Chapitre 2 • Les roches métamorphiques : marqueurs des perturbations…
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qu’il atteint des conditions de ultra haute température (chapitre 14.4). Le trajet 4 est
celui d’une roche magmatique mise en place à la base de la croûte continentale par
sous placage magmatique ou dans la partie inférieure d’un plateau océanique ou
encore dans le manteau supérieur (paragraphes 14.3 et 16.2). En refroidissant à une
profondeur fixée, la roche magmatique recristallise et peut acquérir une paragenèse
métamorphique. Un gabbro de la croûte océanique mis en place au niveau d’une ride
océanique suit un trajet isobare parallèle à celui de la roche 4, à basses pressions
(trajet 5 ; paragraphe 15.2). En effet, dans une croûte océanique de moins de huit
kilomètres d’épaisseur, la pression ne dépasse pas deux kilobars. Dans une zone de
convergence océan-continent, la croûte continentale s’épaissit tectoniquement et par
sous placage magmatique. Le sous-placage magmatique fournit un apport thermique
conséquent. La roche 6 est réchauffée par cet apport magmatique qui est associé à
un épaississement responsable d’une augmentation de la pression. Cet exemple, un
peu théorique, montre un cas particulier ou le sens de la boucle du trajet PTt est
l’inverse de la boucle classique des roches 1, 2 et 3.
On note qu’à la fin du trajet, certaines roches (3, 4 et 6) sont inaccessibles à
l’observation : un nouvel événement orogénique (et métamorphique) est nécessaire pour
ramener ces roches à la surface ; plus rarement, ces roches peuvent être ramenées à
la surface en enclaves dans les volcans.
= La finalité la plus intéressante pour le pétrologue qui cherche à comprendre
l’évolution géodynamique d’une région serait la reconstitution des paléogéothermes, objectif difficilement atteint. Le trajet PTt témoigne clairement de
la perturbation du géotherme au cours d’un événement tectonique.
= Malheureusement, nous venons de voir que les roches métamorphiques préservent
essentiellement les conditions maximales en températures (TM sur la figure 2.1)
matérialisées par le gradient métamorphique. Celui-ci est caractéristique du
contexte géodynamique, mais il ne nous informe que sur un seul point du trajet
PTt de chacune de ces roches (figure 2.1). Ce qui est limité !
= Les roches contiennent parfois des indices du trajet PTt rétrograde et, plus rarement
encore, des indices du trajet PTt prograde. Ces reliques du trajet PTt ont préservé
une étape (rarement plusieurs) de leur évolution PT parce que, à ce moment
précis, la vitesse de réaction est devenue trop faible (boudin tectonique préservé
de la déformation, absence de fluides, diminution de la température, etc.).
= Ce sont ces roches « rescapées » qui ont enregistré une portion de l’évolution
thermique qu’elles ont suivie que nous devons étudier. En reliant les bribes
d’histoire thermique dont témoigne chacune de ces roches, nous traçons la
trajectoire P-T-t que l’on confronte au gradient métamorphique.
En conclusion : que préservent les roches métamorphiques ?
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