centaines d’années – heureusement, puisque cela veut dire que l’on peut
redresser la situation. Ensuite, qu’est-ce qu’un taux d’extinction normal ?
Quelle est la référence ?
Un taux d’extinction 1 000 fois plus rapide
Cette dernière question a fait l’objet de nombreuses recherches tant de
paléontologues que de géologues et d’écologues. Aujourd’hui, on peut
s’appuyer sur l’évaluation des écosystèmes réalisée à la demande de
l’Organisation des Nations unies entre 2001 et 2005
14
– et qui a mobilisé
quelque 1 300 experts dans le monde entier : par rapport aux taux
d’extinction « normaux » (c’est-à-dire hors l’une ou l’autre des cinq crises
d’extinctions en masse passées) estimés à partir des registres fossiles, le
rythme d’extinction observé durant la phase d’expansion de l’espèce
humaine a été multiplié par cent et se situerait, pour la période actuelle, à
des valeurs dix fois supérieures encore pour la plupart des groupes. Les
récentes révisions ou estimations effectuées à l’occasion de
l’« échéance 2010 » ont confirmé ce diagnostic.
Petit rappel : engagées par la convention sur la diversité biologique
ratifiée après le sommet planétaire de Rio de Janeiro, les délégations de plus
d’une centaine de pays rassemblées à Johannesburg en 2002 s’engagèrent à
freiner l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2010. L’Union européenne,
plus ambitieuse (ou inconsciente ?), a même parlé de stopper (« to halt »)
cette érosion.
L’échéance est passée et le bilan qui fut fait décevant. Comme chacun
s’y attendait, en effet, l’effondrement de la biodiversité n’a pas été stoppé ni
ralenti – même si ça n’est pas simple à démontrer en toute rigueur, et cela
pour trois raisons qui tiennent à l’objet en cause. D’abord parce que la
biodiversité est un ensemble multiple, complexe, qui reste très inégalement
connu et compris ; ensuite parce qu’elle présente une grande inertie – tout
en bougeant sans cesse – et qu’il faut y regarder de près pour y déceler des
changements significatifs et interprétables sur une période de temps
finalement brève (l’engagement de Johannesburg date de fin 2002 et la
mobilisation effective pour y répondre ne fut ni immédiate, ni intense) ;
redresser la situation. Ensuite, qu’est-ce qu’un taux d’extinction normal ?
Quelle est la référence ?
Un taux d’extinction 1 000 fois plus rapide
Cette dernière question a fait l’objet de nombreuses recherches tant de
paléontologues que de géologues et d’écologues. Aujourd’hui, on peut
s’appuyer sur l’évaluation des écosystèmes réalisée à la demande de
l’Organisation des Nations unies entre 2001 et 2005
14
– et qui a mobilisé
quelque 1 300 experts dans le monde entier : par rapport aux taux
d’extinction « normaux » (c’est-à-dire hors l’une ou l’autre des cinq crises
d’extinctions en masse passées) estimés à partir des registres fossiles, le
rythme d’extinction observé durant la phase d’expansion de l’espèce
humaine a été multiplié par cent et se situerait, pour la période actuelle, à
des valeurs dix fois supérieures encore pour la plupart des groupes. Les
récentes révisions ou estimations effectuées à l’occasion de
l’« échéance 2010 » ont confirmé ce diagnostic.
Petit rappel : engagées par la convention sur la diversité biologique
ratifiée après le sommet planétaire de Rio de Janeiro, les délégations de plus
d’une centaine de pays rassemblées à Johannesburg en 2002 s’engagèrent à
freiner l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2010. L’Union européenne,
plus ambitieuse (ou inconsciente ?), a même parlé de stopper (« to halt »)
cette érosion.
L’échéance est passée et le bilan qui fut fait décevant. Comme chacun
s’y attendait, en effet, l’effondrement de la biodiversité n’a pas été stoppé ni
ralenti – même si ça n’est pas simple à démontrer en toute rigueur, et cela
pour trois raisons qui tiennent à l’objet en cause. D’abord parce que la
biodiversité est un ensemble multiple, complexe, qui reste très inégalement
connu et compris ; ensuite parce qu’elle présente une grande inertie – tout
en bougeant sans cesse – et qu’il faut y regarder de près pour y déceler des
changements significatifs et interprétables sur une période de temps
finalement brève (l’engagement de Johannesburg date de fin 2002 et la
mobilisation effective pour y répondre ne fut ni immédiate, ni intense) ;
