2. O RGANISATION CELLULAIRE
23
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
Il est banal aujourd’hui de dire que la cellule
représente l’« unité de vie », l’élément fondamental
de tout être vivant, simple ou complexe, bactérien,
animal ou végétal. Cette affirmation repose actuellement sur deux évidences : 1) tous les êtres
vivants connus existent sous une forme cellulaire
et 2) toute cellule dérive par division d’une cellule
préexistante. La notion moderne de cellule est
relativement récente (150 ans), même si les premières observations de cellules remontent au
XVII
e
siècle. Il faut aussi se souvenir que la notion
de génération spontanée, selon laquelle une cellule
peut naître spontanément au sein d’une «humeur
organique », comme un cristal dans une solution,
abandonnée pour les cellules complexes dès 1855,
restait encore en vigueur pour les Bactéries longtemps après cette date. Ce fut un des derniers sursauts du vitalisme, vigoureusement combattu par
P ASTEUR et T YNDALL.
Le concept de cellule, qui unifie le monde
vivant, recouvre en fait une réalité plus complexe
puisque deux plans d’organisation cellulaire existent, séparant le monde biologique actuel en deux
grands groupes. Sur une simple base structurale,
on distingue les Procaryotes, ou cellules à «noyau
primitif », et les Eucaryotes, ou cellules «à noyau
vrai », qui constituent les êtres pluricellulaires
Animaux et Végétaux ainsi que les Champignons
et les Protistes. De nombreuses caractéristiques,
autres que celles relevant du noyau, permettent en
fait de différencier ces deux groupes ; nous verrons aussi que cette dichotomie structurale ne
reflète pas une réalité évolutive, comme le montre
un nombre croissant d’études de biochimie et de
biologie moléculaire.
Les cellules telles que nous les connaissons
n’ont pas toujours existé sur notre planète. Au
cours de l’histoire de la vie, qui dure depuis environ 4 milliards d’années, il s’est nécessairement
trouvé une période initiale où des structures chimiques possédaient certaines propriétés attribuées
à la vie sans qu’on puisse les qualifier d’êtres
vivants et sans qu’une structure cellulaire classique puisse être reconnue. (Voir chapitre 16).
1. HISTORIQUE DE LA NOTION
DE CELLULE
1.1. Premières observations.
La théorie tissulaire
La découverte de l’organisation cellulaire de
tous les êtres vivants est étroitement liée aux progrès des instruments d’optique. Le microscope
composé, constitué de deux lentilles, a été mis au
point à la fin du XVI
e
siècle ( figure 2.1) ; son grossissement atteignait alors 150 à 200 fois. Son utilisation a permis à H OOKE de décrire (1665) pour la
première fois l’organisation alvéolaire de fins
copeaux de liège : il propose le mot «cellule » (du
latin cellula : petite chambre), pour désigner les
minuscules cavités géométriques qu’il découvre (il
s’agit en fait de cellules végétales mortes, dont il a
observé les parois). Ces structures sont ensuite
observées dans de très nombreux autres tissus
végétaux : M ALPIGHI et G REW y décrivent, entre
Chapitre 2
ORGANISATION CELLULAIRE
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
Il est banal aujourd’hui de dire que la cellule
représente l’« unité de vie », l’élément fondamental
de tout être vivant, simple ou complexe, bactérien,
animal ou végétal. Cette affirmation repose actuellement sur deux évidences : 1) tous les êtres
vivants connus existent sous une forme cellulaire
et 2) toute cellule dérive par division d’une cellule
préexistante. La notion moderne de cellule est
relativement récente (150 ans), même si les premières observations de cellules remontent au
XVII
e
siècle. Il faut aussi se souvenir que la notion
de génération spontanée, selon laquelle une cellule
peut naître spontanément au sein d’une «humeur
organique », comme un cristal dans une solution,
abandonnée pour les cellules complexes dès 1855,
restait encore en vigueur pour les Bactéries longtemps après cette date. Ce fut un des derniers sursauts du vitalisme, vigoureusement combattu par
P ASTEUR et T YNDALL.
Le concept de cellule, qui unifie le monde
vivant, recouvre en fait une réalité plus complexe
puisque deux plans d’organisation cellulaire existent, séparant le monde biologique actuel en deux
grands groupes. Sur une simple base structurale,
on distingue les Procaryotes, ou cellules à «noyau
primitif », et les Eucaryotes, ou cellules «à noyau
vrai », qui constituent les êtres pluricellulaires
Animaux et Végétaux ainsi que les Champignons
et les Protistes. De nombreuses caractéristiques,
autres que celles relevant du noyau, permettent en
fait de différencier ces deux groupes ; nous verrons aussi que cette dichotomie structurale ne
reflète pas une réalité évolutive, comme le montre
un nombre croissant d’études de biochimie et de
biologie moléculaire.
Les cellules telles que nous les connaissons
n’ont pas toujours existé sur notre planète. Au
cours de l’histoire de la vie, qui dure depuis environ 4 milliards d’années, il s’est nécessairement
trouvé une période initiale où des structures chimiques possédaient certaines propriétés attribuées
à la vie sans qu’on puisse les qualifier d’êtres
vivants et sans qu’une structure cellulaire classique puisse être reconnue. (Voir chapitre 16).
1. HISTORIQUE DE LA NOTION
DE CELLULE
1.1. Premières observations.
La théorie tissulaire
La découverte de l’organisation cellulaire de
tous les êtres vivants est étroitement liée aux progrès des instruments d’optique. Le microscope
composé, constitué de deux lentilles, a été mis au
point à la fin du XVI
e
siècle ( figure 2.1) ; son grossissement atteignait alors 150 à 200 fois. Son utilisation a permis à H OOKE de décrire (1665) pour la
première fois l’organisation alvéolaire de fins
copeaux de liège : il propose le mot «cellule » (du
latin cellula : petite chambre), pour désigner les
minuscules cavités géométriques qu’il découvre (il
s’agit en fait de cellules végétales mortes, dont il a
observé les parois). Ces structures sont ensuite
observées dans de très nombreux autres tissus
végétaux : M ALPIGHI et G REW y décrivent, entre
Chapitre 2
ORGANISATION CELLULAIRE
