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4.2 • Un exemple de relation cristallisation-déformation
ces cisaillements dextres. Cet isograde, indiquant les conditions optimales du métamorphisme, est antérieur aux cisaillements.
Le métamorphisme est prograde au cours des deux premières phases de déformation,
tandis que les cisaillements accompagnent la rétromorphose. À l’échelle de l’affleurement (figure 4.5), des tâches de cordiérite et andalousite (figure 2, planche 3)
contiennent une schistosité interne parallèle à la S1. Ceci suggère que ces minéraux
sont contemporains de cette schistosité. Par contre, ces minéraux sont enveloppés par
la surface S2 qui porte de la fibrolite, sillimanite fibreuse. On observe la transition polymorphique andalousite-sillimanite dans le plan de schistosité S2 (figure 3, planche 3),
témoignant ainsi de l’influence de la déformation sur la recristallisation métamorphique.
Le pic du métamorphisme coïncide avec la deuxième phase de déformation (diagramme
PT de la figure 4.5).
Durant l’épisode rétrograde, la cordiérite est partiellement transformée en fins
agrégats de chlorite et muscovite au cours de la réaction Crd + Bt + V = Chl + Ms.
La muscovite se développe de manière statique sur la schistosité S2 au détriment de la
fibrolite. Ceci est bien démontré par la taille de ces nouveaux cristaux (plus gros que
ceux développés au cours de la déformation et contenus dans les plans de schistosité
S1 et S2) et l’orientation quelconque des plans de clivages qui sont parfois perpendiculaires à la schistosité. Cependant, cette muscovite est déformée dans les cisaillements ;
elle est post-cinématique de S1-2, mais anté-cinématique de la déformation qui a
produit les cisaillements C.
La figure 4.5 résume les relations entre la cristallisation des différents minéraux et
les différentes phases de déformation. Ces relations chronologiques sont exprimées
schématiquement sur le diagramme température-temps (T-t). Le schéma de l’affleurement montre la relation entre les sites de la déformation (qui est hétérogène) et les
minéraux des roches.
Ainsi, la déformation favorise la recristallisation de nouvelles phases et la disparition de phases précoces. Ce sont dans les zones les moins déformées (1 et 2) tardivement que la paragenèse la plus précoce est la mieux préservée : la transformation
polymorphique And = Sill se réalise dans le plan de schistosité ; dans les cisaillements
tardifs (3 et 4), les minéraux plus ou moins précoces (andalousite, sillimanite et
muscovite) disparaissent. C’est en observant les paragenèses dans les différents sites
de la déformation hétérogène que l’on peut tracer le trajet PTt.
sur le diagramme P-T. Une deuxième portion de trajet à plus hautes températures
est amorcée ; celui-ci correspond aux conditions d’un secteur du Cap Creus où la
sillimanite est déjà stable dans la S1. Ces deux trajets se situent en deçà de la réaction
isograde Ms + Qtz ; les réactions contenant la cordiérite et l’andalousite sont peutêtre intervenues au cours de l’évolution prograde. Durant l’évolution rétrograde, elles
sont responsables de la déstabilisation de la cordiérite en muscovite + chlorite. La
flèche vide matérialise le gradient métamorphique régional de basses pressionshautes températures. sial : silicates d’alumine ; sil : sillimanite ; and : andalousite ;
ms : muscovite ; bt : biotite ; crd : cordiérite ; qtz : quartz ; kfs : feldspath potassique ;
V : vapeur d’eau.
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9782100522682-Nicollet.fm Page 53 Mardi, 29. décembre 2009 4:34 16
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4.2 • Un exemple de relation cristallisation-déformation
ces cisaillements dextres. Cet isograde, indiquant les conditions optimales du métamorphisme, est antérieur aux cisaillements.
Le métamorphisme est prograde au cours des deux premières phases de déformation,
tandis que les cisaillements accompagnent la rétromorphose. À l’échelle de l’affleurement (figure 4.5), des tâches de cordiérite et andalousite (figure 2, planche 3)
contiennent une schistosité interne parallèle à la S1. Ceci suggère que ces minéraux
sont contemporains de cette schistosité. Par contre, ces minéraux sont enveloppés par
la surface S2 qui porte de la fibrolite, sillimanite fibreuse. On observe la transition polymorphique andalousite-sillimanite dans le plan de schistosité S2 (figure 3, planche 3),
témoignant ainsi de l’influence de la déformation sur la recristallisation métamorphique.
Le pic du métamorphisme coïncide avec la deuxième phase de déformation (diagramme
PT de la figure 4.5).
Durant l’épisode rétrograde, la cordiérite est partiellement transformée en fins
agrégats de chlorite et muscovite au cours de la réaction Crd + Bt + V = Chl + Ms.
La muscovite se développe de manière statique sur la schistosité S2 au détriment de la
fibrolite. Ceci est bien démontré par la taille de ces nouveaux cristaux (plus gros que
ceux développés au cours de la déformation et contenus dans les plans de schistosité
S1 et S2) et l’orientation quelconque des plans de clivages qui sont parfois perpendiculaires à la schistosité. Cependant, cette muscovite est déformée dans les cisaillements ;
elle est post-cinématique de S1-2, mais anté-cinématique de la déformation qui a
produit les cisaillements C.
La figure 4.5 résume les relations entre la cristallisation des différents minéraux et
les différentes phases de déformation. Ces relations chronologiques sont exprimées
schématiquement sur le diagramme température-temps (T-t). Le schéma de l’affleurement montre la relation entre les sites de la déformation (qui est hétérogène) et les
minéraux des roches.
Ainsi, la déformation favorise la recristallisation de nouvelles phases et la disparition de phases précoces. Ce sont dans les zones les moins déformées (1 et 2) tardivement que la paragenèse la plus précoce est la mieux préservée : la transformation
polymorphique And = Sill se réalise dans le plan de schistosité ; dans les cisaillements
tardifs (3 et 4), les minéraux plus ou moins précoces (andalousite, sillimanite et
muscovite) disparaissent. C’est en observant les paragenèses dans les différents sites
de la déformation hétérogène que l’on peut tracer le trajet PTt.
sur le diagramme P-T. Une deuxième portion de trajet à plus hautes températures
est amorcée ; celui-ci correspond aux conditions d’un secteur du Cap Creus où la
sillimanite est déjà stable dans la S1. Ces deux trajets se situent en deçà de la réaction
isograde Ms + Qtz ; les réactions contenant la cordiérite et l’andalousite sont peutêtre intervenues au cours de l’évolution prograde. Durant l’évolution rétrograde, elles
sont responsables de la déstabilisation de la cordiérite en muscovite + chlorite. La
flèche vide matérialise le gradient métamorphique régional de basses pressionshautes températures. sial : silicates d’alumine ; sil : sillimanite ; and : andalousite ;
ms : muscovite ; bt : biotite ; crd : cordiérite ; qtz : quartz ; kfs : feldspath potassique ;
V : vapeur d’eau.
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