Le commentaire de carte
77
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
formée de terrains métamorphiques précambriens (?) à
dévoniens ployés tardivement en dôme.
Au sud de la zone axiale affleure une large zone de terrains paléozoïques (Ordovicien, Dévonien, Carbonifère inférieur (h1)), constituant un empilement de nappes (Nappes
du versant sud), à séries renversées, décollées de la zone
axiale et mises en place au cours du Viséen sup. – Namurien.
Des dépôts néogènes (m), continentaux à marins
peu profond, occupent les parties basses du Languedoc
(V fig. 8­3) et sont recouverts de formations continentales
(fluviatiles) pliocènes et quaternaires incisés par l’Hérault
et l’Orb et leurs affluents (sud de la carte, fig. 8­1 et 8­3).
Sous ces dépôts néogènes apparaissent des terrains
méso­ et cénozoïques (Paléogène) déformés lors de l’orogenèse pyrénéenne (écailles de Saint Chinian, coin SW de la
carte, IVbis fig. 8­3).
Enfin un système volcanique plio­quaternaire – la chaîne
de l’Escandorgue – essentiellement basaltique (cônes, coulées, dykes et série volcano­sédimentaires associées), orienté
NS, s’étale depuis la région des causses (VI fig. 8­3) (Larzac
sud) jusque dans les plaines du Languedoc.
b) Les principales structures tectoniques
Des failles NE­SW à ENE­WSW affectant les terrains
ante­néogène (la faille des Cévennes par exemple) jouent
en failles normales, décrochantes (sénestre) et inverses.
Des failles de même direction dans le domaine nord de la
Montagne Noire, de type inverse à chevauchant (vergence
au SE), participent à la tectonique hercynienne.
Des failles EW, en bordure nord de la zone axiale de la
Montagne Noire fonctionnent en faille normale pendant
le Stéphanien permettant le dépôt de grés et de charbons
piégés dans un demi­graben.
Au sud de la zone axiale de la Montagne Noire des
accidents chevauchants (base de nappes) ENE­WSW et
des klippes affectant uniquement les terrains paléozoïques
soulignent l’empilement de nappes (gravitaires ?) du versant
sud, mises en place au cours du Viséen supérieur – Namurien
(fin de l’orogenèse hercynienne).
Quelques accidents plats affectant les terrains mésocénozoïques (Paléocène­Eocène), à vergence vers le nord
sont les témoins, dans la région de Saint Chinian, de la
tectonique pyrénéenne dans cette partie du Languedoc.
Enfin quelques failles normales ENE­WSW à NE­SW
en bordure du Néogène du Languedoc accompagnent l’extension oligo­miocène, largement développée vers le sud.
c) Les discordances : marqueurs de l’histoire
géologique
Les grandes étapes de l’histoire géologique d’une région
sont souvent marquées par des discontinuités accompagnées
de lacunes appelées discordances. Ici on peut en repérer plusieurs. Il s’agit de la discordance D1 à la base du Stéphanien
(h2), D2 à la base du Permien inférieur (r1), D3 à la base du
Trias (t), D4 à la base du Néogène (m) et D5 à la base des
formations volcaniques plio­quaternaires.
d) L’histoire géologique de la région
Elle se déroule sur une longue période de plus de 550 mA,
avec des événements remarquables depuis le Précambrien
jusqu’au Quaternaire.
– L’histoire paléozoïque est dominée par la formation
de la chaîne hercynienne au cours de laquelle les terrains précambriens et paléozoïques (Cambrien, Ordovicien,
Dévonien et Carbonifère inférieur – (Viséen Namurien))
sont déformés et métamorphisés dans une tectonique de collision avec mise en place de nappes à vergence sud, replissées
tardivement (bombement de la Zone Axiale de la Montagne
Noire) au cours du Westphalien. Postérieurement à la surrection de la chaîne se développe une tectonique extensive
qui crée de petits bassins continentaux, grés et charbons au
Carbonifère supérieur (Stéphanien) (discordance D1), et de
grés et pélites au Permien (discordance D2). Au cours de
cette période l’érosion très importante nivelle totalement les
reliefs et prépare la pénéplaine sur laquelle vont se déposer les
sédiments triasiques (discordance D3).
– L’histoire méso-cénozoïque donne à la région l’aspect
que nous observons aujourd’hui. C’est d’abord une longue
période de sédimentation continentale (Trias inf.) puis
marine (calcaires, marnes et dolomies) durant le Jurassique
– Crétacé inférieur sur la marge nord localement subsidente
de la Téthys occidentale. Le bassin des Causses formait alors
un golfe fortement subsident au nord de la région étudiée.
Les Causses émergent au cours du Crétacé inférieur. Le
bombement régional de « l’isthme durancien » au cours du
Crétacé supérieur provoque l’émersion du Languedoc et le
développement de bauxites. Des grés et des marnes et des
calcaires palustres se déposent pendant le Crétacé terminalÉocène dans la partie languedocienne. À l’Éocène terminal la
région entre en compression ; des plis et des chevauchements
superficiels (chevauchement de St. Chinian) (IV fig. 8­3) à
vergence se forment dans la partie Languedocienne ; plus au
nord à la même époque les failles NE­SW (anciennes failles
normales) jouent en décrochement sénestre (FC : failles des
Cévennes, fig. 8­3). À l’Oligocène – Miocène inférieur la
plateforme languedocienne soumise à une extension NW­SE
s’effondre avec la formation de fossés réutilisant les failles
majeures anciennes (FC). La morphologie régionale commence à se diversifier avec érosion des régions nord en surrection (Montagne Noire, Causse du Larzac). Enfin au cours du
Plio­Quaternaire se met en place un volcanisme basaltique
effusif (chaîne de l’Escandorgue) (VI fig. 8­3) dont les coulées
fossilisent une ancienne topographie (D5, fig. 8­3) largement
inversée dans le nord du Languedoc.
L’histoire géologique de cette région est complexe qui
se déroule sur plus de Ma, avec deux périodes tectoniques
compressives majeures (hercynienne et pyrénéenne) dans
un contexte sédimentaire localement actif (extension au
Stéphanien, Permien, Oligocène). Toutefois tous ces événements sont clairement identifiables sur la carte géologique
notamment grâce aux diverses discordances soulignées plus
haut.
Précédent

- 77/128

Suivant