222
14.4 • Métamorphisme d’ultra-haute température (UHT)
pétrographique est réalisée à la microsonde sur la lame mince (Montel et al., 1994).
Les cristaux sont ensuite extraits par microforage et analysés par méthode isotopique.
Les âges obtenus, grâce aux cristaux inclus dans les minéraux primaires, indiquent que
le métamorphisme d’UHT date de 2,5 Ga environ et marque le début du trajet. Les
cristaux des minéraux chronomètres dans les assemblages secondaires coronitiques
indiquent que l’étape de décompression isotherme et celle de refroidissement isobare
datent de 750-800 Ma. Nous avons ici la superposition de deux événements tectonométamorphiques bien séparés dans le temps.
Le trajet en trait continu, tel qu’il est dessiné sur la figure 14.12, suppose la persistance de conditions d’UHT entre ces deux événements, pendant près de 1,7 Ga : ceci
est géodynamiquement irréaliste. La formation s’est équilibrée thermiquement,
entre les deux événements orogéniques, dans les conditions du géotherme d’une
lithosphère stable, tandis que les paragenèses d’UHT sont préservées, métastables.
Ainsi, le trajet en tirets serrés sur la figure 14.12 parait plus réaliste que la portion
ITD. En conséquence, cette portion de décompression isotherme du trajet proposé
n’existe pas. Pourtant cette portion du trajet est bien contrainte par une succession
de réactions observées dans les roches !
Différents facteurs rendent difficiles l’interprétation géodynamique des granulites
d’UHT d’Andriamena lors de leur formation, il y a 2,5 Ga. Ce sont les incertitudes
sur la quantification discutées précédemment. D’un point de vue structural, la rareté
et la petite taille des gisements de ces roches, en boudins métriques, ne permettent
pas de connaître les structures géométriques tectoniques à grande échelle. Nous
n’avons aucun indice du trajet PTt de ces roches à 2,5 Ga, et en particulier, de sa
portion prograde. Le trajet que nous avons tracé est uniquement rétrograde et daté à
750 Ma. Celui-ci suggère donc que ces roches ont séjourné en profondeur à 2,5 Ga,
et n’ont été exhumées (ou rapprochées de la surface) qu’à 750 Ma. Cette exhumation pourrait se faire à la faveur de chevauchements, lors de la convergence de l’arc
magmatique, associés à la fermeture de l’océan mozambicain. Si ces roches,
formées au cours d’un orogène à 2,5 Ga, sont restées en profondeur à la fin de cet
orogène, c’est peut-être parce qu’elles constituaient les parties profondes de cette chaîne.
Lors de l’amincissement de la chaîne, les roches auraient acquis les paragenèses
d’UHT pendant leur exhumation jusqu’à la profondeur de la croûte inférieure (trajet 3
de la figure 2.4 du chapitre 2) où elles auraient séjourné jusqu’à leur exhumation
proche de la surface, il y a 750 Ma.
9782100522682-Nicollet.fm Page 222 Mardi, 29. décembre 2009 4:34 16
Précédent

- 234/300

Suivant