CHAPITRE
3
© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
En dehors des cartes géologiques détaillées (cartes à grande
échelle à 1/25 000, 1/50 000) dont il a été question jusqu’ici,
il existe des cartes géologiques de petite échelle (1/1 M, 1/5 M
et plus), représentant la géologie de pays entiers et même
l’intégralité de continents. Ces cartes se lisent, en partie,
comme les autres cartes grâce à leur codification internationale de couleurs et de symboles ; mais elles ne permettent pas
de réaliser des coupes détaillées car on ne peut pas accéder à
la connaissance des structures dont la construction est basée
sur les principes de relation entre topographie et traces des
surfaces géologiques (cf. chapitre 3). En revanche les cartes
à petite échelle, tout en simplifiant les détails, gardent les
traits géologiques essentiels des grandes régions telles que les
chaînes de montagne, les bassins sédimentaires, les boucliers
anciens ou les grands accidents des domaines continentaux.
Elles permettent également de relier la géologie continentale
à celle des domaines océaniques au travers des marges qui sont
mieux connues grâce aux données de plus en plus précises et
complètes, régulièrement acquises. Enfin, et c’est peut être un
des apports les plus intéressants de ces cartes géologiques à
grande échelle, c’est la visualisation des principaux éléments
géologiques (zones plissées, discordances, zone plutonisées,
chaînes volcaniques etc.) permettant la reconstitution de
l’histoire de la Terre, qui peut être mise en corrélation avec les
informations des cartes paléogéographiques (références en fin
du chapitre).
En prenant quelques exemples sur diverses cartes de
l’Atlas Géologique du Monde au 1/10 000 000 (UNESCO
– CCGM, 1976) nous proposons une lecture guidée permettant d’acquérir quelques éléments de méthode que
chacun modifiera et améliorera au cours de ses expériences
personnelles.
10.1 L’exempLe du continent
nord-américain. (fig. 10.1)
Le bouclier canadien formé de vieux terrains (couleur
rose), est bordé au sud par des terrains paléozoïques formant les vastes plaines intérieures et par la terminaison
nord de la chaîne des Appalaches à l’est. Au­delà des
plaines intérieures surgissent les Montagnes Rocheuses.
Au sud les formations crétacées et tertiaires du golfe du
Mexique (SL) se raccordent à la plaine côtière est­américaine.
La bordure sud du bouclier canadien
(fig. 10.1-A)
Les vieux terrains Archéens – ici la province Algomien­Lac
supérieur, d’âge compris entre 2 300 et 3 300Ma – décapés
par l’avancée de l’inlandsis canadien, au maximum de
l’extension glaciaire quaternaire, sont recouverts en discordance (D1) par le Protérozoïque supérieur.
La plateforme nord­américaine stable est recouverte en discordance (D2) par les dépôts paléozoïques
(Cambrien, Ordovicien, Silurien, Dévonien, Carbonifère).
La chaîne des Appalaches (fig. 10.1B-2)
Sur la bordure occidentale de la chaîne les terrains paléozoïques sont déformés en plis et chevauchements. Le cachetage de structures par le Dévonien (*) serait le résultat de la
fermeture de l’océan Iapetus et d’une phase de déformation
dite « taconique ». La structuration de la chaîne se poursuit
jusqu’au Carbonifère et au Permien (orogénèse alléghanienne).
La partie centrale et orientale est plus complexe et ne
peut être facilement déchiffrée à cette échelle.
Les Monts Ouachita (fig. 10.1B-3)
La tectonique de plis et de chevauchements à vergence vers
le nord, qui affecte les formations cambriennes à carbonifères des Monts Ouachita, résulte de la déformation de la
plate­forme précambrienne nord­américaine lors de l’orogénèse hercynienne.
La Lecture deS carteS
géoLogiqueS
à petite écheLLe :
avantageS et inconvénientS
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