la virologie de la biologie moléculaire, dont elle est désormais une branche à part entière. Plus récemment,
c’est grâce à l’étude de la biogenèse des Virus au
sein des cellules eucaryotiques que de nombreux
problèmes de biologie cellulaire ont pu être abordés. En effet, en raison de leur simplicité d’organisation, de la brièveté de leur cycle, et parce qu’ils
détournent à leur seul profit la machinerie de la
cellule-hôte, les Virus constituent un outil très
puissant d’analyse expérimentale.
1. VIROÏDES ET PLASMIDES
1.1. Viroïdes
On pensait jusqu’en 1967, que les plus petits
agents infectieux chez les plantes et les Animaux
étaient les Virus. C’est alors que l’on a découvert
une nouvelle catégorie d’agents pathogènes intracellulaires, autoreproductibles et non protégés par
une capside:les viroïdes. Ces entités sont responsables d’une quinzaine de maladies des plantes,
plus ou moins graves, parmi lesquelles on peut
citer le Cadang-Cadang du cocotier qui a détruit
des palmeraies entières, ce qui a engendré des
conséquences économiques très graves ; de nomChapitre 15
AUX CONFINS
DU MONDE VIVANT :
VIROÏDES, PLASMIDES
ET VIRUS
La question des prions
À la lisière du monde vivant, qui est clairement
défini par son dénominateur commun, la cellule, il
existe un vaste ensemble d’entités variées, non
vivantes, mais qui partagent de nombreuses caractéristiques avec les êtres vivants, et interfèrent avec
leurs processus physiologiques. Cet univers, qui
est abordé par les mêmes méthodes et avec les
mêmes concepts que ceux employés en biologie
cellulaire et moléculaire, comprend plusieurs
types d’éléments génétiques d’organisation souvent très simple, puisque certains sont réduits, à la
limite, à une seule molécule. Par ordre croissant de
complexité, on distingue les viroïdes, les plasmides et les Virus ; tous ces «êtres » ne peuvent se
reproduire seuls et sont totalement dépendants
des cellules vivantes pour leur multiplication et
l’accomplissement de leur cycle.
Les viroïdes et les plasmides sont des entités
autoréplicatives réduites à leur seul matériel génétique, qui restent toujours confinées dans la cellule-hôte et font l’objet d’une transmission
essentiellement verticale. Malgré une grande simplicité de leur architecture en général, et bien qu’ils
soient des parasites obligatoires, les Virus présentent une phase libre dans leur cycle de reproduction, pendant laquelle leur matériel génétique est
protégé par au moins une coque protéique. Enfin,
on ne peut pas ne pas évoquer, dans ce chapitre, la
question très actuelle des prions ou, plus exactement, des agents transmissibles non conventionnels (ATNC) ; ces particules infectieuses pourraient
ne pas être dotées de matériel génétique propre.
Les Virus étant responsables de nombreuses
pathologies graves chez les Animaux et l’Homme,
la virologie a d’abord été essentiellement une discipline médicale. La découverte des mécanismes
moléculaires de leur reproduction, qui sont semblables à ceux des cellules qu’ils parasitent, a
conduit, dans les années 60, à rapprocher la virologie de la biologie moléculaire, dont elle est désormais une branche à part entière. Plus récemment,
c’est grâce à l’étude de la biogenèse des Virus au
sein des cellules eucaryotiques que de nombreux
problèmes de biologie cellulaire ont pu être abordés. En effet, en raison de leur simplicité d’organisation, de la brièveté de leur cycle, et parce qu’ils
détournent à leur seul profit la machinerie de la
cellule-hôte, les Virus constituent un outil très
puissant d’analyse expérimentale.
1. VIROÏDES ET PLASMIDES
1.1. Viroïdes
On pensait jusqu’en 1967, que les plus petits
agents infectieux chez les plantes et les Animaux
étaient les Virus. C’est alors que l’on a découvert
une nouvelle catégorie d’agents pathogènes intracellulaires, autoreproductibles et non protégés par
une capside:les viroïdes. Ces entités sont responsables d’une quinzaine de maladies des plantes,
plus ou moins graves, parmi lesquelles on peut
citer le Cadang-Cadang du cocotier qui a détruit
des palmeraies entières, ce qui a engendré des
conséquences économiques très graves ; de nomChapitre 15
AUX CONFINS
DU MONDE VIVANT :
VIROÏDES, PLASMIDES
ET VIRUS
La question des prions
