CHAPITRE
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
Le commentaire de carte
18
L
e commentaire de carte décrit les éléments géologiques
remarquables du document étudié en s’appuyant :
– sur la lecture directe de la carte géologique,
– sur la coupe géologique fournie avec la carte ou réalisée par le lecteur,
– sur la colonne lithostratigraphique et la notice de la carte,
– sur le schéma structural.
L’objectif du commentaire de carte est de synthétiser
l’ensemble des informations consignées dans la carte géologique et sa notice et de produire un document récapitulatif
d’une part de la nature, de l’âge et de la disposition des principaux ensembles géologiques et d’autre part de l’histoire de
leur formation, de la déformation, et de leur transformation.
Pour réaliser un commentaire de carte il convient
d’insister :
– sur les marqueurs chronologiques majeurs (discordances, cachetage…) ;
– sur l’orientation et la nature des éléments structuraux
(plis, failles, chevauchements) ;
– sur les relations génétiques des ensembles magmatiques (intrusion plutonique, auréole de métamorphisme de
contact…) et volcaniques (édifices, coulées, dykes…).
Un commentaire de carte peut être fait sur tout document géologique quelle que soit son échelle. Le principe
de réalisation est toujours le même mais la dimension des
objets pris en compte variant, les conclusions du commentaire refléterons cette différence d’échelle.
À titre d’exemple nous avons choisi de faire un commentaire d’un extrait de la carte géologique de Montpellier
au 1/250 000 (fig. 82). À partir de cet extrait de carte
nous avons tiré un schéma structural (fig. 83, haut) et une
coupe schématique synthétique (fig. 83, bas). Pour aider à
la lecture nous présentons en introduction une carte topographique morphologique de la région (fig. 81).
L’exempLe du Secteur de Lodève
Relief et morphologie (fig. 8.1)
Le relief du secteur de Lodève entre, au nord le rebord méridional du plateau du Larzac (altitude 700 à 750 m) et, au
sud le piémont languedocien (altitude inférieure à 50 m) est
fortement contrasté. Il résulte de l’action du réseau hydrographique essentiellement méditerranéen réglé par l’Hérault
et par l’Orb, fleuves courts à forte pente à leur naissance.
Seule la Sorgue, au SW du Larzac à une destination vers
l’Atlantique. Une arête dorsale nordsud armée par la chaîne
volcanique de l’Escandorgue (cf. infra.) sépare les deux bassins versants. La Lergue et la Salagou, affluents en rive droite
de l’Hérault, ont dégagé les formations rouges permiennes et
provoqué la mise en relief du plateau de l’Auverne, ancienne
coulée volcanique. De son côté l’Orb et ses nombreux
affluents ont disséqué les divers terrains (primaires, et secondaires) situés à l’est des hauts reliefs de la Montagne Noire.
L’acquisition de cette morphologie complexe régionale
est le résultat d’une histoire qui débute au Crétacé (évolution karstique ancienne sur les causses), rajeunie au cours
du Tertiaire lors de la tectonique pyrénéenne. Mais elle ne
prend sa physionomie telle que nous la voyons aujourd’hui
qu’à partir du milieu du Tertiaire (Oligocène et Miocène) en
raison des mouvements verticaux différentiels qui provoquent
la surrection des causses et l’effondrement du domaine languedocien. La dernière retouche, au cours du Quaternaire,
certes spectaculaire, est toutefois modeste par rapport aux
formes antérieurement acquises. (Ambert P., 1994).
Géologie du secteur de Lodève
Il va du plateau calcaire du Larzac au nord (IV fig. 83,
haut) jusqu’à la plaine littorale du Languedoc (V fig. 83,
haut) au sud. Il s’appuie à l’ouest sur les terrains anciens de
la Montagne Noire (I fig. 83, haut) dont on voit le flanc
nord, la terminaison est de la Zone Axiale et le Monts du
versant sud. Entre le causse et la basse plaine s’insère le
bassin de permien de Lodève (III fig. 83, haut). L’Hérault
et ses affluents en rive droite et l’Orb et son dense réseau de
courts affluents drainent l’ensemble du secteur.
a) Les éléments remarquables
Une série sédimentaire horizontale, faillée, débutant avec le
Trias détritique continental et se terminant avec le Jurassique
supérieur calcaire marin, affleure largement au Nord et NE
(Causse du Larzac) (IV fig. 83 et fig. 82). Le Trias (t) repose
en discordance (D3) sur divers terrains (fig. 82 et fig. 83) :
– sur le Permien inférieur (r1) ou supérieur (r2), sur le
pourtour du bassin de Lodève ;
– sur des terrains plus anciens, paléozoïques sédimentaires et plutoniques (−M), (NW de la carte, fig. 82).
Des dépôts du Carbonifère supérieur (h5, Westphalien)
détritiques à charbon du bassin houiller de Graissessac, sont
coincés dans un demigraben EW, entre la zone axiale de
la Montagne Noire et les écailles de domaine nord de cette
même montagne (II fig. 83) ; ils reposent en discordance
(D1) au nord, sur les terrains paléozoïques plissés et écaillés
à vergence SE (I fig. 83).
Sur le bord ouest de la carte apparaît l’extrémité orientale de la zone axiale de la Montagne Noire (I fig. 83)
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
Le commentaire de carte
18
L
e commentaire de carte décrit les éléments géologiques
remarquables du document étudié en s’appuyant :
– sur la lecture directe de la carte géologique,
– sur la coupe géologique fournie avec la carte ou réalisée par le lecteur,
– sur la colonne lithostratigraphique et la notice de la carte,
– sur le schéma structural.
L’objectif du commentaire de carte est de synthétiser
l’ensemble des informations consignées dans la carte géologique et sa notice et de produire un document récapitulatif
d’une part de la nature, de l’âge et de la disposition des principaux ensembles géologiques et d’autre part de l’histoire de
leur formation, de la déformation, et de leur transformation.
Pour réaliser un commentaire de carte il convient
d’insister :
– sur les marqueurs chronologiques majeurs (discordances, cachetage…) ;
– sur l’orientation et la nature des éléments structuraux
(plis, failles, chevauchements) ;
– sur les relations génétiques des ensembles magmatiques (intrusion plutonique, auréole de métamorphisme de
contact…) et volcaniques (édifices, coulées, dykes…).
Un commentaire de carte peut être fait sur tout document géologique quelle que soit son échelle. Le principe
de réalisation est toujours le même mais la dimension des
objets pris en compte variant, les conclusions du commentaire refléterons cette différence d’échelle.
À titre d’exemple nous avons choisi de faire un commentaire d’un extrait de la carte géologique de Montpellier
au 1/250 000 (fig. 82). À partir de cet extrait de carte
nous avons tiré un schéma structural (fig. 83, haut) et une
coupe schématique synthétique (fig. 83, bas). Pour aider à
la lecture nous présentons en introduction une carte topographique morphologique de la région (fig. 81).
L’exempLe du Secteur de Lodève
Relief et morphologie (fig. 8.1)
Le relief du secteur de Lodève entre, au nord le rebord méridional du plateau du Larzac (altitude 700 à 750 m) et, au
sud le piémont languedocien (altitude inférieure à 50 m) est
fortement contrasté. Il résulte de l’action du réseau hydrographique essentiellement méditerranéen réglé par l’Hérault
et par l’Orb, fleuves courts à forte pente à leur naissance.
Seule la Sorgue, au SW du Larzac à une destination vers
l’Atlantique. Une arête dorsale nordsud armée par la chaîne
volcanique de l’Escandorgue (cf. infra.) sépare les deux bassins versants. La Lergue et la Salagou, affluents en rive droite
de l’Hérault, ont dégagé les formations rouges permiennes et
provoqué la mise en relief du plateau de l’Auverne, ancienne
coulée volcanique. De son côté l’Orb et ses nombreux
affluents ont disséqué les divers terrains (primaires, et secondaires) situés à l’est des hauts reliefs de la Montagne Noire.
L’acquisition de cette morphologie complexe régionale
est le résultat d’une histoire qui débute au Crétacé (évolution karstique ancienne sur les causses), rajeunie au cours
du Tertiaire lors de la tectonique pyrénéenne. Mais elle ne
prend sa physionomie telle que nous la voyons aujourd’hui
qu’à partir du milieu du Tertiaire (Oligocène et Miocène) en
raison des mouvements verticaux différentiels qui provoquent
la surrection des causses et l’effondrement du domaine languedocien. La dernière retouche, au cours du Quaternaire,
certes spectaculaire, est toutefois modeste par rapport aux
formes antérieurement acquises. (Ambert P., 1994).
Géologie du secteur de Lodève
Il va du plateau calcaire du Larzac au nord (IV fig. 83,
haut) jusqu’à la plaine littorale du Languedoc (V fig. 83,
haut) au sud. Il s’appuie à l’ouest sur les terrains anciens de
la Montagne Noire (I fig. 83, haut) dont on voit le flanc
nord, la terminaison est de la Zone Axiale et le Monts du
versant sud. Entre le causse et la basse plaine s’insère le
bassin de permien de Lodève (III fig. 83, haut). L’Hérault
et ses affluents en rive droite et l’Orb et son dense réseau de
courts affluents drainent l’ensemble du secteur.
a) Les éléments remarquables
Une série sédimentaire horizontale, faillée, débutant avec le
Trias détritique continental et se terminant avec le Jurassique
supérieur calcaire marin, affleure largement au Nord et NE
(Causse du Larzac) (IV fig. 83 et fig. 82). Le Trias (t) repose
en discordance (D3) sur divers terrains (fig. 82 et fig. 83) :
– sur le Permien inférieur (r1) ou supérieur (r2), sur le
pourtour du bassin de Lodève ;
– sur des terrains plus anciens, paléozoïques sédimentaires et plutoniques (−M), (NW de la carte, fig. 82).
Des dépôts du Carbonifère supérieur (h5, Westphalien)
détritiques à charbon du bassin houiller de Graissessac, sont
coincés dans un demigraben EW, entre la zone axiale de
la Montagne Noire et les écailles de domaine nord de cette
même montagne (II fig. 83) ; ils reposent en discordance
(D1) au nord, sur les terrains paléozoïques plissés et écaillés
à vergence SE (I fig. 83).
Sur le bord ouest de la carte apparaît l’extrémité orientale de la zone axiale de la Montagne Noire (I fig. 83)
